‹ Correspondance politique et administrative de Miromésnil; premier président du Parlement de Normandie (volume 2)Chapitre 83 sur 121 · CVI. — 7 janvier · texte numérisé non relu

CVI. — 7 janvier

B. M. R., ms. Y. 241 (12). — Minute : « Lettre de M. de Miromesnil à M. le Chancelier. «

Je rends compte à M. le Chancelier de la manière dont les remontrances ont été arrestées.

B. de M. Lormier. — Autographe.

Monseigneur,

Les remontrances ont été lues pendans plusieurs scéances (i), et, quoiqu’elles ne soient rien moins que bien faites, je ne les ai critiquées, ainsi que plusieurs de messieurs du Parlement, que le moins qu’il a été possible, afin de ne pas prolonger les scéances et que la Compagnie pût reprendre bien tost le service.

(i) Lues dans les séances des 2, 3, 4, 5,, 6 et 8 janvier, elles ont été adoptées le 8 et expédiées le 10. Elles ne sont pas au Registre secret, mais elles ont été imprimées dans la brochure, précédemment signalée : Lettre de M. le Chancelier du 7 novembre ijôo, avec l'arrêté et les remontrances du Parlement de Rouen, in- 12, 36 p., sans lieu ni nom d’imprimeur. — Floquet, VI, 507-8.

Je craignais que ceux qui les ont dressées ne les retirassent, ce qui auroit pu embarasser fort la Compagnie, mettre dans la nécessité d’en faire d’autres, et prolonger la cessation du service. Cette crainte m’avait engagé à en faire, alin qu’elles fussent en état d’être présentées en cas d’humeur de la part des rédacteurs. Comme j’étais malade, quelques-uns de mes amis ont fait les recherches nécessaires, et j’ai fait la rédaction, mais cet ouvrage a été inutile (i), et je n’ai pas même jugé à propos de le présenter, par des raisons dont je vous rendrai compte dans le cours de cette lettre.

Le 2 de ce mois, lorsque nous fûmes assemblés, un de messieurs du Parlement présenta des remontrances, dont il ne se dit pas être l’auteur, et il ne nomma pas non plus ceux qui les avoient faites. Elles furent lües; elles me parurent, ainsi qu’à beaucoup d’autres personnes, très mal écrites et d’une indécence singulière. 11 y avoit d’abord une déclamation furieuse contre les trente restants du Parlement de Bezançon et contre le chef de cette Compagnie; les termes n’y étoient nullement ménagés et la grossièreté des expressions étoit inconcevable. L’article de l’unité des Parlements étoit traitté sans aucun raisonnement solide, sans aucune citation placée; vous n’y étiés pas plus ménagé, et il n’y avoit pas un mot sur l’impression des remontrances, ny sur la deffense de donner suitte aux arrestés qui concernent les intendants et le Procureur général. 11 y avoit seulement une comparaison indécente entre le sort des habitants de la Hesse et du pais de Gueldre, que l’on assuroit préférable à celui des sujets du Roy, et entre la Saxe et la Franche-Compté, que l’on pré-

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