‹ Correspondance politique et administrative de Miromesnil; premier président du Parlement de Normandie (volume 4)Chapitre 1 sur 89 · OBJETS PRINCIPAUX DE LA CORRESPONDANCE COMPRISE DANS LE TOME III · texte numérisé non relu

OBJETS PRINCIPAUX DE LA CORRESPONDANCE COMPRISE DANS LE TOME III

La Correspondance, recueillie dans ce volume, commence au 17 novembre 1763 et se clôt avec Tannée 1764. Pendadt cette période, si quelques lettres sont échangées avec les mi- J £^ nistres Bertin et Saint-Florentin, le vice-chancelier Maupeou, ^ Lamoignon, le chancelier en disgrâce, le conseiller Le Gou-

^ teulx, le duc d'Harcourt, gouverneur de Normandie, c'est

^ avec le contrôleur général L' Averdy que Miromesnil entretient

^>^ un commerce épistolaire à peu près quotidien.

Une intimité^ née d'une confiance réciproque et d'un égal

zèle pour le bien public, s'établit rapidement entre ces deux

hommes et leur permit d'échanger presque chaque jour leurs

vues, soit en faveur de la réconciliation des pouvoirs soit en

^ faveur des réformes. Mais sur ce dernier point il faut recon-

^^ naître leur faiblesse; s'ils voyaient les maux, l'exagération

^ des impôts, Tabus des perceptions, et en désiraient la fin, le

Vg remède leur échappait, faute d'un plan d'ensemble, d'une

L organisation nouvelle dont ils n'avaient pas la conception. Miromesnil n*allait pas au-delà d^une amélioration de l'ordre de choses existant, il avait peur d'un bouleversement, il redoutait une révolution, et L' Averdy ne parait pas avoir étendu le programme de ses réformes au-delà d^ne liquidation des dettes de TEtat.

Au moment où se place cette correspondance, le gouver-

nement eut un sincère désîr de réorganiser les finances. Une nouvelle administration financière pouvait sortir de rétablissement du cadastre, ordonné par Tédit d avril et la déclaration de novembre 1763; on attendait de Tévaluation des biens (onds une plus équitable répartition des impôts ; d'une réforme de Tassietle à celle du système môme de perception il n'y avait pas bien loin : or les Cours souveraines réclamaient Tabolilion des fermes et leur remplacement par la perception directe. Miromesnil le conseillait et L'Averdy n'osa pas l'entreprendre. G^eût été la première solution. La seconde, une représentation nationale qui votât Timpôt, n'était pgs encore entrée dans la pensée du gouvernement ; et, loin de là, le P. Président et le Contrôleur général, tout en cherchant la conciliation entre le Roi et le Parlement, s'attachaient à fortifier encore l'autorité du souverain et la centralisation du pouvoir.

L'Averdy arriva au ministère (décembre 1763) au milieu des troubles parlementaires suscités par Tédit d^avril. Il alla au plus pressé : la pacification, et l'équilibre des recettes et des dépenses de l'Etat, avec quelque diminution, s'il était possible, des charges qui pesaient sur les contribuables. Et, s'il eut d'autres projets, on ne lui laissa pas le temps de les mûrir, encore moins d'en tenter l'exécution.

1. — ÉDIT ET DÉCLARATION d'aVRU. 1763 ; PROROGATION d'iMPÔTS ET ÉTABLISSEMENT d'uN CADASTRE (suite)^

La première moitié de ce tome III, du mois de novembre 1763 au mois d'avril 1761, est presque exclusivement remplie par la suite des débats auxquels donna lieu la publication des édit et déclaration d'avril 1763. (Lettres CGCXXIIl à GCCCXVIII.)

On a vu, au précédent volume, éclater l'orage. Le 18 août

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