CCCI.XX. — 28 janvier
li. M. R.. ms. Y. 241 (i). — Autographe, non sif;né.
L'AVKRDY A MIROMESNIL.
\>renvnie un pmjct de marche pour le rétablissement du Parlement . et me marque ^'r faire mes observations.
(i) L'.irrci du llonsoil lu 17 novembre i7'">3 qui cassnit ceux du Parlement du lô, fut transcrit d'auloritc le 19; le Parlement dé-
misbiunn.j le j'^ur mCme.
Je vous envoie. Monsieur, un projet de marche entier. Il est à mi-marge li). Corriges, critiqués, et renvoics-le moi au plutôt, afin que je puisse faire usage de vos observations, y mettre la dernière main, le faire recopier à demeure, et projx)ser le tout à un comité vendredy prochain, sur la marche, mais non sur le fonds, pour lequel j'attendrai peut-être votre arrivée, à moins que je ne voie les esprits bien disposés. Il faut que je fasse d'abord arrêter la marche, avant de faire délibérer sur le moment. Je n'ai que le temps de vous renouveller mon attachement.
Ce 20 janvier 1764.
CCCI^XXI. - io janvier 1764.
B. M. R., ms. Y 2|i (2). — Minute : - A M. de L.ixcrdy,
le 3o j.invicr I7()4. ••
MIHOMKSNIL A L'AVERDY.
Monsieur,
J'ay res'u avant hier votre lettre du 27 de ce mois, par laquelle vous me demandés la li^tc des officiers du Parlement, auxquels il faudra adresser des ordres du Rov, la datte des démissions, et celle de la transcription desarresis du Conseil, et notamment la datte du dernier de ses ar- ^cst^; vous me marqués aussy de vous cnvoier une nouvelle copie du projet de lettres patentes que j'avois dressées. Cl que je vous avois envo.vé.
Conformément à vos ordres, je vous cnvovc la liste de
(i) Cloitc picM* manque ; elle fut rcnvovcc au ministre ; il n*<:«.t pas rettc Je mmutc des observations de Mirometnil.
ij8
M^* du Parlement qui ont donné leurs démissions ( i ) : un journal que j'ai dressé de tout ce qui s'est passé au Parlement depuis le 17 aoust jusqu'au 19 novembre 1763 (2), une copie de Pacte de démissions du 19 du même mois, et une copie du projet de lettres patentes ; le tout est écrit de ma main; et je m en rapporte à votre sagesse pour ne laisser voir mon écriture à personne qui puisse me compromettre.
J'ai reçu hier votre lettre du 28. J'ay Phonneurde vous renvoyer le plan que vous avés eu la bonté de me confier. J*ai mis en marge les observations que j'ay cru nécessaire, avec les éclaircissements que j'ai pensé qui pourroient vous estre utile. Je soumets tout à vos lumières, et je m'estimerai heureux sy je puis répondre à votre confiance, et vous convaincre de mon respect et de mon attachement, ils sont bien sincères.
CCCLXXII. — 3o janvier 1764.
B. M. R., ms. Y. 241 (2). — Minute : « 3o janvier 1764,
à M. lie Laverdy »».
MIROMESNIL A L'AVERDY
Monsieur,
Je me suis pressé de vous envoler ce matin les éclaircissemcns que vous m'aviez demande par votre lettre
( i) Tous les membres lu Parlement signèrent la lettre de JénuMion; la liste n été recueillie pir Kloquet (VI, p. 566) J'aprèi le Registre secret ; elle se trouve aussi lans la brothur: : Précis de ce qui s\'ft passé au Parlement séant à Rouen depuis la Saint*Martin jusque s et compris le i g novembre 1/63, abaque nota, în-12, 40 p.
(2) G: journal fait défaut.
du 27, et mes observations sur le plan que vous avés eu la bonté de m'cnvoier le 28. L'heure de la poste ne m^a pas permis de vous faire part de quelques autres réflexions.
D'abord je crains que vous ne trouviez extraordinaire que je vous aie encore recommandé de ne laisser voir mon écriture, quant aux éclaircissements particuliers que je vous ai envoies, qu^À des personnes qui ne puissent pas me compromettre, en voicy la raison. Je ne me métie pas de la pluspart des personnes qui composent le comité. M. de S' Florentin et M. Bertin ont de Tamitié pour moy, j'en suis assuré. M. de Choiseul a toujours été porté à m*obIiger; il a même, il y a trois ans, engagé le Roy à donner un régiment à mon frèref i) ; ainsi j'ay tout lieu décompter sur sa bonne volonté à mon égard. Mais je vous avoue que je me méfie très fort de M. le vice-Chancelier. Je ne vous ferai pK>int perdre de tems en vous détaillant les motifs, je garde cela pour les momens oQ je pourrai vous voir et oQ nous serons occupés d'affaires moins multipliées et moins délicates. Mais je puis vous dire en général, avec la plus grande sincérité. qu*il a toujours cherché à me nuire et que j'ay tout lieu de penser qu'il n^n attend que l'occasion. J'ay d'ailleurs tout lieu de penser, sans en être aussi certain que du premier point, qu^il a des intelligences dans ma Compagnie avec des personnes qui ne sont rien moins que bien intentionnées pour moy, et je vous avoue franchement que j^appréhenderois, s'il étoit trop instruit de la bonté que vous avés de me consulter, qu'il ne Ht insinuer à M'^ du Parlement que j'ai travaille au plan que Ton va mettre en exécution, et alors on feroit retomber sur moy tout ce qui
<i) Cl., t. Il, p. 7«.
M^ du Parlement qui ont donné leurs démissions ( 1 1 : un journal que j^ai dressé de tout ce qui s'est passé au Parlement depuis le 17 aoust jusqu'au 19 novembre 1763 (2), une copie de l^acte de démissions du 19 du même mois, et une copie du projet de lettres patentes ; le tout est écrit de ma main ; et je m en rapporte à votre sagesse pour ne laisser voir mon écriture à personne qui puisse me compromettre.
J'ai reçu hier votre lettre du 28. J'ay Thonneurde vous renvoyer le plan que vous avés eu la bonté de me confier. J'ai mis en marge les observations que j'ay cru nécessaire, avec les éclaircissements que j^ai pensé qui pourroicnt vous estre utile. Je soumets tout à vos lumières, et je m'estimerai heureux sy je puis répondre à votre confiance, et vous convaincre de mon respect et de mon attachement, ils sont bien sincères.
CCCLXXII. — io janvier 1764.
B. M. R., ms. Y. 241 (2). — Minute : « 3o janvier 1764,
à M. tic Lavcrdy ».
MIROMESNIL A L^AVERDY
Je me suis pressé de vous envoier ce matin les éclaircisscmcns que vous m'aviez demandé par votre lettre
( 1) Tous les membres .lu Parlement signèrent la lettre de démitaion: U liste a été recueillie p ir Floquct (VI, p. 566) d*aprèi le Registre secret ; elle se trouve aussi lans la brochure : Précis de ce ijui s'c^t passé au Parlement séant à Rouen depuis la Saint'Martin jusque s et compris le i g novembre 1/63, absque nota, in-12, 40 p.
(2) G: journal fait défaut.
du 27, et mes observations sur le plan que vous avés eu la bonté de m'envoicr le 28. L'heure de la poste ne m'a pas permis de vous faire part de quelques autres réflexions.
D'abord je crains que vous ne trouviez extraordinaire que je vous aie encore recommandé de ne laisser voir mon écriture, quant aux éclaircissements paniculiers que je vous ai envoies, qu^À des personnes qui ne puissent pas me compromettre, en voicy la raison. Je ne me métie pas de la pluspart des personnes qui composent le comité. M. de S* Florentin et M. Bénin ont de Tamiiié pour moy, j'en suis assuré. M. de Choiseul a toujours été porté à m*obliger; il a même, il y a trois ans, engagé le Roy à donner un régiment à mon frère 1 1 ) ; ainsi j'ay tout lieu de compter sur sa bonne volonté à mon égard. Mais je vous avoue que je me méfie très fonde M. le vice-Chancelier, Je ne vous ferai point perdre de tems en vous détaillant les motifs, je garde cela pour les mom«ns oQ je pourrai vous voir et oti nous serons occupés d'affaires moins multipliées et moins délicates. Mais je puis vous dire en général, avec la plus grande sincérité. qu*il a toujours cherché à me nuire et que j'ay tout lieu de penser qu'il n'en attend que l'occasion. J'ay d'ailleurs tout lieu de penser, sans en être aussi certain que du premier point, qu'il a des intelligences dans ma Compagnie avec des personnes qui ne sont rien moins que bien intentionnées pour moy, et je vous avoue franchement que j'appréhenderois, s'il étoit trop instruit de la bonté que vous avés de me consulter, qu'il ne tit insinuer à M'* du Parlement que j'ai travaillé au plan que l'on va mettre en exécution, et alors on feroit retomber sur moy tout ce qui
<i) Cf., t. Il, p. 7«.
pourroit être moins agréable à la Compagnie; et peui-éirc même telle chose, qui ne seroii pas faite en elle-même pour déplaire, scroit-elle moins approuvée parce que Ton croiroii qu'elle viendroit de moy. Vous pouvés, Monsieur, me rendre la justice de voir que, dans tout ce que je vous ai écrit, proposé ou répondu, il n'y a rien de contraire à Tintérét et à Thonneur de ma Compagnie, dont je m'efforce toujours de concilier l'avantage avec le bien du service du Roy. Malgré cela, je connais les hommes, et j'ay trop éprouvé leur penchant à tout interprctter défavorablement, pour ne pas tout appréhender, soit de leur malice, soit des préjugés auxquels ils s^abbandonnent quelquefois sans mauvaise volonté.
Je reviens à présent au fond des affaires qui nous occupent. Il y a encore un assez grand nombre de M" du Parlement à leurs campagnes ; cependant il y en a plusieurs qui sont revenus à Rouen depuis quelques jours. J'ay cru remarquer qu'une partie de ceux qui sont icy ont quelque désir de voir changer notre situation. Je vois qu'il y en a beaucoup qui viennent me voir et qui me demandent s'il n'y a point de nouvelles; il y en a même qui me demandent parfois si j'espère que notre situation change bientôt. Il est vray aussi quMl y en a quelquesuns qui sont plus réservés, mais je commence à espérer que le grand nombre est touche de la situation de notre province. Je réponds toujours aux questions que l'on ^ardc ù Versailles le plus grand silence, que M. le vicc- Chanjeiicr ne me mande rien, et que je suis fort affligé ilïire dénué de confrères et de fonctions. J'ay cependant marqué concevoir quclqu'cspérance sur le rappel certain de M. de Fits James et de M. Dumcsnii, et je dis à ceux qui cherchcni à me faire parler que cei événement, que le public vous attribue, marque que vous avés de Pinfluence
sur les affaires générales et me fait espérer que l'on pensera bientôt à nous. Je fais valoir aussi les retranchemens que vous avés obtenu dans les dépenses. Fnfin je parle sans affectation, du danger dont scroii une banqueroute d'Etat et de la nécessité des impôts pour mettre le Roy en état de l'éviter, en tenant les engagemens qu'il a contractés.
Par ce que quelques personnes de confiance me rapportent des discours qui se tiennent dans le public, je vois que l'on commence à s'adoucir sur les impôts, les deux objets qui déplaisent le plus fort: le cadastre et le don gratuit; ce sera matière A discuter amplement avec les mandés.
II m*est revenu aussi que quelques personnes avoicnt trouvé assez mauvais que le Parlement de Paris cùi tenu secrette la modification de Tenregisirement des lettres patentes qui imposent silence sur le passé. De là j'augure que vous ferés très sagement d'appuier ft^rtemcni dans les conférences que vous aurés avec Ls mandés sur T'Hiportancc de l'enregistrement de ces lettres patentes.
.le dois aussi vous répéter ce que je vous ai déjà marqué plusieurs fois que les arrestsdu Conseil du 2.| aoust ci du 17 novembre tiennent fortement au cœur de tout le monde, et je ne voudrois pas rép>ndre v|ue. mOme en enregistrant, tous M'' du Parlement une fois rentrés ne se donneront pas la satisfaction de les biffer.
II m'est enc(^re revenu un propos assez important et sur lequel je crois devoir vous prévenir, vjuoique Toocasion de le voir se confirmer ne soiî pas dans le cas de se présenter sitôt, et quoiqu'il faille espérer même qu'elle ne se préscruera lamai-i. L'on m'a assuri que quelques ufâS de M 'du Parlement a voient liii. il n'y a pas l«)n^:ems que. si jamais il arrivoii que le Roy vouhn f.iire faire en-
core des enregistremens d^autorité, ils proposeroicnt à la Compagnie d^arréter que le Premier Président seroit exclus des délibérations, s'il obtcmpéroit à Tordre du Roy qui luy enjoindroit d être présent à Tenregistrement fait d'autorité. Si nous nous trouvions jamais dans ce cas-là. je suis bien sûr que ce parti seroit proposé par ceux qui aiment à me mettre dans Tembarras, et j'ay tout lieu de craindre qu'il ne fût adopté par la pluralité, les esprits étant aigris autant qu'ils le sont par la trop grand multiplicité de ces actes d'autorité absolue. Peu s'en est fallu que cela n'ait été propvosc lors de nos dernières scènes, et cela Tauroit été si je n a vois été assez heureux pour le détourner à l'aide de mes amis, mais je n'oserois me flatter d'avoir le même succès à lavenir.
Cest pourquov, Monsieur, s'il arrivoit que le Parlement rentré refusât d'enregistrer soit la déclaration du 2 1 novembre, soit qu'il y fît quelques changements qui obligeassent le Roy à en donner une seconde, ou que cette seconde fût refusée, si les lettres de jussion répétées n'avoient pas de succès, entin si Ton poussoit la résistance jusqu'à Textrémité, tâchés, je vous suplie, dans ce cas, d'éviter les enregistremens d'autorité ; et, si jamais on y avoit recours, ce qu'il faut absolument tout faire pour évîter, lâchés du moins que je ne sois point forcé d*y être présent.
La précaution que je prends vous paroîtra bien prématurée et même supcrlluc. Je désire qu'elle le soit, mais je ne crois pas cependant inutile de vous prévenir de très loin sur une matière aussi impf)rtante. J'avois déjà fait des ctîoris pour obtenir que l'on ne me fît point donner d'ordres pour être présent aux opérations de M. le duc vl'Harcourt, ci je n'avois pu v réussir, ce qui m'avoit causé
beauœup de chagrins. Dieu veuille que je ne me trouve jamais dans le même cas.
Au surplus, j*espère beaucoup, pour la réussite des affaires, des conférences que vous aurés avec M'« du Parlement, lorsque le tems de les faire aller à Versailles sera venu.
Je vous prie de me conserver votre amitié, je la mériterai toujours par mon respect et par mon attachement.
CCCLXXIII. — 3i janvier 1764.
B. de M. Lormier. — Autographe.