‹ Correspondance politique et administrative de Miromesnil; premier président du Parlement de Normandie (volume 5)Chapitre 41 sur 110 · LE O' LE COUTEULX A MI ROM ESN IL · texte numérisé non relu

LE O' LE COUTEULX A MI ROM ESN IL

Pour vous seul.

Monsieur,

J^ay écrit ce matin à M. le Controsleur général en con« séquence de la conversation que nous eûmes avant hier chez vous, pour ce qui concerne le rétablissement du Parlement et les moiens d^ parvenir, mais je reçois ce soir une lettre par laquelle il me paroist que nous sommes prévenus. Il me mande que les lettres de cachet pour ordonner à M'* du Parlement de se trouver le 12 mars à Rouen sont à l'expédition. Je peux vous adjouter encor que vous serez mandé seul, suivant les apparances, et qu^il faudra en conséquence que vous parliés pour la Compagnie par un discours au Roy. Je conçois Temharas où vous allés vous trouver, dans Topinion où vous estes que plusieurs de la Compagnie veulent vous persécuter, que vous n'avez point de crédit sur bien des esprits, et que vous n'avez point d'influance sur le succès de cette affaire. Désabusés vous en grâce de touttes ces préventions, trop nuisibles à votre santé et au bien général de la Compagnie. Pour moy, je ne crois point que vous deviez craindre que vos discours soient désaprouvés. Ils ne doivent pas Testre, si vous en prenés la manière dans les différents sujets de remontrances qui ont été arrestés avant sa démission, et dans l'acte de démission luy même, qui est en la plus grande partie de votre composition. Je n'y adjouterois que deux choses : la premierre, qui ne sera sûrement pas désaprouvée par la Compagnie, est la

demande de la révocation des deux arrêts du Conseil inscrits sur nos registres. La seconde, qui seroit suivant mon sentiment plus risquable, que cependant je risquerois à votre place, seroit la demande d^un soulagement pour les peuples de la province, qui puisse les mestre en estât de payer des impôts sous le poids desquels ils courent risque de succomber, en attendant le rétablissement général qu*on leur fait espérer, et duquel rétablissement il fault qu'ils attendent le soulagement qui leur est nécessaire dans le moment présent.

Les différents objets de remontrances qui ont été arrestés, et les sentiments exprimés dans Pacte de démission font un espèce de testament qui contient la façon de penser du Parlement avant sa mort, qui ne sera ni démenti ni contredit ni désavoué à sa résurection. Faittes, je vous prie, un projet pendant que cet événement que je vous annonce n'est point encor divulgué, afin que, lors que les lettres de cachet seront venus, vous puissiés en conférer avec vos amis, car pour Tagrément général, c'est folie de le chercher, et c'est la pierre philosophalle à trouver.

JVnvoye un exprès pour vous porter cette lettre et pour me ra porter votre réponce, en cas que vous vouliés bien avoir assez de confiance en moy pour me taire part de vos résolutions.

Je viens d'aprendre, par une lettre de M. dEpinay, que M^ de S* George a fait tapage au couvent. Je croirois qu'à son égard le meilleur parti à prendre seroit de la mettre à THôtel-Dieu, 0(1 on luy feroit les remèdes convenables de bains froids, ainsy que je sçay que Ton a déjà fait pour une autre demoiselle anaquée de la même maladie. Pour moy, si votre bonté ne m'en eût pas débarassé, mon parti étoit déjà pris de la lier avec une bonne corde et je Taurois jettée à la rivierre avectouts ses habits.

sauf àjla ienir.au lit après, jusqu'à ce. ^qu'ils eusscot été

J^.^iSf.ayec.iim profond respect.

Le G0OTKUI.X.

A Oissel, ce 22 février 1 764.

..(En m^irge, ^utpgrap^c :]

23 février, Répondu que je le^prie ^d'engager .M, le Cantrolleur -général à faire en s^rie que-je^e^sois^pas mandé seul; que, lorsque f aurai eomposé mon disc^mrs. Je le lui communiquerai.

'r * ■■ Il ■ ■ ■ - . ■ . .> — A . .. J9 1:11 .i:.

CCCXCIIl. — 24 février 1 764.

B. M. R., ms. Y. 241 (3), — Minute : « A M. DcUverdy,

le 24 février 1764 ».

AIIROMESNIL A L'AVERDY.

Monsieur,

•M^*du Parlement, qui sont à Houfa,,se.^nt rendus chez moy ce matin à dix heures, suivant Tinvitation ^ue .je leur avois faite hier. Je Jes.ai prié de m'ai^er de leurs lumières; ils ont paru contcns de ma coi^duite et des marques d'attachement que j'ay eu soin deJifur donner dans les expressions dont je me suis servi. LesJettres du Roy étoient sur mon bureau, chacun, a pris ia sienne, et je ferai partir denaain celles qui me SQnt restées pour quelques abscns, et les accompagnerai: d^u ne * lettre polie pour chacun.

Il me paroit que je suis bien avec. la. très gra.nde partie de M'^ du Parlement, et je ne négligerai rieap<^r tâcher decoaaerver cet avantage.

Au surplus, Monsieur, je suis fâché que Ton ne prenne pas le parti de vous mettre à portée de conférer avec les députés du Parlement, car je crains toujours que la déclaration du 2! novembre n'éprouve des difficultés.

Permettés-moy de vous rappeller la prière que je vous ai faite à mon sujet dans ma lettre d'hier. Il est important que le Roy me marque avoir fait quelqu*attention à celle que j'ai pris la liberté de Juy écrire, le 1 6 décembre dernier, en faveur de ma Compagnie. Mon honneur le demande, et je serois pénétré de douleur si cette grâce m'étoit refusée. D'ailleurs il est nécessaire, pour le bien du service, que ma Compagnie soit bien convaincue que le Roy approuve mon attention à m'efforccr de concilier mes devoirs. Elle en aura plus de confiance en moy. Enfin Phooneur est le premier de tous les biens, et je veux le conserver. J'ay donc recours à vous, qui sentez mieux que personne ce qu'un magistrat doit désirer dans la position oO je me trouve.

De grâce, Monsieur, que je ne sois pas mandé seul, que i*âicdes témoins de toutes mes actions, et, si vous pouvés engager le Conseil ."i reprendre Ferrement de mettre la Compagnie dans le cas de conférer avec vous par ses dcpuiês. iaites tout ce que vous pourrés pour Toblenir.

Je vous prie d'être assuré de tout mon respea et de tout mon attachement.

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