CCCXCVI. — 26 février
b. M. R., ms. Y. 241 (3). — Autographe, non signé (i).
L'AVERDY A MIROMESNIL
Me marque que sept magistrats seront mandés avec moi, qu* il faudra que nous arrivions à Paris le 3 mars, attendu les Jours Gras\ il ne faudra pas nous rendre d'abord à Versailles.
11 y aura sept mandés avec vous. Monsieur : M. le Pré* sident de Rouvilie, trois de grand 'chambre» M. d'Escadon, M. d'Hatanville et M. de Maisons, M. LeCouteulx, M. Dufossé et M. Alexandre. Vous Têtes tous pour le
3 mars, mais vous pouvés venir plutôt, et je vous prie de tâcher qu*on convienne que chacun peut toujours partir et qu'on se retrouvera à Paris le 3 mars, afin que, si quelv^u'un a la bonne volonté de venir, je puisse commencer à les voir. Ne venés pas à Versailles tout de suite, puisque vous tomberiés dans les jours gras, mais arrivés
4 Paris le 3 mars; vous écrirés au Secrétaire d^Etat pour st^avoir quand il faut se rendre à Versailles. Et cela donne le lems de se voir à Paris sans éclat, parce que, me sça-
(1) Suscription contresignée.
chant à Paris le dimanche au soir, vous vcnés me voir le iundy tous ensemble, etc. Ainsi, Monsieur, vous voilà satisfait sur un article. A Pégard de votre lettre, je n^ai pas vu le moment favorable pour en parler, et d'ailleurs nous en pourrons causer ensemble. Rien n'égale les sentimens du tendre et inviolable attachement que je vous ai voués pour ma vie.
Ce dimanche 26 février 17Ô4.
Toulouse a fait hier ses représentations ; le Roi lui a répondu d'une manière qui doit le satisfaire, s*il est raisonnable, et les députés partiront h la fin de la semaine prochaine. Bordeaux a reprisses fonctions sur la réunion de Grenoble et ce que je lui ai écrit à ce sujet.
CCCXCVU. — 2j février 1764.
B. M. K., ms Y. 241 (i). — Minute : • A M. Dclavcrdy,
le 27 fc'ricr 17Ô4 ■.
MIUOMESNIL A L'AVEKDY.
MONSIFflK,
Votre lettre du 24. que je reijus hier, m'avoii fort afîligc : celle du 26 que )c res'ois aujourd'huy me rend la vie Je vous épargne la lecture d'une longue réponse que j a vois faite à votre lettre du 24, et que j'ai lois faire partir, mais qui devient totalement inutile.
Les mandés sont choisis on ne peut pas mieux. Il y a parmi eux tout ce qu'il faut pour vous mettre à portée de connoitre les différeas génies et pour calmer, par Il sagt s&c de quelques-uns, la chaleur de quelques autres. Car il étoit essentiel qu'il v eût un peu de tout. Jecom-
mencedoncà espérer que nos affaires pourront prendre une meilleure tournure. Dieu soit loué et daigne favoriser nos bonnes intentions.
Tout ce que j^appréhende, c^est que nos gens, mandés pour le 3 mars par les lettres de cachet, ne veuillent aller tout de suite à Versailles. Je ne puis, ny ne dois, ni ne veus même faire confidence à personne de votre lettre. Ainsi il faudroit que les ordres ne nous mandassent que pour le 6 mars à Versailles, en mettant ces mots au plus tard, ce qui sembleroit laisser la liberté de partir quand on voudroit et de passer oti Ton voudroit; et j'aurai soin de proposer à quelqu'un de faire le voiage avec moy pour n'être pas seul, car, si je voiage seul, je serai suspect. Au surplus, quand les ordres seront arrivés, je ferai du mieux qu'il me sera possible; mais, comme je ne les reçois point aujourd'huy, j*immaginequMls ne viendront que demain.
Je suis pénétré de reconnoissance et du plus sincère et respectueux attachement pour vous.
CCCXCVIII. - 29 février 1764.
B. M. R., ms. Y. 241 (3), — Minute : « A M. De La Vcrdy,
29 février 1764 ».
MIROMESNIL A L'AVERDY
Jay reçu hier les ordres du Roy adressés tant à M^ de Rouvillc, d'Ecaclon, d'Hattenville, de Maison, Dufossé, Le Coûteux et Alexandre, qu'à moy, pour que nous nous rendions près de Sa Majesté le 3 mars. J'ay aussitôt été voir les mandés, le doyen du Parlement, lancien Président à mortier, et j'ay fait inviter M« du Parlement, qui sont icy, de se trouver chez moy ce matin à dix heures, et, en leur présence, j'ay remis à chacun des mandés Tordre du
Roy qui luy étoit adressé et fait lire la lettre de M. Bertin.
M. Dufossé et M. Le Coûteux partiront ce soir ou demain et passeront par Paris. Tous ces messieurs se sont arrangés pour voiager ensemble, et par ce moyen je ferai ainsi le voiage tout seul, ce qui ne m*a pas fait grand plaisir, attendu le peu de politese de leur procédé. Comme ils sont convenus de nous donner tous rendezvous à Versailles samedy 3, je ne partirai que vendredy, et me rendrai à Versailles samedy matin. J'ay cru qu'il convenoit que je partisses le dernier, et que je ne passasses point par Paris, afin de ne point donner d'ombrage à M. Dufossé et à M. Le Coûteux, qui seront bien aise d'avoir Tair d'être les seuls conciliateurs.
Si cependant le Roy n'étoit point à Versailles dimanche, lundy et mardy, il seroit bon que M. Bertin nous dît de la part de Sa Majesté que nous pourrions aller passer ces trois jours à Paris et oQ nous voudrions, ce qui me feroit à moy grand plaisir. Je suis avec rattachement le plus inviolable et le plus respectueux. . .