‹ Correspondance politique et administrative de Miromesnil; premier président du Parlement de NormandieChapitre 104 sur 127 · CCCXIV. — 19 octobre · texte numérisé non relu

CCCXIV. — 19 octobre

B. de M. Lormier. — - Autographe.

LE P. DU MOUCEL A MIROMESNIL

Jf. du Moucel, président de la chambre des vaca- ^^cjns, approuve ma conduitte et la trouve honneste pour f^^ magistrats exilés avec moi et pour la Compagnie,

Il me marque que depuis que Von a ordonné d'informer pour découvrir les auteurs des placards, il n'y ^ rien de nouveau.

Il me marque que l'on fait courir le bruit que le gou" ^^^mement veut faire percevoir^ ce qui pourra donner travail délicat à M" de la chambre des vacations.

Monsieur,

Je regarde comme incroiable ce que vous m^avez fait rbonneur de me mander au sujet des reproches

l'authorité de mon dit seigneur le Procureur général par un placet q\2'ilsonteu l'honneur de luy présenter à cette fin, et ils avoient lieu d^ctpérer que les ordres respectables qui en émaneroient leur procruxeroient enfin l'issue d'une détention qui les périt et les ruine sans

Les suppliants continuent : le substitut se seroit vanté qu'ils ne ▼esrotent pas le jour avant quatre ans. Cependant ils sont ruinés. L-«w maison est abandonnée, ils faisaient valoir 54 vergées en propriété et 17 qu'ils tiennent à ferme; toute la récolte de l'année c^cmière a été saisie et vendue pour acquitter les tailles et autres impôts. Deux filles, en service, ont pu avec leurs gages faire procéder '^^ ememencements de l'année présente, mais à son tour cette nou- '^'^ lécolte, ce qui restait d'animaux et de mobilier a été vendu pour satisfidre aux collecteurs et à ce qu'il y avait de dettes. Ils font •PPd à la commisération du P. Président pour qu'il oblige le Procu- 'Bor da Roy, M. Lebrun, à faire leur procès ou à leur donner leur ^^•ïgiwemcnt.

qui vous ont âté tkta, qaolqae je n'en loU poim sbsidameni estonné : il ta des personne qui ne trouve jamais rien de bien que ce qui font, et je suis persuadé que. si vous vous estiez conduit ainsi qu'ils prétendent que vous , l'auriez deu faire, vous en auriez eu encore davantage, et on n'auroit pas manqué de dire que vous ne vous estiez occupé que de vous (i). Pour moy, il me semble i^ue vous ne pouviez rien faire de plus honnesie tant pour les magistrats qui éprouvent le même son que vous que pour toute la Compagnie. Depuis que nous avons rendeu nostre arrest qui ordonne !' informa lion sur les placardsjal, ainsi que j'ay eu l'honneur de vous le mander, nous ne faisons pas grands trhoses; mais actuellement il me paroîi qu'il la assez d'union entre nous. Il est vray que je ne fais pas la plus petite démarche sans les consulter.

Nous sommes menacés quHi ta des ordres pour ^ire percevoir (3). Si cela eft vny, cela nous poura ocasionner un travail délicat. Cependant il feudra tascher de s'en tirer de façon à n'en pas appréhender des reproches à la Saint-Martin (4). Lorsqu'il i aura quelque choses de nouveau, j'auray l'honneur de vous le mander, et de vous assurer de nouveau du respect avec lequel. . .

DoMOnCEL.

A Rouen, ce 19 octobre 17Ô3.

(1) La correspondance visée ici fait début.

(1) V, la note 1, p. îyS.

<3) il s'agit de ta perception des impân prorogés ou établis par l'édit d'avril, dont le Parlemi^ia déclaré nul renregistrement forcé, avec défenie d'y obâr.

(4) ApriB la rentrée de la Saîni-Mariin, la chambre dea vacatiou, par l'organe de Mn président, rendait compte de ses actes au Pirk.

CCCXV, — 22 octobre 1763.

B. M. R., ms. Y. 67 (I, 53). — Autographe.

CHELLÉ A MIROMESNIL.

Mon secrétaire me rend compte de ce qui se passe à Rouen.

A Rouen, le 22 octobre 1763.

Monsieur,

J'ayhier re(;u la lettre que vous m'avés fait Thonncur de m^écrire le 19 de ce mois, dans le moment 0(1 Ton m^assuroit que vous aviez teçi des ordres pour vôtre retour à Rouen...

Je suis charmé que vous aiez écrit à M. de Meaupou à Toccasion de la librairie; je vais toujours mon train, en attendant que vous sçachiez ses intentions, et j^ay fait pendant cette vacance trois à quatre visites dans les imprimeries.

[Suivent quelques détails tans intérêt sur une atihirj privée concernant des justiciables du ressort, la nouvelle de Tassassinat du domestique du curé de Carville, à Darnétal près Rouen, etc.)

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