‹ Correspondance politique et administrative de Miromesnil; premier président du Parlement de NormandieChapitre 13 sur 127 · CXXXIX. — août 17G · texte numérisé non relu

CXXXIX. — août 17G

B. M. R., mi. Y. 241 (l'i). — Autographes.

MIROMESNIL A BERTÏN.

Tengage M. Berlin, ainsi que favais fait à M. le Chancelier el M, de Sainl-Florenlin, à proposer au Roy de ne pas/orcer A/« du Parlement de rester présents à l'enregistrement d'autorité.

BERTIN A MIROMESNIL

M. Berlin y consent, mais il me marque les motifs quHl a de ne pas penser comme moi, et m'assure que c'est par condescendance qu'il consent à ce que je demande.

Monsieur,

Mon courrier m'a remis ce matin votre réponse en marge de la lettre que j'ay eu l'honneur de vous écrire le 3 r du mois passé.

Lorsque je vous ai dit que votre mémoire faisoit réloge de votre administration, ce n'est pas un re-

Je n'ay que le tems de répondre à l'article essentiel en ce moment. L'ordre en question a été donné précisément pour mettre le Parlement dans son tort, s'il renouvellaii la scène indécente de quitter, malgré l'exemple qu*il reçoit du

(i) Le dossier fournît tnz'^zt itix ïxarr.pLaires it cette lettre. ainû qu'on Ta vu déjà. Le pr^mi^r ^s: U ~:r.u::. r.rj:i signée : « A M. le Contrôleur zénéri!. !; 2 :.-■: :"*. : •. zut :rr-?..i i'iiiliurs et qui doit être remplri:é- pir zt'.'.t 1:, i.Ut vec-^r.i tie—plaire e»! roriginal même, autogripht. r-t-v-.T; i î.-.- w.y^T p3r Fîertin q:\ y a inscrit ses réponses sur ■.« r-irçn. Cer. i-r ;e i-irr-ier q'-i Miromesnil a porté ses içcr^'...ti.

proche que jay eniendu vous faire, mais au con« traire un témoignage que i*ay rendu à la vérité. Je ne puis vous dire autre chose sinon que vous n^'auriés sûrement pas donné l'édît de subvention, et que j'en suis sûr ; et. à cet égard, vous me pcrme:trés d'avoir ma t'a^on de penser. Si vous la trouvés trop avantageuse pour vous, oil2 n'en est pas moins vrave -jt j'av le bonheur d'avoir \i\i\ le monde dans mon sentiment.

iji juc vous me marqués du feu étranger, que les I rondeur ' mcmc ont trouvé avec ctonncii'ieni dans leur Compagnie, m'eJÎraye et nie rend roi t dcscspéri dcirc homme de robbe, si je ne voiais malheurcuseiiicni ijue bien des militaires ne v;illcnt pas mieux juc le> i^ens de palais.

'Hjuiie réticxion faite, je ne montrerai pas votre mémoire, parce que, si je le munirois eiqu'on m'en demandât une seconde lecture, je ne pourrois la re-

Parlement de Paris au h:

de justice, de U Chambre des Gsmptes et de Li Cour des Aydes. Lorsque le Roy y envoyé, personne ne pense seulement à manquer de respect au Roy en se retirant : on proteste intérieurement avant ecapràs, mais on s'en tient la. M. de Sunley n'auroit pas grand'chose à dire, si Rouen agissoit de même, mais avec de pareilles scènes il fera sûrement son éloge, comme il a fait celuv de Paris pour ce qui s'est passé avant le lit de justice.

Enfin, quel exemplepour les autres Parlements les plus vifs, prêts à suivre la Cour des Avdes et laChambre des Comptes en ne se retirant point. Le Parlement de Iicsan<;on lui-même, il y a quatre ou cinq ans (les brûlots s'y trouvant), ne se retira point. Que feront-ils?

Ils s'échaufferont et une partie prendra peut-être l'exemple de Rouen. Cependant, puisque vous le voulés, je mande ù M. le

fuser sans indisposer par cette sorte de meffiance, ou raccorder sans risquer que quelque teste un peu échauffée n'eût trop bonne mémoire.

Je suis fort aise que l'on ait pris le party de nous envoier M. leduc d'Harcourt, mais il est chargé d'un ordre de forcer le Parlement à rester à son enregistrement forcé, qui me paroit bien dangereux. Si le Parlement persiste à se retirer malgré cet ordre (ce qui arrivera sûrement), il faudra que le Roy sévisse contre le corps ou marque de la foiblesse : il est bien dangereux, dans des circonstances comme celle oU nous nous trouvons, de s'exposer à pareilles choses.

Il vaut mieux, je crois, s''en tenir à ce qui s'est passé Tannée dernière lorsque M. le maréchal de Luxembourg est venu faire pareille chose ; on y est accoutumé, l'on sy attend, l'on ne sera pas surpris de roe voir rester en vertu de

comte de Saint-Florentin qu^il est à propos de supprimer col ordre. Je ne demande que paix et tranquilité, et je prens sur moy, dans un moment oti le G)nseil ne peut être rassemblé, d'aller contre la résolution précise qui avoit été prise, vu le peu de tems qui nous reste. Mais du moins faites tous vos efforts, ainsi que M. le duc d'Harcourt, avant rassemblée, pour les exhorter en particulier et en général à ne pas donner une scène qui courrera dans huit jours les cafifés de Londres et dans les gazettes d'Hollande; présentés leurl'exemple du Parlement de Paris, de la Cour des Aydes, de la Chambre des Comptes, de Besançon et des autres Parlements, oîi cela n'est pas encore arrivé ; que. sous Louis XIV, il est arrivé une fois à la Cour des Aydes non pas de se retirer, démarche épouvantable et intolérable, mais de ne pas se trouver à rassemblée le jour

Tordre particulier qui me sera donné, et tout ira le train ordinaire. Mais, si Ton agit autrement, Ton me mettra dans l'alternative ou de suivre ma Compagnie (ce qui sera très cmharassant, car enfin elle aura résisté à un ordre pareil à celui que je recevrai), ou de me séparer d''elle d'une manière à laquelle elle n'est nullement préparée. J'écris à ce sujet à M. de Saint-Florentin bien plus au long, et je ne doute pas qu*il ne vous en parle.

Qiiand aux abus dont je vous parlois dans ma lettre, j'ay cesse d'en parler aux intendans et à vous, parce que j'ai vu que quelquesuns ne mercpondoieni pas d'une manière satisfaisante, et que vous-même. Monsieur, ne t'aisiés pas grand' attention à ce que je vous en avois dit à Paris et à Versailles. Vous avés même oublié ce que je vous avois dit à cet égard. Je ne veux pas cependant que vous pensiés que M. de Brou

indiqué; elle fut interdite pour un an.

Enfin, quelle est donc l'opération ? Elle consiste à mettre sur le registre. Le Roy (et non la Cour) a ordonné, etc., et Texpédition porte, enregîtré, etc., du très exprès commandement du Roy porté par le duc d'Harcourt, etc. : ce n*est donc pas eux ni les Cours en semblable occasion qui ordonnent rien, c'est /e/^o^.Comment y participent donc les Cours ? En assistant au lit de justice tenu par le Roy ou par son ordre, elles n'y opinent point, etc. Voyés, je vous prie, à nous éviter par tous les moyens une scène aussi scandaleuse, aussi dangereuse pour l'exemple, surtout en ce moment, et à moy le reproche d'avoir pris sur moy de changer quelque chose à la sévérité des ordres et instructions qui ont été envoyés.

Je puis bien vous confier ce que je tente avec Douay, mais inutile pour vous., si

soit de ceux auxquels j'ai renregistrement est voloncesséd'en fMirler, car il fait taire, pur et simple, sans toujours attention à ce que remontrances préalables, et, jelui dis et je n'ai que sujet si on peut, avec protestation de mVn louer. de zèle et contre le faux es-

Je suis, avec rattache- poir de nos ennemis, qui ne ment le plus respectueux, doivent s^attendre de la Monsieur,... part des peuples de Fran-

MiROMENiL. ce ( I ) qu'à un concert una-

nime pour verser la der-

Ce 3 août 1761. nière goûte de leur sang,

s^il le faut, contre les ennemis de TEtaty ou autres pareils traits si on peut les obtenir.

La réponse sera à Tavenant, et remise d^une partie des impositions, en cas que, malgré le désir que le Roy a d'accélérer la paix, il ne soit pas forcé de faire les frais delà campagne prochaine ; ordre d^en faire regitre pour que ses peuples entendent ses bonnes dispositions et sa satisfiaction par la voye de son Parlement. Mais cecy est très secret, et il ne faut pas, comme je le marque à Douay, que cela ait Tair concerté ; il faut, pour le crédit et la décence, que cela soit un acte de zèle de la pan du Parlement^ et un acte de confiance et de retour de la part du Roy. Que nous sommes loin à Rouen de pareils projets.

(i) Le texte porte Flandres.

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