‹ Correspondance politique et administrative de Miromesnil; premier président du Parlement de NormandieChapitre 33 sur 127 · CLXVI. — 6 décembre · texte numérisé non relu

CLXVI. — 6 décembre

B. M. R., ms. Y. 241 (i). — Minute, autographe.

MIROMESNIL A BERTIN

Réponse à la lettre de M. le Controlleur général du 24 novembre 1 76 1 .

Du 6 décembre 1 76 1 .

Monsieur,

J^ai été agréablement surpris par votre lettre du 24 novembre dernier. Je ne m'attendois nullement aux témoignages de bonté que vous m^an nonces de la part du Roy.

Si j'ai pu les mériter, ce n^a été que par le zèle respectueux qui m^animera toujours pour le bien du service de Sa Majesté. Mais je dois à la vérité un hommage que je me reprocherois de ne lui pas rendre. Je n^ai eu d^autre part à la résolutionque ma Compagnie a pris, au sujet de Tenregistrement fait par M. le duc d'Harcourt, que celle de me conformer à Tavis commun de tous les magistrats qui composoient rassemblée. Touts ont senti la nécessité de n'apporter aucun obstacle à l'exécution des ordres du Roy, surtout dans des circonstances aussi fascheuses que celles où se trouve TEtat. Et je puis vous assurer qu'il n'y en a pas un qui ne se soit vu avec regret dans Pimpossibilité de procéder à un enregistrement volontaire.

Je ne dois donc pas me faire un mérite particulier de ce qui appartient à tout le corps que je préside, et je me rendrois indigne des regards que vous avés bien voulu engager le Roy à jetter sur moi, si je ne faisois pas valloir auprès de Sa Majesté la soumission des magistrats qui partagent avec moi l'honneur de rendre la justice en son nom.

Vous pensés bien. Monsieur, que je tiendrai très se-

crête votre lenre du 24 novembre, et mes sentûnents doivent vous en assurer. Quelque sadsfiiction que je ressente des marques de bienveillance dont le Roy daigne m'^honorer, il me reste le regret de ne pouvoir les partager avec mes confrères. Cest un malheur auquel je ne puis être insensible. Dieu veuille m'en dédommager quelque jour, en metunt ma Compagnie dans le cas de donner à Sa Majesté des preuves éclatantes de rattachement respectueux et sincère dont elle est pénétrée pour la personne sacrée de Sa Majesté.

Je reconnois avec grand plaisir en toutte occasion. Monsieur, vos bontés et votre amitié pour moi. Je vous prie de me les conserver, et d^étre persuadé que je serai toutte ma vie, avec l'attachement le plus inviolable et le' plus respectueux. Monsieur, votre. . .

M. le maréchal de Luxembourg ne néglige aucune occasion de me donner des marques de son amitié. 11 désiroit sans doute que le Roy entendit parler de moi, afin que cette circonstance pût être utile à mon frère (i), qui demandoii une grâce qu'il n'a pas pu obtenir. Au surplus, il est cncor jeune, et c'est à lui à mériter d'être plus heureux par la suitte. Je ne doute pas qu'il ne fasse tous SCS efforts pour s'en rendre digne.

Je puis vous assurer que M. de Luxembourg vous a parlé en ma faveur de son propre mouvement. Je lui en ai d'autant plus d'obligation. Je ne pensois nullement à profiter d'une circonstance où je n'avois rien fait de particulier, et, si j'y avois pensé, ma confiance en vous m'auroit engagé à vous adresser moi-même ma prière, en

(i) Nicol-.is lliomas, comte Je Miromusnil, est devenu brigadier vies armées, a épouse, en I7(>5, Marie-Anne de Ségur. — V. Lettre CCCLXXII.

priant M. le Maréchal de la seconder; mais je n^ai fait ny l'un ny Tautre.

CLXVil. — 5 février 1762(1).

B. M. R., ms. Y. 67 (L. 26). -* Autographe.

SAINT-FLORENTIN A MIROMESNIL

Il me marque que V arrêt du Parlement du 2 février a déplu au Roy, mais que Sa Majesté rCa pas jugé à propos de le casser, et que le Roy doit envoler un édit concernant les soidisants jésuittes (2).

Ce 5 février 1762.

Je pence bien comme vous, Monsieur, que nous avons perdu bien du temps et un temps précieux, mais ce n'est pas ma faute. Le Roy a, comme vous croies bien, fort désaprouvé Parrest du Parlement de Rouen et ne peut le laisser subsister; il vouloit mesme qu'il fût cassé tout de

(i) Cette lettre a été publiée par M. Ch. de Beaurepaire, dans ses Recherche» sur Finstruction publique dans le diocèse de Rouen a»ant 1789, tome HI, p. 5. (Evreux, P. Huet, 1872).

(a) Cette annotation date du classement des papiers de Miromesnil, ce qui QcpUque une erreur qu'il faut signaler. Le Parlement de Rouen n*a rendu aucun arrêt ni arrêté relatif aux Jésuites, le 2 février; celui qui est venu à Tesprit du P. P., en écrivant cette note, est du la; or, ce n'est pat de celui-là qu*il peut être question dans cette lettre. Saint-Florentin parle d'un arrêt préparatoire du 2 3 janvier, délibéré après l'exposé du substitut Charles, et statuant qu'il y avait lieu de procéder à l'examen tant des constitutions de la Société de Jésus que de sa doctrine, morale et pratique, et l'examen et délibération conunencèrent auaaitôt pour se poursuivre jusqu'au 1 2 février. (V. le S/mmairey

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SAiNT-FLOREvrrs.

B. M r< . —s. Y '. - :. ir — Autographe.

SA1NT.FIA»RENTIN A MIROMESNIL

// me parle encur de l'arrêt du Parlement contre les Jésuittes et me marque quil me renverra une brochure

que je lui avais communiquée '3i.

(1) L'j Sens .1-: Fol le vil le.

[2 l.^itiTr-. publiée dans le même ouvrage, t. III, p. 6.

('•) (,rMr: r<.is w\st ^ien Je Tjrrêl du 12 février qu'il s*agit, celui

Ce 17 février 1762.

Je ne suis point étonné que vous soiez un peu incommodé après la fatigue que vous avez eue, jointe à la peine que vous avez ressentie de voir le Parlement se porter à rendre un arrest aussy extraordinaire et aussy irrégulier et aussy contraire à Tautorité du Roy. Je vous remercie du mémoire que vous m^avez envoie : il est très bon, et j'espère en faire usage sans vous compromettre, et je n*abuseray jamais de la confiance que vous voulez bien me marquer. J^avois déjà entendu parler de la brochure que vous m'avez envolée et que jevousrenverray incessament. On ne peut rien ajouter aux sentiments d'attachement avec lesquels...

Saint-Florentin.

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