I . L aggrégé à ru niversiii, et
la philosophie ei la ihéblog^ i| ont un hospice à Argentag, ■^ ;s éclaircissements que je puis
vous donn lent. Pour parvenir â vous en .
procurer di il faudroii que je me fisse ins-
truire soit p... surs des maisons des Jésairea, j
soit par les | ans les bailliages desquels ce I
maisons sont .-«.m tesçais s'il est bien sûr dantles '
circonstances présentes de faire des confidences aui Jésuiies L on doit tout craindre d'hommes réduits au dé«»poir, et auxquels on ne peut prêter aucun secours. L'autorité du Roy est si peu soutenue que ceux qui ont Thonneur d'être chargés de ses ordres ou de le représenter voient de jour en jour diminuer leur considéraiioii, Et |e ne puis vous dissimuler que je ne serois pas assuré que ceux auxquels je m'ad resseroîs gardassent le secret comme ils te dcvroient. Il est donc à craindre, si je fais quelqu'informations, que M" du Parlement n'en soient informÉset que je ne leur devienne suspect. Je soumets cette rétiaion à votre sagesse ei, si vous ne l'adoptés pas, je ferai loui ce que vous jugerés à propos que je tese.
Mais, Monsieur, je crois qu'il est nécessaire qw le Bof (0 L« cofriite de la minute avait toit AInço», corrigé en mcllani Rotien.
^ rende maître de réablissement des nouTeaux collées ^ que S. M. Casse-Kole le choix des personnes auxquelles ^Ue voudra confier les places de professeurs, et il fiiut ^Qssi que les évéques soient seuJs chargés de pourvoir aux séminaires^ sous Fautoritédu Rov. Voilà la r^e, et il £aiut bûn se garder de souffrir que Ton y contrevioine, sauf au Parlement à punir dans la suite les particuliers qui contreviendront aux loixdont Texécution luy est confiée, suivant Texigence des cas.
Le Roy approuve la dissolution de la Société des Jésuites et permet que les arrêts du Parlement à cet ^ard soient exécutés ; il est le maitre, et nos arrêts en cette matière reçoivent leur force de Tapprobation qu'il veut bien y donner; mais ce n^est point au Parlement seul à former de nouveaux établissemens ny à nommer les principaux, les professeurs, les r^ents, ni ceux auxquels Téducation de la jeunesse sera confiée.
Chaque établissement doit être fait par de nouvelles lenres patentes, que le Roy adressera à son Parlement pour les enregistrer.
Le Roy doit se réserver la nomination de toutes les places, afin que les enfants de ses sujets ne soient élevés et instruits publiquement que par des hommes dont il soit assuré.
Pour parvenir à ce point très important en luy-même, il est donc nécessaire que le Roy fasse dès à présent connoitre hautement sa volonté. Il peut le faire de deux manières :
La première, en faisant écrire par M. le Chancelier à toutes les cours de Parlement que son intention est de pourvoir à remplacer les Jésuites, et qu'il entend que chaque Parlement luy envoie des mémoires sur les moyens
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de leur substituer des personnes capables d^eoseigner dans les collèges dont ils vont sonir ; •
La seconde seroit d*envoier une déclaration par laquelk^ le Roy, en notifiant sa volonté, ordonneroit la mém^ chose et fizeroit un délay pour Penvoy des mémoires.
Je préférerois la forme d'une déclaration du Roy a:^ parti d^une simple lettre, c'est Tunique moyen de cons^q^ ver Tautorité royale avec le respect qui luy est dû.
Je suis. . .
CLXXVIII. — 3o avril 176a (i).
B. M. R., mt. Y. 67 (I, 16). — Autographe.
SAINT-FLORENTIN A MIROMESNIL
// me marque de lui donner, autant que je pourras, de nouveaux éclaircissements.
Ce 3o avril 176a.
J'ay reçu, Monsieur, la lettre que vous m'avez fait rhonneur de m'écrire et vous remercie des éclaircissements que vous avez bien voulu me donner. Je pense, comme vous, qu'il faut en rester là et qu'il seroit dang^ reux d'aller plus loing, mais, sy sans vous compromettre vous pouviez me marquer s'il y a d'autres coléges dafls les lieux 011 sont les Jésuites ou à portée des mesmesen* droits, je vous en serois fort obligé, ainssy que de me marquer par qui sont tenuz ces coléges. Au reste il est absolument nécessaire que le Roy prenne un party sur la con^ duite des parlements, et je ne peux qu'estre charmé de vos
(i) Lettre publiée en partie, ouvrage cité, 111, p. 19.
rtSections et de ce que vous me marquez. Mais M. lé Chanoellier, que cela r^arde, ne propose rien au Roy : il est sur toute cette affaire, qui est la plus importante, dHin froid et d^une inaaion qui m'étonne et qui a déjà amé et qui causera encore de grands maux. Rendez jusùcfii Monsieur, aux sentiments d'attachement avec lesquels...
Saint-Florentin* .
CLXXiX. ~ i6 mû 176a (I).
^' M. R., ms. Y. 67 (L, i5). — Minute : ■ â M. de Saînt-Florentin
le lôauj 176a. »
MIROMESNIL A SAINT-FLORENTIN
^9 réfonds à sa lettre du 3o avril, et lui marque qu'ail ^ important que le Roy ne perde pas de temps et s^oc- ^PPe de l'éducation.
Vous m'avés fait Thonneur de me marquer, par votre '^^particulière du 3o avril, de vous instruire si, dans '^ adroits où les Jésuittes sont établis en Normandie, il y > d'autres collèges.
Il a^y a dans la province que trois collèges de Jésuittes, ^0 à Rouen, un à Caen, un à Alen(;on. A Caen, TUni- ^rsitéqui y réside a deux collèges, dont l'un dénommé 'C collège des Arts, et Tautre le collège Du Bois. Ainsi 'OQpourroit, je crois, se passer d*un troisième, à moins ^^^il ne fût conservé pour entretenir plus d^èmulatioiu
(i) Lettre publi4Sc, ouvrage cité, UI,p. 19.
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Quant à Rouen, il n'y a d^autre collège que celuy des Jésuines, et il n'y en a point d*autre non plus à Alen^D. Je ne sache même pas quMl y en ait dans les environs de ces deux villes.
Je conviens. Monsieur, qu'il est surprenant que M. le Chancelier garde le silence sur une affaire aussi importante que celle qui nous occupe aujourd*huy. L'éducation de la jeunesse est un objet auquel on ne peut donner trop d^attention, et il n^est pas indifférent de sçavoir à quels personnages Ton confie le soin de former le cœur et Tesprit des sujets du Roy et des membres de TEtat.
Mais permettes moy. Monsieur, de vous assurer que, si cette affaire concerne particulièrement M. le Chancelier en ce qui touche le Parlement, elle n^intéresse pas moins M» les Secrétaires d'Etat relativement au bon ordre et k Pavantage des provinces dont Tadministration leur est confiée. Il est certain que, si Ton souffre que les gens de pani se rendent maitres d'un dépôt aussi prétieux que celuy de Téducation de la jeunesse, il en résultera des maux que plusieurs siècles ne suffiront pas pour guérir : les préjugés de lenfance ne s^effacent jamais entièrement, et un royaume, dont les principaux sujets auront été élevés dans Tamour de Pindépendance, dans la haine de Tautorité, dans Tesprit de murmure contre le gouve^n^ ment, dans le mépris des évêques et des ecclésiastiques, dans le fanatisme, ne pourra pas manquer d'être un jour désolé par les plus terribles révolutions. Notre monarchie n'a que trop éprouvé ces malheurs; le tems n'en est pas assez reculé pour que Ppn en puisse perdre la mémoire, et ce qui est arrivé peut encore arriver un jour.
Il est donc important, Monsieur, que le Roy s'occupe essentiellement des moyens d'éviter à ses augustes descendans des malheurs dont la seule idée fait saigner le cœur
de tous ceux qui veulent y réfléchir. Quoique la mort rende tout égal, tout indifférent, je sens que Ton aime sa patrie, non seulement pour le tems que Ton y doit vivre, mais que Ton s'intéresse encore à ce qui peut luy arriver quand on ne sera plus. D'ailleurs le Roy est, grâce à Dieu, encore assez jeune pour espérer que Dieu prolongera les années de son règne ; nous faisons tous des vœux ardents pour qu^un aussi bon maitre parvienne à la plus longue ▼ieillesse, mais il est nécessaire qu'il profite du temsoii il est encore dans la vigueur de l'âge pour se préparer une vieillesse tranquille.
Je vous ai marqué. Monsieur, il y a quelques jours, que j^avois été chargé de donner Texclusion à un fanatique nommé Abraham Joseph Chomeix (i), qui demandoit une jdace dans le collège de Rouen, où il étoit protégé secrètement; mais le ridicule de sa Crucifixion et des satires de Voltaire sur luy que je fis valoir m^aidèrent à k Caire rejetter.
Il peut s^en présenter d^autres qui seront aussi dangereux et peut-être davantage et que je ne pourrai pas écarter à Faide du même ridicule. Je soumets ces réflexions à votre sagesse ; le tems approche, le Parlement ne perd pas un moment, il est important que le Roy ne néglige pas une précaution de laquelle dépend le bonheur ou le malheur de TEtat, pourTavenir, et peut être même celuy
(i) Chaumeix (Abraham-Joseph), critique, philosophe, convulsion- Qaîre, parait ne pas mériter tout à fait la mauvaise réputation que lui a value son intolérance. Son fameux livre, Préjugés légitimes contre FEnexclopédie, ameuta contre lui les philosophes et les pamphlétaires. La principale satire de Voltaire contre lui est celle qui est intitulée Le Pauvre Diable (Cf. Biogr. Didot; Œuvres de Voltaire, édition Beuchot, tomes XIV, LXXI, etc.).
de son règne. Ah ! Monsieur, que Ton perd par de certains retardemens.
Je SUIS. ..