CCIX. — i5 mars 1763 (i
B. M. R., ma. Y. 67 (I, 42). — Autographe.
SAINT-FLORENTIN A MI ROM ESN IL
// me presse au nom du Roy de ne rien négliger pour accélérer V enregistrement, et dément le faux bruit que Von répandoit à Rouen que le Parlement de Paris avoit du regret d'avoir enregistré redit des collèges.
Ce i5 mars 1763.
Je n^ay point oublié. Monsieur, ce que vous m'aviez marqué au sujet de l'édit du 1 6 février et que j*ay adressé depuis au Parlement de Rouen ainssy qu'à d'autres Parlements, et j^ay lu avec grand plaisir tout le détail que vous avez bien voulut me faire par votre dernière lettre, dont je n'ay parlé qu'au Roy; ainssy M. le Chancellier n*en a aucune connoissance. C'est à tord qu'on répand dans le public que le Parlement de Paris est fâché d'avoir enregistré l'édit ainssy que les lettres patentes; il en a senty la nécessité, aussy les a-t-il enregistrés purement et simplement. Le Roy désire qu'il en soit usé de mesme dans les autres parlements, et ne souffrira pas qu'il soit fait de modifications ny de changements, et est dans l'intention d'en soutenir l'exécution avec fermeté, et désire que vous en pressiez l'enregistrement le plus promt que vous pourez. Vous connoissez les sentiments d'attachement avec lesquels
Saint- Florentin .
(i) Lettre publiée en partie, ouvrage cité, p. 64.
I.e Roy approuve ma conduitie. mais Sa Majesté est mécontente des délais du Parlement.
J'ay rendu compte au Roy, Monsieur, delà dernière Ictire que vous m'avez fait l'honneur de m'&rrire )3|: »e l'ay mesnie lue eu entier à Sa Majesté, et j'ay vu avec plaisir combien elleestoil satisfaite de votre zèle pourson service, et elle m'a permis mesme de vous en assurer de sa part. Elle a fort approuvé aussy vos réflcctions ei est dans la ferme intention de soutenir l'exécution de ses ordres pour renregisiremeat pur et simple de son édiieide ses lettres patentes; elle m'a paru très mécontente des délais qu'on y a apportés, et je vous écris par son ordre uoe lettre que vous pourrez montrer ei faire usage {3). Vous sentez aussy combien elle est mécontente du dernier arrest que le Parlement a rendu contre les Jésuites (4), et j'adresse à M. le Procureur général des lettres patentes pour en suspendre Texécution. Vous connoisscz les sealimeats d'attachement avec lesquels...
Saint-Florkntiii,
J^envoie aussy à M. le Procureur général une lettredu Royàson Parlement, par laquelle Sa Majesté luy marque
(1] Leiire publiée en pnrtie dans l'ouvrage ciié, p. 65. (1) Il s'agit priibablement d'une nouvelle lettre Je MJrometiïU, qui Dou» manque, poitérieure i celle du 11.
(3) Celle lettre oflicielle manque.
(4) Celui du 3 mars 1763.
son mécontement du retard qu*il mest à Tenregistrement de redît et des lettres patentes ( i ).
CCXl. — 24 mars 1763.
B. M. R., ms. Y. 67 (1, 40). — Minute : « Copie de la lettre de M. de Miroménil à M. de Saint-Florentin du 24 mars 1763 au soir. »
MIROMESNIL A SAINT-FLORENTIN
Présentation de Védit des collèges et des lettres patentes portant surscéance de Vexécution de l'arrêt du
(i) Voici cette lettre, d'après roriginal annexé au Registre secret :
De par le Roy. — Nos amés et féaux, nous n'avons pu aprendre sans mécontentement le retard que vous aportés à l'enregistrement de notre édit du mois de février dernier et de nos lettres patentes du 2 dudit mois, par lesquels nous avons pourvu avec la plus grande attention à l'enseignement de la jeunesse de notre royaume et à ce qu'exigeoient de nous les sentimens de bonté et d'humanité dont nous sommes remplis pour tous nos sujets, et lesd. édit et lettres patentes exigeant la plus prompte et la plus entière exécution, nous TOUS fiaisons cette lettre pour vous enjoindre très expressément de procéder. audit enregistrement sans aucun délay ny restriction, et à notre Premier Président de nous rendre compte de ce qui te fera pour l'exécution de notre volonté. Sy n'y faites faute. Car tel est notre plaisir. Donné à Versailles, le 21 mars 1763. Loun; et plus bas, Phélypeaux.
Cette lettre fut lue aux chambres asaemblées le 24, en m^me temps que des lettres patentes ordonnant la surséance de l'arrêt du 3 mars. Séance tenante, furent rendus deux arrêts, dont la lettre qui suit rend compte : l'arrêt du 3 mars était maintenu, au nom du salut même du Roi et de la conservation de sa personne sacrée ; quant à l'édit, il était de nouveau renvoyé à Texamen des commis-
ParUmcnl du 3 mars t-63, cl des ordres du Rny^ enjoignent au Parlement d-r s'en occuper sans délay, et m'ordonnent d'y veiller et d'en rendre compte jour par jour. Comissaires noinmés sur cet t'dit et sur les lettres patentes qui mettent en économat les bénéfices unis aux maisons des cy-4evant soy disants Jèsuittes. Je le préviens qu il ne peut être rien statué définitivement qu'après la Quasimodo.
MoKsœuR,
Nous venions de vous renvoyer l'expédition de l'édii des coIWges. le 12 de ce mois, lorsque je reçus votre lettre du 21. Hyer matin, après le travail delà grand 'chambre, doux députtez des KnquÈtes vinrent me demander rassemblée des chambres pour aujourd'huy. Je leur répondis que je nedemandois pas mieux, pourvu que ce ne it\ iju'à dix ou onze heures, afin de ne point déranger l'audience de !a grand'chambre. A peine avois-jc fait cette réponse que le secréiaire de M. le Procureur général vint me demander pour m'avertir que le Roy venoit d'envoyer des lettres patentes pour suspendre l'exécution de l'arrêt du ? de ce mois, avec une lettre de cachet adressée à la Compagnie au sujet de Tenregistrement de l'ëdit d« collèges. Je rentrai aussitôt dans la grand'chambre et j'ordonnai au greffier de faire avertir tous messieurs du Par* lement que M. le Procureur général demandoit les chambras assemblées pour aujou'rd'huy, et d'indiquer cette assemblée pour dix heures précises. Cela étonna surtout [es députtés des Enquêtes, maisjen'en dis pas davantage et je me retirai chez moy .Cependant pour n'avoir pas Pair trop mystérieux, je fis confidence à quelques-uns de messieurs du Parlement, qui vinrent me voir, qu'il étolt arrivé des
ordres du Roy concernant Parrét du 3 de ce mois (i), redit des collèges et les lettres patentes concernant les bé* néfices unis aux maisons des Jésuittes.
Aujourd^huy, après Taudience de grand*chambre, j'ai assemblé la Compagnie et Ton nous a aporté non seuUement les ordres du Roy et les lettres patentes portant surséance de Pexècution de Parrêt du 3 de ce mois, mais encore redît des collèges que M. le Procureur général venoit de recevoir.
Comme je vous écris sur tous ces objets dans la forme ordinaire (2), je vais me contenter dans cette lettre cy.qui n^est que pour vous, de vous informer des faits particuliers qui peuvent vous donner quelque connoissance de la situation des esprists.
Après la lecture des lettres patentes Ton a délibéré pour savoir si on les enverroit aux commissaires ou si Ton y statueroit sur le champ. La pluralité des suffrages a été pour le dernier party. Le premier avis qui ait été ouvert a été pour faire des remontrances et ce pendant surseoir à l'exécution de Tarrét du 3, sans néanmoins enregistrer les lettres patentes.
Le second a été de faire des remontrances sans surseoir.
Le troisième, pour rendre un arrêt pareil à celuy que nous rendîmes le 27 mars 1762, lorsque nous refusâmes redit donné en faveur des Jésuittes (3).
(i) Dernier arrêt rendu contre les Jésuites, qui, entre autres choses, leur enjoignait de prêter dans la quinzaine le serment exigé par les arrêts précédents, sous peine d'arrestation, décidait que le roi serait supplié de procurer l'extinction totale de la Société dans tout le royaume, etc. — V. le Sommaire,
(2) Allusion à la correspondance officielle.
(3) Arrêt par lequel le Parlement avait prié le roi de retirer son édit du mois de marc 1762. — V. le Sommaire.
narine "x ,'3C anc izrz no^cs ile là j
■Ki»SaK=r. Tv'îi d't xvdîi pa lien de <
meni qut It lettre do Roy oMiteiiait noa »^l&tH«m <A> ■^rdm k la Compagaiede délibérer saas dSnr. bM qu'élit contcnoii encore nat iajODctioa [■iiJirfi'iii ps moy (i'infonnerS. M. jour par jourdetoaioe^vgvseroii. J'ai fait lecture de la lettre osteonMe (sj 191m»
II) Pour j'ai fiiii tembloHt dt ne ptun
(1) Sign«l«e dintli lents pféoédmte.
m^avez écrite le 21 de ce mois, et ensuite j'ai dit à mesrieurs du Parlement que, tant que je serois dans le cas de prononcer les arrêts de la Compagnie et de soutenir ses dhflibérations, je le ferois comme je Pavois toujours fait, et que jamais je ne me séparerois d'elle, mais qu^en même tems que je remplirois mes devoirs à leur égard, j^aurois uisû grand soin d'évitter tout ce qui pouroit mVxposer à des reproches personels de la part du Roy ; qu'il étoit de nmon devoir de les presser de délibérer sur Tédit et sur les lettres patentes du 3 février dernier, que jepriois par conséquent messieurs les commissaires de me dire Theure à laquelle ils voudroient s'assembler afin de continuer rexamen, et que je pusse en rendre compte au Roy ; et jVii prié aussi messieurs du Parlement de trouver bon qu'il fût fait mention sur le registre des observations que le venois de faire.
L'on m'a aussitôt opposé la vacance dans laquelle nous entrons.
J^aî répondu, i^ qu^il n^en est pas de la vacance de Pâques comme de celle de la fin du Pallais, que touttes les chambres peuvent travailler même dans la semaine sainte, parce que les pouvoirs du Parlement ne cessent qu'à la graodVacance ;
2* Que messieurs de Tournelle doivent travailler le lundy et le mardy saint pour finir un procès assez considérable» que par conséquent les chambres peuvent s'assembler pour délibérer sur des objets que le Roy veut qui soient traittés sans aucun retardement.
J^ai répettéque je ne pouvois me dispenser de presser la Compagnie de satisfaire aux ordres de S. M., et que je la priois de ne pas m'exposer à être compromis personellement ; et tout de suite j'ai commencé à prendre les voix.
Il y a eu un avis pour renvoyer après les mercurialles.
de Plqoes cl k Isadf , femlCTinin de fia a ⣠pcmr fixer oae •aimti ^aeiTicTà ce
r tn-
m^in fti ^---'--if- car deux (fentftaa ^< ;t(c '10 d mnmii d'aoïret a Icnr Âacc s ■ .NK-T i T ea 3 an qoi ordinairemetr i» rwi ^ joirr eocnîaer dans !£s avis oœ |;isiuc ^acCie it-étAgg ; . Je ne dooie pas qu'il irsinÔLM iJrtsset irec qudqucs autres gneilipif axbcEifxÈ •eaàlc toatce qoe lei ooiiimi«gii^ aarmi Mfc.
Aaant qoe fai pa le dcmâei', ie ^irvs .çia Tari partie de meraîcorada ParicnkentMn faBopHN ■MUS a^e^ dei icodificstkKU aés "— h^^— f Qaaat i
très patentes concernant les bénéfices, je prévois qu^elles souffriront encore de plus grandes difficultez.
Si vous me permettez de vous marquer ce que je pense sur ce qu'il convient que le Roy fasse quant à présent, je croi que le meilleur party est d'attendre le résultat de l'assemblée du lendemain de Quasimodo, avant de rien dire, même sur l'arrêt que nous avons rendu ce matin.
Je suis. . .
CCXn. — 26 mars 1763.
B. M. R., ms. Y. 67 (1, 39). — Minute : « Copie de la lettre de M. de Miroménil à M. de Saint-Florentin, du samedy 26 mars 1763 au soir. »
MIROMESNIL A SAINT-FLORENTIN
Je lui rends compte des inconvénients que les Comissaires trouvent dans les dispositions de Pédit des collèges du mois de février lyGS,
Monsieur,
Voicy le résultat du travail des commissaires d'hyer au soir. Je vous écris à ce sujet une lettre dans la forme ordinaire (i), mais je croi devoir vous informer en particulier et pour vous seul des détails qui ne doivent être vus que par vous, afin seulement que le Roy puisse en être instruit. Cène lettre-cy est par conséquent pour vous seul.
L^article i^^ de Tédit (2) n^a paru souffrir de difficulté
(1) Correspondance officielle.
(2) 11 y a lieu d'analyser ou transcrire ici quelques-uns des articles critiqués de l'édit du mois de février 1 763 sur les collèges.
qu'en ce qu'il semble annoncer la supression de quelques collèges, et messieurs les commissaires apréhendent que le Roy ne veuille suprimer le collège d^Alençon, qui est le.seul qu'il y ait dans cène ville, et celuy Du Mont à Caen, qui tient fort au cœur de messieurs du Parlement. L^article 2 a semblé aussi ne point soufrir de difficulté; cependant quelques commissaires voudroient y ajouter,
L*article i réservait nettement au roi le droit de déplacer, réunir ou supprimer des collèges.
Article 2 : « Les Ordinaires des lieux continueront de jouir de Tautorité et des droits qui leur appartiennent sur tout ce qui concerne le Spirituel,... la représentation et censures des livres et cahiers par rapport à renseignement de la Foi dans lesdits collèges... »; cette prescription très sage gênait le Parlement qui prétendait imposer son autorité, même en matière de foi, de sacrements, etc.
Les articles 5 et 6 déterminaient la constitution des Bureaux d'ad> ministration. Ceux-ci comprenaient l'archevêque ou l'évêque, le Premier Président et le Procureur général du Parlement ou Conseil supérieur, à défaut de ces cours dans la ville, le premier officier de la justice du lieu et le magistrat chargé du ministère public, deux officiers municipaux, deux notables, choisis par le Bureau, et le Principal. L'évêque présidait le Bureau; il pouvait se faire remplacer par un ecclésiastique, mais sans lui déléguer la présidence.
Article 9 : « La nomination aux chaires de théologie. . . . appartiendra aux archevêques et évêques. . . »
Article 17 : « Les principaux, professeurs et régents ne pourront être destitués que par délibération dudit Bureau, prise à la pluralité des deux tiers des voix,. . . après y avoir été entendus ou dûment avertis de s'y trouver. »
Article 18 : « Les sous-pnncipaux, maîtres et sous-maîtres de quartier, précepteurs et domestiques. . . . seront choisis par le Principal, sauf audit Bureau à exiger de lui d'en choisir d'autres, par des motifs qui seront discutés en sa présence. >»
L'art. 21 donnait au Bureau comf>étence pour l'administration de tous les biens, revenus et temporel du collège.
(Isambcri, Anciennes lois françaises, t. XXII,)
sccaf Papel comme et abus y et d^autres voudroient que Ton y donnât quelque explication, afin que rarchevéque ou révéque ne fût pas maître d^empécher que Ton donne de certains livres aux enfants, tels que le Catéchisme de Montpellier et autres.
Uarticle 5 souffre beaucoup de difficulté : quelques commissaires pensent que M. TArchevéque ne doit point être à la tête de Tadministration ; tous estiment que, quand même il pouroit y être placé, il ne doit point en cas d'absence se faire supléer par un éclésiastique ; que Tadministration du collège de Rouen doit rester telle qu^elle a été établie par le Parlement. Et le plus grand nombre des commissaires pensent aussi que le principal du* collège ne doit point être du nombre des administrateurs.
MM. les commissaires trouvent dans Particle 6 les mêmes difficultés que dans l'article 5 en ce qui touche révêque. Ilsveulent ajouter deux officiers de justice, outre le juge en chef et le procureur du Roy ou procureur fiscal ; et ils pensent que les deux notables doivent être choisis, non par le Bureau, mais par une assemble gênéralle des Notables de la ville où sera le collège.
L*anicle 7 ne paroît leur faire peine qu*en ce quMl donne la voix prépondérante à celuy qui présidera, mais cette disposition leur répugne beaucoup.
Ils pensent que Ton doit ajouter à l'article 9 que les professeurs de théologie seront graduez en théologie de quelque université.
L^article 17, qui concerne les destitutions, leur parolt bon ; mais ils pensent quMl faut y ajouter qu'à Rotien il faudra au moins sept administrateurs pour arrêter la destitution du Principal, et dans les autres villes au moins cinq.
L'article 1 8 leur paroît également bon, mais ils vou-
(lire une r^acrve en Ciwur ili luel qui, alani éié placé psr le Parlemeai. être amovible *i ce n'en par âirét de U C M çricidemmeat tcaïui liosi pir ua anii àa Aa satploK, celic réscTvi; ne leroii i^ue pour luy c pour ses succeneun.
Quant à t'ariicle 3 1 , les commissaires voudroîeni seiUkmeiii ajouicr que les règlements que feront les adminiv irateurs <les collèges seront homoioguésau Parlemeni.
Tous les autres articles ne soulfrent aucune difficuN (Ions l'espfii des commissaires. Il me paroit qu'ils sont assez dispuscE à proposer -i U Compagnie d'enregisirci avec modiâcaiion r6Jil. et d'enregistrer purement et nwd plcmem les lenres putcnies. ^
Si vous me permettez ( 1 1, Monsieur, de vous mxrqutr ■ mon seniimeni sur les dîffcrenis objets de moditicatîon que MM. les commissaires paroîsseni disposés à pn> poser, je crois qu'il faut distinguer (21 les modificatiolli qui ne tendent qu'à expliquer les dispositions d'une lov. ei par conséquent S en rendre l'exécution plus facile, de celks qui altèrent les dispositions de la loy et en subni* tuent d'autres absolument contraires à la volonté du 14-
Je crOL que les Cours peuvent légitimement faire des
modifications explicatives, mais qu'elles ne peuvent ps changer l'essence des dispositions de la loy, parce que ' puissance législative n'apartieni qu'au Roy (3).
I [) Je lui marque mon sentimenl particulier. <Annotation de (1) Distinction à faire entre les modifications qui ne sont ç
plicalives et celles qui allèrent le sens de la loy. (Adiic
Je M.).
(3) V. riniroduclion du tome I, p. iiii.
Diaprés ce principe ( i ) , si messieurs du Parlement se bornoient à suplier le Roy de conserver le collège d*Alençon et celuy Du Mont à Caen; s'ils se contentoient d'enregistrer redit, parce que la disposition de Part. 2 auroit lieu sauf Tapel comme d'abus ; que Part. 7 seroit pareillement exécutté, parce que, sous le bon plaisir de S. M., personne dans l'administration n 'auroit la voix prépondérante; que les professeurs de théologie dénommés dans Tarticle 9 ne pouroient exercer à moins qu'ils ne fussent graduez en la faculté de théologie de quelque Université; que l'art. 1 7 seroit exécutté, mais que, pour les destitutions qui y sont marquées, les administrateurs à Rotien seroient au nombre de sept au moins et dans les autres villes au nombre de cinq au moins ; que le Roy seroit très humblement suplié de permettx'e que le sous-principal actuel du collège de Rouen soit excepté de la disposition de l'art. 18 et non ses successeurs, enfin que les délibérations mentionnées dans l'an. 2 1 seroient homologuées à la Cour; si le Parlement^ dis-je, se contentoit de ces mo* difications et qu'au surplus il enregistrât Tédit, je croi que, comme elles ne changeroient rien à l'essence de ces dispositions, le Roy par un effet de sa bonté pouroit les permettre.
Quant aux modifications (2) que l'on pourra proposer àTart. 2 en ce qui concerne les livres qui seront misentre les mains des enfants; à celles que l'on pourra aussi proposer à l'art. 5, pour exclure M. l'Archevêque ou pour luy interdire la faculté de se faire supléer en cas d'absence, pour laisser l'administration du collège de Rouen telle
(t) Je propose des modifications que je pense qui ne seroient qt^explicatives. (Annotation de M.).
(2) A l'égard de quelques-unes des autres, je conviens que le Roy u€ pourrait pas les admettre, (Annotation de M.).
.^ ^aot rnn^. c ^o» fi>
-,- ir-ji:aos^ic E:e e it^ a
Vous me répondrez ( i ) peut-être que le Roy est en Iroit de se faire obéir, que S. M. n^est point obligée d^entrer en négociation avec ses Cours, lorsqu'elle juge à propos de donner une loy, qui est le fruit de sa sagesse et du soin qu^elle donne à l'éducation de la jeunesse de son royaume, enfin que le Parlement de RoUen ne doit pas ttre plus difficile que celuy de Paris qui a enregistré purement et simplement.
Je conviens de touttes ces véritez, mais permettez moi de vous observer (2) : i^ que ce n'est pas désobéir au Roy que d^ajouter aux dispositions d'une loy des éclaircissements qui, sans en altérer Pessence, ne peuvent qu^en faciliter Texécution ; 2® que le Parlement de Paris n'avoit point encore pourvu à l'administration des collèges de son ressort lorsque Tédit lui a été envoie; 3® que, quoique le Roy ne soit. point obligé d'entrer en négociation avec ses sujets, son amour pour eux, sa bonté, sa justice même rengagent souvent à écouter favorablement leurs suplications, leurs représentations, et à honorer de son aprobation ce que les Cours font pour le bien et pour l'avantage du peuple; 4° que dans la circonstance présente, si je pouvois engager messieurs du Parlement à se réduire aux points que je viens de vous proposer, il serait plus avantageux que le Roy y consentît, que d'excitter les esprists à une résistance qui pouroit donner l'exemple à d'autres Parlements et occasionner au gouvernement de nouveaux embarras.
Au reste je soumets mes réflexions à votre prudence et je crois, en vous les exposant, remplir mon devoir. Lors-
(i)Je préviens les objections que Von pouroit me faire. (Annotation de M.) (2) Je tâche dy répondre, (Annotation de M.)
qut \e parle à nu Compagnie, c'est louîcHiri à Farantage de S. M., CL. lorsque iep&rk an Rot od à son Miaisue, ce doit être tonfours ansi en favenr de ma Compagnie ( i }.
D'aîlieuTE 2 1 ie ne puis m'empédier de Ttyns obsenrer que ie ne sois rien moins qu*a»aré de iane adopter mon sysièmt par les commiBaires, et que, quand ils Fadopiennent, 7e ne *«erois pas sûr à beaucoup pris que les chambres assemblées su: visent lear aris.
Qnant anx leitrcs patentes - r qai mettent les bénéfices en oeooQomai. les commiBaixes fsemcm tons la difficolté de sV oppoaer, mais îe crains bien qoe les chambres asKicblées ne r^ugoent fon à les enregistrer. 11 est certain qoe, si ]*on relire des revenus du collège de Roiien et du coUépe Du M<:<nt k produit de ces bénéfices, il ne leur restera pas assez pour se soutenir. 11 est vrai qoe le Rot promet d'aider sur la caisse des économats, mais Ton craint les diâcuJiez qui pouroni arréier ces secours. D'ailleurs l'on sent bien que rintention du Roy est de donner des pensions aux Jésuiî.es. et larrêi du 3 de ce mois, de rr^éirs que celuy du 24, font assez coiinoiire la disposition des esprists à ce: égard.
Quant à l'arré: du 24, j*ai été bien content d'en voir supprimer ce matin la disposition qui en ordonnait l'envoi aux sièges intérieurs, l'impression et Tafliche 14).
(i) V. rinirojîuar.n du i. !, p xxmi-ixxv.
(2) Au surplus, tout cela est de mon chef uniquement et je ne suis assuré de rien prétendre au Parlement. (Annotation de M.-
(3> Tout le mo^tde sent qu'il est impossible de refuser V enregistre^ ment des lettres patentes qui mettent les bénéfices en économat^ mais implore la bonté du Roy en faveur du collège de Rouen. (Annotation de M.)
(4) L'arrêt contenait la formule de style, relative à rimpression ci à l'attichag:; au moment Je le signer, le P. Président et le Doyen reconnurent Tin utilité de cette mesure pour un arrêt qui se bornait
Je vous marquerai après demain ce qui se sera passé à rassemblée des commissaires qui doit se faire demain après-midy.
Permettez (i), Monsieur, que je vous renouvelle ma prière pour que mes lettres paniculières ne sortent jamais de vos mains. Hyer, dans l'assemblée des chambres, un de messieurs du Parlement dit qu'il étoit assuré que les Ministres étoient informés de tout ce qui se passoit dans les assemblées, du nombre des voix qui formoient les délibérations, de touttes les dénonciations et de ceux qui donnoient les projets de rédaction. Je ne doute pas que Ton ne fasse des démarches pour pénétrer les détails que je vous envoie; et, quoique mes lettres ne contiennent jamais rien que je ne convinse volontiers que je vous marque, même en présence de messieurs du Parlement, quoique je ne laisse rien échaper qui puisse compromettre personne, si quelqu^un d'eux avoit connoissance de mes correspondances particulières avec vous, je suis bien certain qu^ils m'en feroient un crime, et je ne doute pas qu'il n'y en ait qui fassent tous les efforts possibles pour en être instruits. C'est pour quoy il est très important que vous seul soyez dépositaire des lettres particulières que je vous écris.
Je suis '
à prescrire un renvoi aux commissaires, et, sur leur proposition cette disposition finale fut supprimée le 26 mars.
(i)Je le prie d'être seul dépositaire de mes lettres de confiance afn de nC éviter des tracasseries dans ma compagnie, (Annotation de M.)
;oe Itnn qui un, ! pardon de Tcni lac i Kidy, mais ÎU n'om il de redît du moii de XTT-iit Sisn^tt. .;■«: j d"i-r t^r fc iroit que cet édii ;«■ cordeatu évéqneiet arcberéqnes d'asàsner aux Bureaui i'*iainis:r3noc des cctlsges « d'y présider. Les un; ceasen' d'une manière eadéFecncnt opposée à celle des autres :,. Je vois ^ue ccc obfct sera irès débattu aui chambres assemblées ie leodemaia du dimaocbe de Quasimodo et iju'il soufra plus de dîffictiltez que je ne lavois pensé dabord.
D'après les réfleiions de ma Icnre particulière d'hyer, j'avois dressé uo projet d'enregistrement avec modification; mais, lorsque j'ai vu qu'il n'éioii pas possible de rapprocher les commissaires sur le point principal, l'ai pensé qu'il étoit inutile de leur montrer mon travail, et je ne l'ai fait voir qti'à deux ou trois en particulier.
(OCwn
interligne, de la main d: Miromesnil.
ai5
Je vous avoue que cette espèce dMloignement pour toutte sorte de tempéraments m'afBige. Je crains tout ce qui peut donner des inquiétudes au gouvernement et attirer des désagréments à ma Compagnie, et toutte mon aplication est pour éviter l'un et l'autre.
Peut-être les réflexions que MM. du Parlement pouront faire chacun en particulier, d'icy au lendemain de Quasimodo, les engageront-elles à prendre un party qui soit plus conforme aux intentions du Roy, et que Tarrét du Parlement de Paris du 22 février, qui renvoie les Jesuittes vers le Roy pour obtenir des pensions, les engagera à faire moins de résistance. Je le désire, mais je n^ose encore l'espérer.
Je suis, . . .