XV. — 3o avril
B. de M. Lormier. — Autographe.
LAMOIGNON A MIROMESNIL
A Versailles, le 3o avril 1758.
Je vais répondre, Monsieur, en peu de mots à trois lettres que j^ay reçu de vous, l'une hyer et les autres ce jourd^huy.
(1) La Tournelle errait un peu > depuis de longues années, faute d*un local suffisant Elle se fixa enfin et trouva place dans la partie du Palais reconstruite entre la salle des Procureurs et le Marché- Neuf. Ce nouvel édifice, qu*à son tour nous avons vu disparaître en 1881, avait été entrepris en 1739; il allait s'achever en 1761.
(a) Feydeau de Brou, intendant de Rouen.
ai
J'ay rendu compte au Roy de l'affaire du curé de Rouville, et luy ay fait lecture en entier de Pacte passé dans vostre maison. S. M. a tout approuvé, comme vostre conduitte mérite del'estre en tout. Voylà une bonne affaire finie; j^espère qu^il n'en viendra pas d^autre; les cinq cents livres que le curé a payé intimideront les autres. Voylà pour une lettre. Voicy pour la seconde.
Le Roy me permet de donner des dispenses pour entrer dans les compagnies supérieures avant Page de vingt-cinq ans, sçavoir, pour les fils de maistres, c'est-à-dire enfans d'officiers dans la Cour, lorsqu'ils auront atteint Taage de vingt ans accomplis, et les autres celuy de vingt-deux ans. Outre cette règle que le Roy m'a prescrit, je m'en suis imposé une autre, c'est de ne point donner de dispense à ceux qui ne m^apportent pas une lettre du chef de la Compagnie portant qu'il est agréable à la Compa* gnie; lorsqu'on se présente sans m^apporter une pareille lettre, je commence par écrire au chef de la Compagnie pour avoir son advis sur le récipiendaire.
En usant de cette précaution, comme j*ay toujours fait et comme je compte de faire toujours, il ne sera donné des provisions qu'à des gens qui seront agréables aux Compagnies. Ainsy il est inutile de faire des délibérations pour rien demander au Roy sur cette matière; c'est à M. le P. Président à me faire connaître les sujets agréables ou non à la Compagnie, et je feray donner des dispenses aux aâges que je viens de vous marquer.
Reste la troisième lettre qui concerne les réparations à faire à la Tournelle. C^est à M. le Contrôolleur général à en ordonner. En attendant, faites en sorte que le service du criminel ne cesse pas et que l'on puisse trouver dans le palais un lieu commode pour rendre la justice.
Je vous souhaitte. Monsieur, les bonnes festes et à
Mime la Présidente uoc coMchc plus heureuse que la dcr-
oi/bre.
De JLàhoiqnon.