LXXXV. — 9 août
B. M. R., ms. Y. 141 (9). ^Original, signé.
SAINT-FLORENTIN A MIROMESNIL
A Versailles, le 9 aoust 17^0.
Monsieur,
J^ai reçu Parresté de vostre G>mpagnie du 7 de ce mois, que vous avés pris la peine de m'envoyer.
Je ne puis m'empescher de relever le prétexte que le Parlement luy donne, de n'avoir pas la liberté de délibérer; ce motif n'est ny exact ny sincère, puisqu'à l'exception des defifenses qui luy ont été faites de donner suite à ses arrest et arresté des 25 juin, 2, 9 et 14 (i) juillet, il a pu librement délibérer sur tous autres objets. Mais la résistance à la volonté' du Roy paroist comme un dessein formé dont le Parlement ne veut pas se départir. Il y a asseurément bien ample matière à en être peiné, et je vous avotke que je le eiuis Ipe^uçoup.
Je suis toujours parfaitement. Monsieur,
Votre très humble et très obéiasaiit serviteur. SAnrr-FLORBNTiK.
(1) Il faut lire 19 et non 14 juillet; la Cour n'a pas tenu conaeil le 14.
LXXXVl. — lo août 1760.
B. M. Rv ms- Y. «41 (9). — Original, signé.
SAINT-FLORENTIN A MIROMESNIL
A Versailles, le to aoust 1760.
Monsieur,
Vousavés vu, par ma lettre d^bier, combien j'étois peiné pour votre Compagnie de sa résistance aux volontés du Roy, je suis donc fort aise qu^elle ait enfin enregistré redit et la déclaration du mois de février dernier. M. le Marécbal de Luxembourg ne m'a pas laissé ignorer la part que vous avés à cet événement, et S. M., à qui j^en ay rendu compte, m^a chargé de vous marquer la satisfaction qu'elle en a. Je seray toujours charmé d^avoir des occasions cie faire valoir auprès d^elle votre zèle et la prudence que vous employés pour le rendre utile à son service. Je ne vous parle point de ce que contient Parresté du Parlement qui a précédé Tenregistrement et des autres objets. Sa Majesté ne paroist occupée pour le moment que du désii que les remontrances luy soient promptement envoyées, ainsy je vous prie de les faire accélérer. Je suis persuadé que vous y donnerés tous vos soins.
Je suis toujours parfaitement. Monsieur,
Votre très humble et très obéissant serviteur. Saint-Florentin ( i ) .
(i) L'exécution forcée de l'enregistrement de Tédit et de la déclaration de février s*est accomplie le 8 août. Les choses se sont passées en la manière ordinaire. Le maréchal de Luxembourg s'est présenté au Parlement, accompagné du duc d'Harcourt, lieutenant général, il demande communication des édit et déclaration; le P. P. lui répond que ceux-ci sont encore soumis aux délibérations de la Cour, qui, la veille, a résolu d'écrire au roi « pour se plaindre des mortifications qu'elle vient d'essuyer. • Le maréchal insiste, donne lecture de l'ordre portant injonction au T'arlement d'enregistrer, et