CIX. — i3 janvier
B. M. R., ms. Y. 341 (xa). —Autographe.
BERTIN A MIROMESNIL
Lettre de Af . Bertin sur les remontrances du Parle^ ment, janvier ij6ï,
A Versailles, le mardi matin.
Je répons sur le champ à votre lettre, Monsieur. Nous sçavions d'avance que ces remontrances étoient à vous, comme les sermons de l'abbé Roquette étoient à luy, attendu, dit le bon mot, qu'il les achète (i); mais il est
(i) L'abbé Roquette, évêque d'Autun, à qui Boileau décocha cette épigramme :
On dit que Tâbbè Roquette Prêche les eermoat d*Antnii :
Moi qui sois qu'il les scMte, Je soutiens qu^ils sont à lui.
Miromesnil a fait l'aveu, dans la lettre LIV, que les magistrats
n'étaient pas toujours les auteurs de leurs remontrances.
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gauche et maladroit de n'avoir pas nommé des commissaires. Je ne sçay pas le pani que Ton prendra, mais, si j'étois seul à en décider, je vous ferois, messieurs, à charge de revanche, une bonne niche : ce seroit de faire fort rétonné de ce qu'un ouvrage de cette discussion et longueur, plein de citations même fort extraordinaires, a pu se composer par les chambres assemblées, et je vous demanderois, à vous personnellement. Monsieur, avant de rendre compte au Roy de la difficulté qui se présente, de mMnstruîre du tems et du nombre d'assemblées qui ont été tenues à ce sujet, de m'envoyer l'arrêté ou le premier plan et esquisse que rassemblée a dû vous donner, à vous qui teniés sans doute la plume, ou que vous luy avés proposé, et sur lequel cannevas les chambres ont travaillé, que vous auriés [dû], suivant toutes règles, m'en faire part dès qu^il a été arrêté; et, supposé que ce soit quelqu'autre que vous que rassemblée en ait chargé, que c'est là ce que Ton peut entendre par commissaire. Jevous prierois donc de me mander un peu en détail les différentes propositions que vous avés dû faire au moins verbalement pour faire délibérer la Compagnie, sur Tezorde, la distribution des chefs, les principes établis surchaqu'un et les faits que vous avés proposé d'^y insérer, sur les citations venants à Tappuy, etc., etc. Je vous prierois de me mander l'édition de chacun des ouvrages, que vous avés fait sans doute poner à l'assemblée pour en vérifier les passages et leur application, etc.. etc., le tout pour me mettre en état d'en vérifier plusieurs et les mettre sous les yeux du Roy, etc., etc. Nous verrions votre réponse, mais je ne sortirois pas du point que c^est le chef qui est le promoteur, le rédacteur, le proposant, etc., puisque tout s'est fait à l'assemblée. J'attendray que M. le Chancelier assemble le comité. Au reste, vous n'avés pas tout
à fait raison de croire qu'on peut vous avertir plnsiftt qu*on ne fait, à moins que vous ne consentissîés que votre relation particulière ne fût communiquée au Comité.
Inespéré que nous raisonnerons sur le tout incessament, ainsi que sur le mémoire de M. de Fontette, sur lequel je vous dois réponse, et sur Taffaire des hôtels de ville.
Vous connoissez, Monsieur, tous mes sentiments et tout
mon attachement.
Bertin.
Vous me serves toujours d^un protocole de compliment ridicule entre nous dans vos lettres particulières.
Ne pouvant vous faire payer Tannée 1739 de vos appointements, le Roy m^a chargé de vous en faire payer une par forme de gratification, dont bien entendu il ne vous sera rien déduit pour cela sur vos appointements, que vous toucherés toujours tout de même à leur échéance.
ex.— aS janvier 1761.
B« M. R., ms. Y. 241 (12}. — Autographe.
LAMOIGNON A MIROMESNIL
Mgr le Chancelier m^annonce les ordres du Roy de me rendre à Versailles avec deux présidents et deux conseillers de chaque chambre du Parlement ( i j.
A Venailles, le a 5 janvier 1761.
Vous verres. Monsieur, par la lettre cy jointe quels sont les ordres du Roy (2). Je compte que vous arriverés
(i) Cette annotation serait mieux placée à la lettre CXU.
(a) A cette lettre en était jointe une autre, ostensible, annonçant au
l'eudy au soir, et que je pourray vous voir à vostre arrivée, avant l'audiance de S. M. Tout ce que j'ay à vous dire, quant à présent, est qu'on sçait parfiaitement ky la manière dont vous vous estes conduit et celle dont on se conduit avec vous. Cest une consolation pourun homme de bien que le témoignage de sa conscience et de sçavoir que les honnestes gens luy rendent justice. Je ne vous en dis pas davantage quant à présent. A jeudy au soir.
Lamoignon.