‹ Correspondance politiqueChapitre 12 sur 12 · VU · texte numérisé non relu

VU

Mon cher ami,

En relisant ma longuo lettre sur l’Egypte, je crains que vi trouviez sa partie théorique beaucoup trop longue et sa parti tique trop courte ; je sens donc la nécessité de la Teprodum des proportions inverses. Mon goût particulier me porte (étr; comme ma position m’y oblige, à la pratique politique) à d une importance démesurée aux motifs des actes que je crois iaire; d'ailleurs, si ces actes répondent à un sentiment ral, il est inutile, je le sais, de s’appesantir beaucoup sur le sons qui doivent les faire réaliser. Or, le sentiment général t demment pousser la France à faire autre chose que -r i roibras; c’est même ce besoin d’une grande action [mur elle, <1; question orientale, qui a entraîné bien des esprits h prèriguerre, parce que le vulgaire croit encore que les grandes a ne se font qu’avec le canon. La difficulté n’est donc pas de de

eu besoin d’action à la France, c’est de l’amener à concevoir que noire rôle pacifique peut être aussi grand et plus grand même que lu rôle des alliés. Pour cela il est indispensable d’appuyer sur l’oeuvre b faire, sur les moyens et les hommes h employer, beaucoup plus que sur les principes, pour ainsi dire métaphysiques, qui font choisir telle œuvre, tels hommes, tels moyens.

Adieu donc h la métaphysique des analogies et des différences de l’Orient et de l’Occident; reprenons les faits, et pour cela laissezmoi vous ramener h mon voyage de 183:1 et à mon séjour de trois ans sur le Nil.

Vous vous souvenez que lorsque le roi m’ouvrit ma prison, ce ne fut pas une fantaisie qui me dirigea vers l’Égypte, avec plusieurs ingénieurs, médecins, savons, agriculteurs. Nous nous sommes trouvés ainsi en Orient, depuis Constantinople, Smyrne, les Iles, la Syrie, jusqu'à Thebes, cinquante pèlerins à peu prés, parcourant à l’avance le théâtre où nous pressentions qu’allait se jouer la scène du XIX 1 ' siècle, l’union de l’Orient et de l’Occident ; nous allions là, comme dans un siècle plus tard ( peut-êtro moins, je l’espère) nous irions à Panama, comme nous serions allés avec Colomb en Amérique, à son premier voyage; nous marchions en éclaireurs.

Nous avons tonte de lancer Méhémet-Ali dans la grande œuvre de la jonction des deux mers, et nous poursuivions auprès de lui cette belle entreprise, en même temps que quelques-uns d’entre nous se livraient, comme ingénieurs, comme professeurs, comme artistes, à des œuvres utiles à l'Egypte. Tous, après des course-, lointaines, jusqu’en Arabie et dans l’Abyssinie même, revenaient au Caire 10 u ; rti r (irai, rapporter leurs observations; enfin quelques-uns se faisaient do l’Egypte une secondo patrie; et aujourd’hui même que le plus grand nombre de cos pèlerins est rentré en Franco, les derniers, restés en Egypte, y sont, chefs d’écoles, professeurs, ingénieurs ou mémo attachés à l’armée

l.e Pacha recula devant le canal, se rabattilsur un chemin de fer du Suez au Caire, dont il fit venir les rails d’Angleterre et qu’il n'exécuta pas, absorbé, comme il l’était, par un autre projet industriel indiqué également par Napoléon, le barrage du Nil, projet

auquel plusieurs d'entre nous travaillèrent, oii notre brave capitaine Hoart s’épuisa et trouva la mort, où quelques bons ouvriers que nous avions amenés de France furent enlevés par la peste.

Lo barrage paraissait à Méhërnet-Ali une œuvre .nationale, tandis qu’il voyait dans le canal de Suez une œuvre universelle dont il se souciait peu ; le barrage l’absorbait donc, et bientôt les difficultés de sa situation politique, plus encore que les très grandes difficultédu barrage, lui firent perdre de vue toute grande œuvre pacifique, pour se préparer et se livrer exclusivement à la guerre.

C’esl alors que je revins en France, ainsi que lu plus grande partie des hommes qui m’avaient accompagné en Egypte; je reviuplus certain que jamais de l’avenir prochain qui verrait. l’Europe tout entière en marche vers l’Orient, et convaincu des grandedestinées du pays des Pyramides, lorsqu’il serait électrisé, et régénéré par le contact immédiat de la science et de l'industrie curnpéennes.

Ce séjour do trois années, dans les circonstances uii se trouvai! alors l’Orient, surtout avec l’entourage tout particulier d’hommes que j’avais avec moi, et les relations infimes que j’ai pu former avec les principaux atrens do la puissance du vice-roi. me donnent confiance dans les idées que ce pays el ce peuple m’inspirent.

Si Méhémet-Ali est encure au Caire-, en ce moment, peut-être un l’âcha cst-il déjà désigné dans le divan de la Porte pour lui succéder. Supposez même que je me trompe, quant à cette déchéance, supposez plus encore : supposez que la Porte consente à celte hérédité, monstrueuse à ses yeux, soyez certains qu’on imposera à Mëhémet ses ministres, son ministre, qu’on le mettra en (nielle, ci qu’on y mettrait également Ibrahim Pacha, Abbas Pacha, toute cette dynastie rêvée; on voudra que cette restauration soit une écrite; et Méhémet ne sera plus en Egypte que ce qu’étaient les Pachas envoyés par la Porte à Alger, un mannequin; voilà pourquoi je suis convaincu que Méhémet-Ali ne se laissera pas condamner à ce triste rôle, ou du moins qu’il en sera promptement écrasé.

Quel que soit donc le sort réservé à Méhémet-Ali, je crois que la France doit veiller à ce que. la Porte n’impose pas ou ne laisse pa-

unposer par les alliés, soit à Méhémet-Ali, soit à l’Egypte, uu tuteur ou un maître, sans donner elle-même sa voix; je crois qu’elle doit travailler à ce que ce tuteur ou ce maitre soit de son choix.

,1e me sens arrêté ici par une idée qui me fatigue depuis plusieurs jours comme un rêve ; il faut quo je vous la dise. Il me semble ,jue Méhémei-Ali sera, ou du moins devrait être, à Paris, le jour uii les cendres de Napoléon y seront amenées. Certes, c’est là aussi que devrait être Soliman Pacha, ce vieux soldat de l’Empire, vrai type des héros de la grande armée, qui a quitté la France après Waterloo et qui rentrerait en France après Beyrouth, avec double haine contre l'Angleterre et double amour pour la France. Que la France donne asile au Napoléon de l’Orient; quel homme serait assez grand en France pour croire n'avoir rien à apprendre d’un aussi grand homme ! Qui sait s'il ne nous aidera pas à comprendre Hitin ce que nous devons faire en Algérie? Qui sait si nous Rapprendrons pas de lui un peu ce que c’est que l’autorité? Et d’ailleurs. n’est-ce pas le meilleur aide que nos diplomates puissent prendre pour la question d’Orient? Mais laissons cette idée; je le répète, quel que soit le sort fait à Méhémet-Ali, on lui fait son sort, il ne se le fait plus lui-même ; le vassal révolté redevient esclave. Occupons-nous donc des hommes qui, sans lui ou à côte de son ùiilùme, peuvent être favorables à l’Egypte.

ha science égyptienne est dans notre dépendance; les écoles égyptiennes sont dirigées par des Français, nos livres élémentaires sont seuls traduits et enseignés; la seule langue européenne qui soit enseignée est la langue française ; les médecins sont presque tous français ; les ingénieurs, français ; les artistes, peu nombreux, également français; enfin, comme je l’ai dit dans mon projet d’institut -ikiititique, nous n’avons ici qu’à régulariser et faire sur une plus v'iuttk échelle ce dont nous avons déjà vraiment le monopole.

le n'en dirai pas tout-à-fait autant de 1'industrie, quoique le "mimerce d’Alexandrie soit presque autant français qu’anglais, parce que les fabriques, le transit de l’Inde, les importations d’Eumpe, la grosse population d’ouvriers européens, occupent plus l’ Anglais ou Maltais que de Français. Mais en industrie, il ne s’agit pas seulement de régulariser et d’étendre ce que nous avons fait

jusqu'ici ; nous devons prévoir les conséquences do la situation complètement neuve où va se trouver l’Egypte ; nous devons songer qu’il va so faire une révolution bien plus grande encore dam co pays que colle qui a eu lieu lorsquo le Pacha a commencé à \ cultiver lo coton, à y faire des fabriques, à diminuer la production des céréales, enfin lorsqu’il a changé l’Egypte des Mamelucks.

L’Europo compte sur l’Egypte maintenant pour être un lieu dp passage, un entrepôt, une vraie colonie universelle.

Les fabriques du Pacha périront presque toutes ; son autocratie agricole sera détruite ; la population qui, dans ce pays, peut croître très rapidement, lorsqu’elle n’est pas décimée parla guerre,et plus encore par la misère à laquelle les impôts du Pacha la condamnent, s’augmentera encore do la masse d’étrangers quo celle nouvelle destinée de l’Egypte appellera. Il faut donc, pour l’ceuvru industrielle que la France doit accomplir en Egypte, une pensée pim largo que colle qui a suffi à quelques négocians de Marseille pour favoriser le mouvement industriel de Méhémet-Ali ; il ne suffit pm quo notre gouvernement s’en rapporte aux lumières de l’intérêt individuel, et so borne à laisser faire ; il faut qu'il fasse faire, qu’il donne l'impulsion, sous peine d’être devancé et dépassé par K- Anglais, sous peine d’être exclu des avantages que nos rivaux tendent toujours et partout à monopoliser.

C’est pour cela surtout que j’ai présenté l'œuvre de Suez (qui dépasse, d’ailleurs, non seulement les facultés d’un individu, maicelles d’une association d’individus, parco que c’est une œuvre politique de premier ordre) comme le moyen par lequel la France devait installer en Egypte son industrie.

Pour faire gouvernementulement une pareille œuvre qui coûtera certainement beaucoup plus que si elle était entreprise par l’intérêt privé, il faudra un état-major régulier, organisé, qui remplira uiœ fonction bien plus politique encore quo celle de l’armée d’occupation des alliés; c’est sur cotte petite armée de travailleurs pacifiqueque devra se modeler l’évolution à faire subir à l’Egypte ; elle sera notre diplomatie modèle, enseignant par l’exemple ce qu’il fan 1 faire; véritable moniteur industriel, réapprenant à l’Egypte h taire des canaux, c'est-à-dire lui enseignant son premier métier, son

métier naturel, gloire des Pharaons. L’œuvre do Suez ne devfa ,lonc lias être considérée par nous simplement comme une œuvre industrielle, elle sera surtout une œuvre politique, non seulement ii l'égard de l’Egypte, mais aussi à l’égard de l’Europe elle-même, cl reei me conduit à examiner cette question ; savoir : l’Europe nous permettra-t-elle d’cnirepreudro, à nous seuls, la jonction des

Si nous n’obtenons pas de pouvoir dépenser ainsi notre temps et notre argent, lorsque les autres puissances européennes emploient les leurs, malgré, nous, d’une laçon si différente, je le répète, nous sommes impuissans; nous sommes rayés de la liste dos grandes nations; nous sommes tombés au niveau de la Bavière, de la Sardaigne, de Naples et du Portugal. Nous devons être, au contraire, non seulement l’arbitre entre l’Europe et l’Egypte, le protecteur de, ïmlviduaUté politique du peuple égyptien, mais aussi le modérateur, au prolit de l’Europe et du monde entier, de l’ambition monopolisante de l’Angleterre.

Pour un but aussi grand, c’est donc sur une échelle toute particulière! qu’il faut concevoir la composition dn personnel et, en général, tontes les proportions d’une semblable entreprise ; ceci ressemble davantage h la grande expédition d’Egypte de Napoléon, qu’n une entreprise ordinaire do canalisation. Un prince d’Autrielic est monté à l’assaut de Beyrouth, il ne serait pas indigne d’un prince de France, de vaincre deux mers, de joindre deux mondes. Aux amiraux anglais nous no devons pas opposer des ingénieurs ordinaires de. première classe des ponls-et-chaussées, ni même un ingénieur en chef; il nous faut mieux que cela, plus que cela, il nous faut des hommes politiques,et, si j’étais M. .Taubert, j’aimerais mieux cela que le ministère des travaux publics, ou lo chemin de for de Paris au Havre.

Pourquoi Michel Chevalier n’ambitionnerail-il pas une pareille mission, lui qui s’est élevé très au dessus de son petit grade d'ingénieur. et qui, indépendamment de scs grands travaux sur l’Amérique et sur la France, a pris une position politique, assez digne '! Que veut-il être en France? Député? Je ne lui crois pas une ambition de ce genre, une ambition aussi mesquine, aussi intempestive; ce se-

. rait un anachronisme. Professeur d’économie politique ? Je vous a déjà dit ce quo je pensais do cette fantaisie; il ne peut la considérer lui-même que comme un moyen d’arriver à une position politique. Rédacteur des Débals? Mais en voilà assez; il a trente-six ans, si je ne me trompe.

Ou’il prenue avec lui Fouruef qui a lui-même provoqué Jléhémet-Ali, en 1833, et qu’ils se mettent tous deux en tête de l’a-uvre qu’ils ont prêchée si chaudement, pour ainsi dire, avant que personne y songeât en France:

Après la dispersion du Saint-Simonisme, l’ereire et Flachal ont exécuté, sous les yeux des Parisiens, le chemin de fer modèle qui a été l’occasion et l’exemple nécessaires pour lancer l’industrie française dans cette voie; .aujourd’hui, c'est l’industrie du monde entier qu’il faut lancer dans une voie nouvelle; ce ne sont plus des voies de communications nationales, mais des voies de communion universelle qu il faut enseigner aux nations, et dont il leur faut un modèle; il faut que du passage de Suez ressorte celui de Panama, et que la mer se couvre de bateaux à vapeur, sur toute la ligne qui joint l’Europe aux Indes, comme sur celle qui joindra les Etats-Unis à la Chine. Ce que Pereire et Flachat ont pu faire avec le secours de Rothschild, il faut le faire aujourd’hui avec l’aide de la Franco.

Mais ce no sont pas là des hommes politiques, direz-vous poulètre; au contraire, ce sont des hommes politiques, ce sont des ingénieurs qui voient autre chose que de l'industrie dans l'industrie, tandis que les ingénieurs en général n’y voient que ça, et malheureusement ceux qui sont restés dans le cadre gouvernemental deponts-et-chaussées ont la vue courte, tandis quo c est presque un signe infaillible de vue longue que d’avoir quitté le corps, et d’avoir cherché fortune dans des voies plus larges et plus neuves.

Napoléon a formé le cadre de sa grande armée dans la campagne d’Egypte; il faut que le gouvernement forme le cadre de sa grande armée pacifique en Algérie, en Egypte, en Orient; c’est là seulement que se trouvent vivantes les inspirations de Yautorité; elle' sont mortes chez nous.

Et d’ailleurs, la routine parlementaire obligeât-elle à employer des hommes ayant un earactère politique, comme on l’entend nd-

sûrement, c’est-à-dire quelques députés ou même des pairs de France, il y a la ressource d’une commission, et dans celle-ci Lamartine et Jaubert, de Broglie et Montalembert figureraient, je crois, fort utilement. Ce qu’il faut là surtout, c’est de la jeunesse, le besoin de choses neuves et grandes, le sentiment de la dignité do la France, une ferme volonté et, pardessus tout, la conscience de la puissance actuelle des procédés pacifiques de l’industrie dans la politique humaine, conscience que nos vieux politiques n’ont pas du tout.

Pour me résumer sous co rapport, je dirai : il faut des hommes politiques, en ce sens, qu’il faut des hommes nouveaux d’une politique nouvelle. 11 faut découvrir pour cette œuvre les hommes qui, dans dix ans, par exemple, seront les hommes politiques de la France. Or, si, il y a dix ans, on avait cherché dans le sein de la société les hommes qui sont aujourd’hui nos hommes politiques, il aurait fallu les découvrir parmi les avocats, les professeurs de philosophie et d’histoire, les rhéteurs de tous genres; en ce moment, les hommes de la politique future sont ingénieurs, font de l’industrie et non pas de la rhétorique et de l’argutie, .l'ajoute encore': et surtout ils ne font pas la guerre, ne jouent pas an soldat ; ce qui le prouve, c’est que nous n’avons pas la guerre.

Voici donc les régimens que je voudrais voir organiser par le prince, régimens avec lesquels il pourrait conquérir, peur lui, pour eux, pour la France, mille fois plus de gloire qu’avec les tirailleurs de Vincenncs, qui lui prennent malheureusement son temps, lesquels tirailleurs ne pèseront pas une once dans la grande question d’Orient qui agite le monde.

Pour exprimer toute ma pensée, je vous dirai qu’il m’arrive souvint de me prendre à regrettor que ma position ne me permette pas de me mettre personnellement dans cette grande entreprise. .Te me dis souvent : est-ce que le seul but de mon voyage d’Egypte a été, quant à moi, de me mettre à même de dire ou A'écrire quelque chose pour ce pays, mais de ne rien faire pour lui. Quand je songe à ces braves amis qui m’y ont suivi, et surtout à ceux que la peste, la fatigue et aussi la misère y ont enterrés, au nombre de douze ; lorsque je réfléchis aux liens d’affection que j’y ai formés, et qui se

sont encore resserrés et étendus depuis, par l'irdUienee d'hommes tels que Lambert et Bruneau; lorsque je trouve même dans le représentant actuel de la Fram e en Egypte, cl jusque dans son irlermédmire de Malte, des anciens amis de jeunesse; enlin, lors.;,. • me l'appelle mon séjour au milieu du désert de Suez, ma vi-iie .1rs ruines de cct antique canal, et même l'inutilité; do mes etïorls pimr amener l'Egypte à entreprendre ce qui ne peut se faire que par la science et l'industrie européennes, j’ai peine à concevoir qu’au moment oii l’Europe enfin se mettra h l’œuvre, je regarderai avec ou long télescope, et la plume à la main, la France réalisant l’un de mes plus grands rêves ! Et pourtant la barrière est là, elle n’est pn levée ; ce n’est pas à moi à la franchir ou à la briser.

Il y a dans pareille œuvre, non seulement la gloire de tout un siècle, mais le germe de la politique de tous les chefs des peuples dans l’avenir; elle serait le premier jour d une nouvelle ère pour l’humanité, car elle consacrerait la fin de l’esprit de conquête ; elle serait le premier acte de l’esprit d’association, d’union, de religion universelle ; elle serait la gloire éternelle du peuple qui l’introduirait dans le monde ; elle serait, pour l’iiistoire des hommes, plus que le Romain-Grec Constantin, plus que le barbare Charlemagne s’emparant l’un et l’autre de la pensée qui devait régir l'Orient i l’Occident pendant bien des siècles, et commandant à l’Europe la grande marche vers l’avenir et l’abandon du passé. Lorsque je verrai exécuter celte conversion de pied ferme, j’irni tranquillement comme les Juifs rejoindre mes Pères, el comme les Chrétiens dans un monde nouveau; mais jusque-là, je l’avoue, l'arme au hr«t m’est pénible; je brille du désir de me rapprocher de ce moment où l’on commandera, de liant et franchement, à l’humanité qui fait face en arrière, demi-tour e t en avant! Alors tous les roquets qui nous mordent les jambes, tous ces avocassiers qui bavardent, seront obligés de prendre leurs petites jambes à leur cou et de su taire.

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