J PREFACE
les plus secrètes, ses senliniens les plus intimes dans le sein d'un ami. C'est le tableau complet de cette époque de sa vie , de toutes ses souffrances, de toutes ses vertus ; c'est un traité de philosophie pratique, c'est la plus magnifique introduction à ses ouvrages !
Le second recueil rappelle une époque plus rapprochée , et offre quelques détails touchans de la vie privée de l'auteur '.
Le troisième recueil se compose des lettres de Bernardin de Saint-Pierre à sa première et à sa seconde femme : ces lettres ne devaient jamais voir le jour. C'est un mal de porter la lumière dans l'intimité des familles, mais c'est un plus grand mal encore de les laisser calomnier. J'ai voulu fortifier les bons , j'ai même cherché
1 Je L'ai également reçu des mains de M Robin , digne ami de Bernardin de Saint-Pierre.
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à éclairer les médians. Que les médians jugent donc en lisant ces lettres de la simplicité du sage et des vertus du père de famille , si toutefois ils peuvent les comprendre.
Ces diverses correspondances sont précédées d'un Supplément à l'Essai sur la -vie et les ouvrages de Bernardin de Saint-Pierre. On y verra l'histoire de sa conduite pendant les temps orageux de la révolution. Ce court épisode, suivi de l'histoire de ses relations avec Louis, Joseph et Napoléon Bonaparte, occupera long-temps la pensée de ceux qui se livrent à l'étude du cœur humain.
Enfin j'ai cru devoir répondre aux calomniateurs, et par occasion à M. Durosoir qui s'est fait leur interprète. C'est la destinée de la vertu d'être livrée aux mains des médians. Mais, faut-il l'apprendre à
IV PIŒFACE.
M. Durosoir, le métier de libelliste n'est propre à rien d'utile , à rien de bon. Qu'il vive, à ce prix j'y consens. Cependant si sa raison peut acquérir quelque maturité, il sentira combien il m'a d'obligation de l'avoir corrigé; il verra, et j'emploie ici à dessein les expressions si remarquables d'un grand critique : « Il verra qu'un li- » belliste qui ne couvre pas de talens émi- » nens ce vice, né de l'orgueil et de la » bassesse , croupit toute sa vie dans l'op- » probre; qu'on le liait sans le craindre, » qu'on le méprise sans qu'il fasse pitié , » et que toutes les portes des honnêtes » gens lui sont fermées. » ( MéL litt., u II, lettre à Laharpe, p. 4io.)
L'ESSAI SUR LA VIE ET LES OUVRACzES DE BERJNARDIN DE SAINT-PIERRE.
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Le 26 novembre 1824, je reçus la lettre suivante :
a Mon cher Aimé,
» J'apprends que M. Durosoir a fait sur » notre Bernardin de Saint-Pierre, un article » fort inconvenant pour la Biographie uni- )> verselle. Il est à propos que vous voyiez. » M. Michaux, afin de prévenir de nouvelles » calomnies contre le plus beau génie de la