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» très m'arrivent de fort loin sans être afiran- » chies '. )> Oui, mon ami, voilà le crime de Bernardin de Saint-Pierre, voilà ce qui a si vivement ému la bile de M. Durosoir, voilà ce qui lui a fait dire qu? aucun écrivain rfavait porté aussi loin T oubli de la dignité d'homme de lettres.
— En vérité , lui dis-je , je commence à croire que nous avons mal saisi le sens de cet article. L'auteur a plus de malice que vous ne pensez : et que diriez -vous, par exemple, si je vous prouvais qu'il a voulu se moquer des ennemis de Bernardin de Saint-Pierre ? En effet voyez avec quelle bonne foi il rappelle leurs mensonges , leurs calomnies , leurs contradictions ; comme il semble se plaire à les rendre ridicules et à les montrer méprisables. Je connais M. Durosoir , c'est un homme d^sprit qui a fait sa logique : or, comment voudriez-vous qu'un homme d'es-
1 Œuvres de Bernardin de Saint-Pierre, t. (> , p. a32.
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prit qui a fait sa logique eût écrit sérieusement un article dont les anmmens se réduite
sent à ceci: Bernardin de Saint-Pierre, après deux ans de sollicitations inutiles à Versailles, court demander du service en Russie ! donc c'est un libertin. Il a écrit des livres pleins des sentimens les plus sublimes , de la raison la plus saine , d'amour de la nature, de Dieu et des hommes ; donc il méprise les hommes et n'a point de religion. 11 a publié en 1793 une édition des Etudes de la Nature , avec Téloge de Louis XVI, et des vœux pour le clergé ; donc il écrivait contre le clergé et flattait les révolutionnaires. Ses ouvrages encouragent à la vertu , consolent le malheur, font aimer la solitude, adorer la Providence; donc il était insociable ', méprisable 2 , sans délicatesse3, vil flatteur 4, fou 5, brutal'
1 Biographie , t. 4o , p. 52.
7 Idem.
3 Idem, p. 54-
4 Idem, p. 62.
•"• Idem, p. 5s.