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convaincu de sa bonté; et ne faut-il pas avoir été mordu du chien enragé de la calomnie , pour se rendre coupable d'une méchanceté aussi gratuite? Je dirai à M. Durosoir : Quoi , vous ne pouvez garantir l'authenticité d'un fait déshonorant, et vous le rapportez! Quel est donc votre but? ce ne peut être de publier une vérité , puisque vous avouez que le fait est douteux ; ce ne peut être de publier même un fait douteux, puisque vous avouez que l'auteur Ta rejeté comme un mensonge; ce ne peut être enfin de confondre les calomniateurs, puisque vous laissez l'accusation sans réponse. Vous vous êtes dit : Je publierai l'imposture ; j'écrirai en haine de la vertu, qu'importe, il en restera toujours quelque chose. Oui, il restera la honte et le déshonneur qui s'attachent à celui qui n'écrit que pour nuire ! Il faut que l'abrutissement ait bien des charmes, M. Durosoir avait à choisir : comme le Caliban de Shakspeare , il se trouvait placé entre les bienfaits d'un sage et les séductions
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grossières de quelques matelots ivres ; il a fait ie même choix !
Mon ami s'arrêta ; mais voyant que je ne me hâtais pas de lui répondre : En vérité , s'écria-tii , je n'en aurai pas le démenti , et je suis curieux de savoir si vous résisterez à cette page. L'auteur a voulu peindre l'époque où Bernardin de Saint-Pierre publia le prospectus de sa belle édition de Paul et Virginie ; écoutez :
« Saint - Pierre jouissait d'un logement )> au Louvre ' , et de la pension que lui fai- » sait Joseph Bonaparte qui était de plus » de 6,000 francs a , sans compter une de » 2,000 francs qu'il recevait du gouverne- » ment 3. Saint-Pierre possédait enfin cette
1 A cette époque (i8o3), il ne jouissait pas d'un logement au Louvre, attendu que les artistes et les gens de lettres en avaient été renvoyés en 1801.
* Acette époque (i8o3), il n'avait point de pension de 6,ooo francs, attendu que Joseph ne lui fit cette pension qu'en i8o5.
* A cette époque (î 8o3), il n'avait point de pension de
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» aisance qu'il avait tant désirée '. Mais tou- )) jours habile à exploiter Je prix de ses ou- )> \rages 2 , il proposa en i8o3 une nouvelle » édition de son roman de Paul et Virginie. » Cette édition ne se fit pas moins remarquer » par la beauté de Fimpression et des gra-
'2,000 francs; il avait une gratification de 2,4oo francs dont le paiement dépendait chaque année du caprice d'un commis. On voit dans la Préface de l'édition in-4° de Paul et Virginie, que Bernardin de Saint-Pierre était sur le point de perdre cette gratification.
1 A cette époque (1 8o3), le total de son revenu montait à 4>200 francs, sur lesquels il donnait 4oo francs par an à sa sœur, et 4oo francs par an à madame Didot, mère de sa première femme. Il lui restait donc 3,4oo francs pour tenir sa maison , élever ses trois enfans, fournir aux besoins de sa femme , et assurer l'existence de sa bellemère. Voilà quel était le sort de l'auteur des Etudes de la Nature à soixante-six ans.
2 II fut en effet très-habile , car l'édition de Paul et Virginie lui coûta 3o, ooo francs et lui en rapporta 10,000. Le format n'était plus à la mode, et le prix avait été fixé trop haut, non par Bernardin de Saint-Pierre, mais par M. Didot, son imprimeur. Tout le monde sait que , malgré le mauvais succès de cette entreprise , l'auteur repoussa toutes les offres de la librairie , refusant de livrer un seul exemplaire au-dessous du prix de souscription ,