‹ Correspondance, précédée d'un supplément aux mémoires de sa vie par L. Aimé-MartinChapitre 18 sur 119 · XXXI \ REFUTATION · texte numérisé non relu

XXXI \ REFUTATION

)> vures, que parle prix très-élevé du volume,

» qui selon le caractère des ornemens allait

» depuis 172 francs ' jusqu'à 432. Le portrait

» de Fauteur devait être en tête de l'ouvrage,

» et lui-même ne dédaignait pas de recevoir

» les souscriptions en son domicile , qui était

» alors rue de Varennes, hôtel de Broglie \

» Le style de son prospectus , publié en i8o3,

» est vraiment curieux 3. On y voit, à côté de

et cela dans la crainte de diminuer la valeur des exemplaires livrés aux souscripteurs. Son édition lui resta tout entière , mais il fut fidèle à ses engagemens. Je souhaite qu'il y ait beaucoup de traits semblables dans la vie des ennemis de Bernardin de Saint-Pierre.

1 Le prix fut fixéparM. Didotà 72 francs et nonà 172. Pour dénaturer ainsi des faits connus de tout le monde , il faut professer un grand mépris pour la vérité et pour le public. Heureusement Bernardin de Saint-Pierre a consigné dans sa préface tous les détails de cette affaire.

2 II n'avait donc pas un logement au Louvre. M. Durosoir devrait, ce me semble, en achevant une page, se donner la peine d'en relire le commencement ; mais je conçois que cette tache lui paraisse un peu lourde : il est plus facile d'écrire de pareilles absurdités que de les relire.

3 M. Durosoir trouve le style de Bernardin de Saint- Pierre curieux. Je voudrais bien savoir ce que mes lcc-

REPUTATION. XXX v

» quelques phrases sentimentales , percer Fa- » vidité du trafiquant qui vante sa marchan- » dise '. Saint-Pierre eut alors Phonneur fort » envié de présenter son ouvrage à Napoléon » au mois de février \ Buonaparte, touché du )» mérite de cette charmante production , ne » voyait jamais Fauteur sans lui dire : Ber- » nardin , quand nous donnerez - vous des » Paul et Virginie ? Vous devriez nous en four- » nir tous les six mois 3. »

teurs pensent du sien. C'est pour les mettre à même d'en juger que je cite ici sa plus belle page.

' Que M. Durosoir confonde l'expression de la reconnaissance avec l'avidité d'un trafiquant, rien de plus simple , c'est sa pensée, ce sont ses sentimens; mais qu'il haïsse tout ce qui porte l'empreinte du génie au point de ne pouvoir entendre l'éloge des admirables dessins de Girodet, de Gérard , de Prudbon , de Lafitte , etc., voilà ce qui me confond. Quel intérêt peut-il avoir à cela !

2 L'exemplaire fut envoyé à M. Maret qui devait l'offrir à l'Empereur; mais l'Empereur fit écrire à Bernardin de Saint-Pierre qu'il voulait recevoir le livre de sa main. L'audience fut donc offerte par Buonaparte et non sollicitée par l'auteur, comme veut le faire entendre M. Durosoir. Nous avons sous les yeux la lettre de M. Maret.

3 Que cela est délicat ! que cela est bien dit ! c'est

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