‹ Correspondance, précédée d'un supplément aux mémoires de sa vie par L. Aimé-MartinChapitre 29 sur 119 · C APOLOGIE · texte numérisé non relu

C APOLOGIE

minez si elle blesse les lois de la nature : on ne peut blesser ces lois sans outrager l'humanité, et cet outrage porte avec lui sa peine. Ainsi là où Ton renferme les femmes , il faut mutiler les hommes , là où un prêtre se voue au célibat, il faut qu'une femme se fasse religieuse; et cela devait être, car si Ton considère le genre humain dans son ensemble, on voit que les deux sexes y naissent en nombre égal. Les lois de la nature ne sont donc que les lois de la morale universelle : en vain nos législateurs les renversent pour satisfaire leurs passions, le grand législateur des mondes les rétablit pour satisfaire sa justice. Il attache à leur infraction Favilissement des individus et le malheur des peuples.

C'est ainsi que Bernardin de Saint-Pierre nous montre tous les hommes enchaînés par les lois de la morale, comme il nous avait montré tous les peuples unis par les biens naturels. Différent en cela de Montesquieu qui attribue à l'influence du climat l'origine de

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