XVJ REFUTATION
«assertions mensongères peuvent devenir des vérités historiques , si vous gardez le silence ! — N^en croyez rien , mon ami ; de pareilles infamies ne tromperont personne. Il faudrait être aussi méchant que le calomniateur pour le croire. Qu'il remplisse donc sa mission I Les censures des esprits médiocres contre les hommes supérieurs sont comme les murmures des sophistes contre la Providence ; elles attestent la grandeur de ce qu^ls blâment. — Quoi ! vous laisserez publier sans réclamation qu'à Malte Bernardin de Saint-Pierre devint fou ' ; qu'en Hollande il abandonna, par caprice, un emploi qui lui rapportait des émolumens considérables 2 ; qu'en Russie il se montra peu délicat envers ses amis 3, et ingrat envers ses
1 Biographie , tome 4o , p. 65.
2 II n'eut jamais d'emploi en Hollande; on lui offrit une place de journaliste , et il la refusa. Ces détails sont imprimés : pourquoi ne pas être au moins copiste fidèle.
3 II eut plusieurs protecteurs en Russie , et un seul ami } M. Duval. Cet ami fut assez heureux pour l'obliger, et la reconnaissance de Bernardin de Saint-Pierre a duré
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chefs ' ; qu'eu Pologne il vécut publiquement avec une princesse 2 ; que , trahi dans ses amours, il emprunta 2000 francs au prince d'Hennin 3, et courut en Saxe chercher des plaisirs licencieux dans les bras d'une courtisane4; qu'à l'Iie-de-France il donna l'exemple de la cruauté envers ses esclaves 5; qu'aucun
autant que sa vie ; elle est exprimée dans ses premiers et dans ses derniers ouvrages. Est-ce^i ce que M. Durosoir appelle manquer de délicatesse?
1 II abandonna le service de la Russie parce qu'on avait fait une injustice à son chef, M. de Villebois. Estce là ce que M. Durosoir appelle de l'ingratitude?
2 II ne vécut pas publiquement avec une princesse. Voyez l'Essai sur la Vie, p. i58, etc.
3 J'avais dit que M. Hennin, résident de France en Pologne , avait ouvert sa bourse à Bernardin de Saint- Pierre. M. Durosoir change tout cela , il donne une principauté à M. Hennin. Il faut que ce biographe aime bien Terreur puisqu'il ment, même sans intérêt.
4 II ne courut point en Saxe chercher des plaisirs licencieux dans les bras d'une courtisane. Voyez l'Essai sur la Vie de Bernardin de Saint-Pierre, p. 188, et jugez de la bonne loi du libelliste , même quand il copie.
5 Bernardin de Saint-Pierre , dans sa course autour de Plle-de-France , chargea un esclave d'un fardeau de quatre-vingts livres. Cet esclave, suivant M. Durosoir,