Correspondance; publiée sur les manuscrits originaux
Voilà plus de deux mois que je vous ai envoyé, avec une lettre cordiale, quelques vers pour un Parnasse, vous priant de m'accuser réception. Rien depuis. C'est mal.
Je suis ici en vacances. Je crois devoir repartir bientôt, dans une quinzaine, au plus, — ■ au plus — pour mon village d'Outre-Manche.
Seriez-vous assez aimable pour m'instruira du sort de mes vers apud ce Merre (1) ?
Et de vos nouvelles, et de celles des amis, — et mille amitiés de votre
P. Verlaine.
Chez M. Orbant, 2, impasse d'Elbronne, rue d'Amiens^ Arras. Pas-de-Calais.
P.-S. : Je vous prie, discrétion sur toutes mes adresses. — Des sangsues!!! Compliments aux amis.
* Papier vergé, encre noire, 2 fï., recto du 1^'. La suscription porte : M, Léon Petitdidier^ 15, rue de Douai. Paris. {\) L'éditeur Alphonse Lemerre.
Stickney, 20 septembre [18]75 *.
Mon cher ami,
Summoned (1) ici pour le 13 c*, votre lettre m'a été envoyée d'Arras, et je viens vous en remercier de cœur.
Merci des bons efforts en faveur des mauvais vers. Puisqu'avez tant fait que de commencer, battez le « frère pendant qu'il est chauve ». Que diable ! mes vers n'ont jamais fusillé personne, pour que le Komité des grâces leur en veuille tant. Et remerci d'avance I
Ici, vie comme ai décrite, dans mon avant-dernière. Sobriété, « sagesse », travail, — et contentement.
Quelques vers par-ci par-là. Vais me mettre à mes trois volumes. Ci-joint un sonnet. Si jugez bon, joignez au petit paquet parnassien.
Soyez assez gentils, vous et Valade, pour m'écrire un peu, maintenant que voici mon adresse : {Beware of the « leeches !! (2) » M. P. Verlaine, ai M. W. Andrew's Stickney Grammar-School, near Boston, Lin colnshire, England.
Ci-joint encore un extrait d'un assez vieux journal : The Academy.
* Papier vergé « Ivory », encre noire, 2 fl., recto et verso. Le sonnet figure au recto du second f.
(1) Mandé.
(2) « Se garer des « sangsues ! ! «
A ce propos, j'ai entendu dire beaucoup de bien du volume de M. Bourgot, La Vie inquiète (1), et suis désireux de le lire. Si possible, communiquez mon désir à M. Bourget (que je no connais pas), et qu'il soit assez aimable pour vous remettre un exemplaire que m'enverriez.
Et si voyez Mercier, qu'il serait donc gentil de m'envoyer (avec de ses nouvelles, car donnez adresse avec la recommandation ci-dessus) le 1®' n° de la Revue du Monde Nouveau (2), celui de la « Pénultième ».
Pour être un ours, on n'en est pas moins homme et vrai, je serai bien heureux de vos lettres, nouvelles, cancans, etc.
Amitiés à tous, particulièrement à V indolente {sic) Valadc.
Cordiale poignée de main,
Et quoi de Lepelleticr, vous prie ?
P. -S. : Une autre fois, vous enverrai toutes les corrections à opérer sur ces malheureuses Romances sans paroles. En attendant, corrigez ainsi le tout-àfait dernier vers :
(1) La Vie inquiète .Au bord de la Mer. Jeanne de Couriisob. Georges Ancelys. La Vie inquiète, poésies. Paris, A. Lemerre, 1875, in-18.
(2) Revue littéraire, artistique et scientifique, fondée en février 1874, dont le poète Charles Gros était le rédacteur en chef.
Elle reprit sa route et portait...
au lieu de : en portant (1).