POST-SCRIPTUM
Tout bien réfléchi, je ne dois pas écrire à Darzens, et ces gamineries ne m'atteignent pas : Parallèlement et Bonheur ouvriront les yeux à ceux qui seront dignes de voir.
Sur ce mot modeste, je vous engage à bien méditer, touchant ma très humble et très modeste proposition de quelque argent qui me permettra de ressusciter, quand il en est juste temps, sous la forme d'un monsieur vraisemblable et qu'on n'insultera pas, et qui gardera toute prudence, digne toutefois.
Aussi bien dès sorti un peu fade, chez Lepelletier, d'où rayonner vers Mendès, Silvestre, sans compter mes 45 francs DE RENTE qui vont m'arriver et que [vais] mettre décote. — ^ Tâcherai tirer « yauque » (quelqu' chose) de ce Dujardin qui, m'a dit Ghil, vu hier, sait très bien jouer du juge de paix vis-à-vis de ses débiteurs. Mes deux nouvelles et les sept ou huit Mémoires d^un Veuf inédits, me vaudront bien aussi quelque pépète, — sans parler de mes actuels travaux. Donc, réponse et à jeudi.
* 2 fî. papier à lettre, quadrille blanc, encre noire, recto et verso des 2 S.
MèlPCredi, le 9 novembre 1887 *.
Mon cher Vanier,
Vous aurez, je suppose, médité sur, et, j'espère, fait fructifier au moins quelque peu ma lettre d'hier. Et je vous attends demain /eudi, pour sûr, avec de bonnes assurances et, s'il se peut, des « papiers »pour réfléchir dessus.
Lu l'article, au moins poli, de La Reçue noui>elle. Je voudrais bien pourtant qu'il fût connu que je ne suis pas un buveur d'absinthe, non plus qu'un pessimiste, et que je n'ai pas eu que des çelléités de « mysticisme ! ! ! 1 ! mais un homme, au fond très digne, réduit à la misère par un excès de délicatesse, un homme avec des faiblesses et trop de bonhomie, mais de tout point gentleman et hidalgo. Faudra trouver quelqu'un qui écrive çà. Dame, puisqu'on imprime bien le contraire qui est faux ! Le contraire, j'entends « manque de dignité », car celui qui m'attaquerait pour l'argent, par exemple aurait affaire à moi. Quant aux choses de C.œur, çà m'est égal.
Mettre bien en ordre mes proses inédites qui vont me servir. Quoi du livre de Morice et d^ Amour ? C'est ces deux là qui sont importants, ainsi que quelques biographies, Hérédia, France, Lafenestre, Baju, avec des retouches, après. Bon qu'il y eût, en
* 1 f. papier quadrillé, encre noire, recto et verso.
LBTTRBS A LÉON VANIER 111
présence dos hosfilitYî» extérieures, un armistice civil ou civique, entre poètes, pour le moment.
A demain donc. Je vais corriger les épreuves des Maudits, — en no modifiant qu'une phrase mal en ordre dans le Mallarmé, autrefois à moi signalée par le pauvre R. Caze (1 ).
Et quoi aussi de d'Esparbès et de son manuscrit de Corbière ?
Bien à vous, et à demain jeudi,
Devriez m'apporter, avec un nouveau livre de lecture, le manuscrit des seconds Maudits, où changements importants à ajouter, si j'ose m'exprimer ainsi. Je vous rendrai le Concourt et vous rendrais le Parnasse Belge pour acheter un chapeau mou.
Ne sais que leur écrire à ces jeunes gens... me donnerez conseil.