CCLXXXVII
Samedi, 20 juin 1891 **.
Mon cher Vanier,
Vous connaissez mes ennuis financiers. Votre intérêt, comme le mien, est de nous bien entendre,
* 1 demi f. papier à lettre vergé blanc, encre noire, recto. Billet flans nom de destinataire.
** 2 ff. papier à lettre vergé blanc, encre noire, recto du 1" f.
178 CORRESPONDANCE DE >AtJL VERLAINE
sans ruse ni feinte, comme dirait le bon Moréas, et Je viens vous parler en toute bonne foi, j'allais dire en toute amitié, si nous n'étions, vous éditeur, moi auteur.
Or, voici. Vous avouerez que vous me devez, quelques exemplaires de quelques publications. « En outre », votre nouvelle édition des Fêtes Galantes (1891), nous n'en avons pas parlé. — • Ci... fr. 125 + 25 exemplaires de passe.
Je vous propose : Mes Souvenirs de la Commune, en train de publication au Chat Noir (1). Quant à Mes Prisons, çà viendra en son temps, comme les Chansons pour elles.
Bref, si je ne puis me rendre chez vous lundi matin, une toute petite femme y irait, munie d'un mot. Si non, éorivez-moi sérieusement et sans ah, ah 1 dès le matin, 11 heures.
Votre P. Verlaine.
18, rue Descartes.
Un jeune homme très charmant qui peut nous être utile, M. Em. Clar, 47, rue Poncelet, Paris- Ternes, voudrait avoir Les Uns et les Autres, avec dédicace. « Pourreriez » — vous en réserver un exemplaire (2) ?
(1) 20 juin 1891 (Œ. Poath., II, p. 165).
(2) Cette comédie, représentée quelques semaines plus tôt — le 21 mai — au Théâtre d'Art, Tenait alors d« paraître en une
mince plaquette, chez Vanier.
LKTTREI A LltON VANIER 170
CCLXXXVni
Le 8 juillet 1891 *.
Mon cher Vanier,
Devant me présenter chez quelqu'un de très haut parage, qui doit me rendre un très grand service et n'ayant littéralement rien de sortable à me mettre sur le dos, de plus me trouvant sans ressources d'aucune sorte et désespérant d'en avoir immédiatement, sinon par vous, et, me trouvant trop faible et trop souffrant pour aller chez vous aujourd'hui, je prie Gazais de bien vouloir toucher pour moi le plus d'argent qu'il vous sera possible sur mon dernier manuscrit.
Remerciements anticipés et tout à vous.
Paul Verlaine.
18, rue Descartes, chambre 36.