PRESSÉ, TRÈS PRESSÉ
Faites donc moi tenir plusieurs exemplaires d'' Hôpitaux, ^OMT donner. Vous me feriez une petite liste, je dédierais, et le commis remporterait aux lins d'expédition, sauf un pour Triolletet un pour portier d'ici, personnage important qui m'a demandé. Directeur, aux anges I
Quant aux Dédicaces, un monsieur très jurisprudent et très qualifié se charge d'en arracher non pas la possession (pas de traité !), mais le manuscrit à Savine(l). D'ailleurs, le manuscrit complet, avec addition d'une vingtaine de pièces inédites (2), sera des plus faciles à reconstituer. Avez-vous tout d'abord Ls Chat Noir de ces derniers temps ? Puis les dédicataires de ces nouveaux « chefs-d'œuvre » sont là... pour un coup, n. de D. !
Je commence Mes Prisons, concurremment à Notes sur V Hôpital et à la reprise de : Au Quartier.
Odes en son Honneur (rien de Moréas) marchent. C'est à peu près le ton de Chansons pour Elle, mais plus haut et plus noble, si j'ose, etc.
Je vais me mettre enfin à Louis XVII.
Quand verrez Cazals, dont j'ignore le n® de rue (Mondétour), dites-lui de venir me voir, mais qu'il s'abstienne de m'amener petits jeunes gens anarchistes ou embêtants, ni femmes.
(1) Voyex la correspondance avec ce dernier.
(2) Non pas une vingtaine, mais soixante-neuf poèmes nouveaux, dont un certain nombre, nous le verrons plus loin, p. 207, parurent au Chat Noir, en 1890-1891.
LfiTTnRi A LÉON VANIRR 183
Au premier jour, venez avec tout ce qu'il y a iV Invcctwes. J'ai envie de faire ce volume gros, trèt 'los. LonRuos pièces vont avoir lieu. Odeê en »on Honneur seront de la dimension do Chanson» pour Elle.
Mille cordialités,
[Hdp. Broussais].
CGXGIII
15 novembre [1891] *.
L'adresse, if you please, de Francis Poictevin (c'est bien Francis ?). Je crois que c'est rue de Ponthieu, 54, mais je préfère être sûr. Envie, moi, de faire sa biographie (Est-elle déjà faite, par malheur ?)
N'est-ce pas ? Ecrivez, ou venez, ou envoyez. Vous voyez que je travaille. — D'autre part, j'intrigaille à droite et à gauche. Et j'ai l'intention, quand sorti (quand ?), de mener — à deux — une vie solitaire et toute de travail, loin, surtout des jeunes, sauf le Gazais traditionnel, que j'aime bien, mais sans sa séquelle autour. Avez-vous vu, dans La Jeune Belgique, un creintcment des Amours jaunes ? (Entre parenthèses, je travaille à des Jnvectives anti-belges, russes et suédoises qui ne seront pas dans un sac).
* Fragment papier blanc, quadrillé, encre noire, recto et verso. Billet Bans aucun nom de destinataire.
Je résume. Envoyez au plus tôt l'article à Tailhade (1).
Me donner l'adresse de Poictevin ?
Et, n'est-ce pas, me faire tenir une dizaine d'exemplaires, avec liste vôtre ? Et quelques portraits détachés, si possible.
Venez me voir bientôt. Causerons sérieux. Apportez Ini>ectif^es.
CGXCIV
Jeudi, 19 novembre 1891 *.
Mon cher Vanier,
Pas encore de vers. Me repose un peu, revois les vieux (j'entends ceux qu'avez déjà de mes deux bouquins en train). Mais, il y en a d' Im^ectwes dont je n'ai pas de double. En outre, je désirerais savoir le nombre exact de vers déjà en votre possession et classer déjà provisoirement. C'est pourquoi — sans compter le plaisir de votre visite, • — flattons I — je désirerais bien vous voir le plus tôt possible.
Apporteriez Le Temps de vendredi soir dernier, où France sur Mes Hôpitaux (2) et Le Figaro, où question de vous et de moi par Alexis [2 nov.].
(1) Au pays du Mufle. Cet article de Verlaine a été recueilli dans les Œuvres Posthumes, 1, p. 302.
* 1 f. papier d'hôpital, plié en deux, encre noire, recto et verso du 1" f., recto du 2^.
(2) N" du 15 novembre 1891. Le même article a reparu peu après, dans VEcho de la Semaine.
LETTRES A LéON VANIER 185
Long article sur moi dans la Nouvelle Revue, par Alfred Ernst. — Article dans En dehors, Bonne presse, meilleure que journées.
Que pensez-vous de ce que je vous écrivais, à propos de Rimbaud et d'une préface ?... Genonceaux (1) saisi et poursuivi par la justice, spontanément cette fois, en fuite, pour publication d'un roman « immoral ». (A propos, si voyez journal payant disposé à imprimer mon Invective à Ponchon (2) donnez-la lui).
Le monsieur très jurisprudent m'a écrit. Lui ai envoyé tous documents contre Savine, à propos de mes deux manuscrits chez ce c... (pas d'autre mot sous la main) (3). Ira sans doute voir chez vous les traités avec Savine que vous ai, — n'est-ce pas? confiés : deux en un, si ma mémoire bonne. Dès l'affaire finie, réglerons et ferons traités en retard. Et celui sur Dédicaces.
A très bientôt donc, et tout à vous.
P. Verlaine.
J'ai une Conque (4) à votre disposition. L'adresse
(1) Le premier éditeur des poèmes de Rimbaud. C'est, en effet, chez celui-ci que venait de paraître, avec une préface de R. Darzens, ce recueil du poète ardenuais : Lt Reliquaire, vers et prose (Paris, 1891, in-12).
(2) Œuvres CompL, III, p. 399.
(3) Voyez dans Le Centre artistique et liUéraire (janvier 1921), deux lettres de Verlaine à un avocat de ses amis, touchant le projet de publication chez Albert Savine de Histoires comme ça et de Dédicaces.
(4) La Conque^ revue littéraire, 1891-1892, Verlaine y avait
de cette publication ? Et celle de Poictevin ? N'est-ce pas 54, rue de Ponthieu ? Venez n'importe quel jour. On vous laissera passer.
CGXGV Dimanche, [commencement de décembre 1891]. *. Mon cher Vanier,
Apportez-moi donc, entre autres choses (vous allez voir que je vous demande bien, bien des choses), le livre de M. Gidel, pour rectifications, s'il y a lieu(l).
Vicaire qui veut faire, dans là Revue Encyclopédique, un LONG article sur moi, voudrait bien que vous lui envoyiez Louise Leclercq, Mes Hôpitaux et Chansons pour Elle. Son adresse : 26, rue Denfert- Rochereau.
Devez avoir, à moi, chez vous, un livre de Tennyson, In memoriam, et un dictionnaire anglais (non anglo-français). Vous serai reconnaissant d'apporter. Besoin pour finir traduction. — ■ demandée par revue PAYANTE (!)
Envie d'écrire à Flammarion (est-ce lui qui s'occupe d'édition ?) pour un bouquin d*Essais. (Biofait paraître dana la septième livraisoii (sept. 1891) un poèmo destiné à Chansons pour Elle (Cf. Œ. C.^ 11^ x).
* Fragment papier d'hôpital pHé en deux, encre noire, recto et verso du 1" f., verso du 2* f. S, d. Le paragraphe concernant le poète Gabriel Vicaire est écrit en travers de la page.
(1) Histoire de la littérature française [de 1815 ^ nos /ours). Deuxième partie. Paris, Lemerre, 1891, petit in-18. Cet ouvrage contenait une critique dépourvue de Justesse et de bienveillance.
LETTRE! A LéON VANIBR 187
graphies, préfaces, articles, luttres, etc.)» puisque vous xuo laissez libre, quant à mus proses. Dites-moi bi vous voulez, et j'écris. Aulrcuent, si vous préférez pour vous, combien ? counais qu'çù, moi 1
N'est-ce pas Le Figaro, où Alexis, et l'autre journal où « d'Arzens » parlent do vous et do moi ? tt Faisez » moi voir, scrongnieuguicu !
Triollet me demande (vous savez qu*il m'est important), deux Chansons pour Elle, et un Hôpitaux, dont il a le placement très bien. 11 ira un jour chez vous, peut-être demain et prendrait çà qu'il me ferait signer ensuite pour les types. Voilà ma commission faite et je vous la recommande chaudement.
Ah 1 — Je n'ai pas de traité avec Savine, quant à « Dédicaces », nul traité (1). Donc les prenez-vous, vite ? Il y aura au moins 20 sonnets nouveaux et une préface. Quand voudrez, me mettrai à ranger tout çà : l'histoire d'un jour. (Avez-vous la collection du Chat Noir de l'année dernière ?)
[7 déc. 1891] *.
Mon cher Vanier,
Venez donc ! ou écrivez. Cette préface pour Rimbaud ? (mort, dit-on). Cette lettre à Flammarion,
(1) Verlaine avait projeté, en effet, dans le courant de mars 1890, une nouvelle édition de ce livre chez L. Savine. Il y eut des pourparlers, des avances sollicitées^ mais l'affaire n'eut pas de suite. Voyez les lettres précédentes.
* Carte postale jaune, encre noire. Au recto : M. Lion Vanter, Libraire Editeur, 19^ Quai Sainl-MichU. E. V.
pour volume ea prose ? Cet exemplaire des Illuminations ? Enfin, cette mise en ordre provisoire de ce qu'il y a d^Invectii^es ?
« Dédicas » ? Nul Savine à redouter. Pas de traité. 20 sonnets nouveaux.
Je voudrais aussi gagner un peu.
Besoin ! Presse de meilleure en meilleure. J'abats des Odes (1) et des Invectives, très bien, innombrablement. Enfin, je travaille et tout travail mérite...
Venez et bien à vous,
Apportez une Chanson pour Elle, pour donner à Bruant qui vient de m'envoyer son livre (2).
Mardi, 8 décembre 1891 *.
Mon cher Vanier,
Reçu votre lettre. Vais me mettre à la préface, à loisir.
Reçu aussi lettre, dont copie ci-jointe de Savine. Je ne pense pas que je doive rien répondre. Si, toutefois, vous le croyez nécessaire, écrivez-moi ou ditesmoi tout de suite la teneur.
(1) Il s'agit ici de pièces destinées au recueil intitulé par la suite : Odes en son honneur.
(2) Dans la Rue. Paris, A. Bruant, auteur-éditeur., s. d., in-18.
* Fragment papier d'hôpital, plié en deux, encre noire,recto du 1" f.
LBTTnSS A LÉON VANIER 189
Reçu encore confirmation, par lo cousin do M. Charles Vesseron (mort aussi, il y a quelques mois !) (le In mort de Rimbaud et do son inhumation à Chnrlcviilc, en novembre dernier (1).
Enfin, — c'est le jour des réceptions do lettres, — avez dû avoir la niienno d'hier soir, que je confirme et n*avais-jo pas raison, voyons ?
Ci-joint deux pièces d' Invectives. Ci 10 francs que prière d'envoyer par mandat, ou d'apporter le plus tôt possible, surtout ! J'espère que çà va de mieux eu mieux chez vous et vous serre la main.
P. Verlaine.
Bruant fade. — Pour préface, la biographie de Rimbaud, s. v. p.