‹ Correspondance; publiée sur les manuscrits originauxChapitre 27 sur 44 · CCCXXIII · texte numérisé non relu

CCCXXIII

Le 14 janvier 1893, 2 heures du matin *.

Mon cher Vanier,

La nuit porte conseil. Et je vous envoie ceci par le fils du concierge de l'hôpital. Ceci, c'est le complément du volume de 450 vers : Dans les Limbes, qui clora la série de mes petits vers : Chansons, Odes, Elégies. Je crois Dans les Limbes le meilleur, de beaucoup. Nous réglerons quand voudrez (1). En attendant, je vous renouvelle ma demande d'un louis. Philomène est une bonne fille que j'aime beaucoup, beaucoup, mais c'est un panier percé, je dois veiller au grain et préfère encaisser plus directement. Donc, envoyez-moi quelques sous, je veux dire un louis

* 1 f. de cahier, papier blanc, quadrillé, encre noire, recto, nombreuses ratures et surcharges.

(1) Le règlement se fit au cours du mois de janvier, sur la base de 85 francs, pour un total de dix-sept poèmes contenus dans le recueil.

LBTTRB8 A LÉON VANIER 221

immédiat pour moi, que vous remettrez à M. Letellicr fils (le porteur de ceci). Je dois quelque 15 francs à son père et j'ai besoin d'un peu de monnaie jusqu'à mon prochain départ. Toutefois, avant ce départ, je veux finir mon opuscule (100 pages environ) : Quinze jours en Hollande, que je vous cède donc. — A ma sortie, je vous serai obligé d'une plus grosse somme, ô pas des millions ! pour attendre les fonds belges.

C'est convenu. Remettez çà à ce jeune homme et venez lundi de 1 à 4, chercher Mes Prisons dûment complétées.

J'espère que vous me trouverez gentil d'ainsi travailler, sans compter que j'ai enfin commencé Vive le Roi ! drame en vers, en 3 tableaux (Louis XVII).

A vous et à lundi.

P. Verlaine.

22 février 1893 *.

Mon cher Vanier,

Voudriez-vous renvoyer àLondres ces épreuves, pour un article à paraître dans le Fortnightly Review ? (1) Le plus tôt possible, n'est-ce pas ?

Et venez donc me voir.

Votre P. Verlaine.

187, rue Saint- Jacques.

* 2 fî, papier à lettre, vergé blanc, encre noire, recto du 1^^ f.

(1) Peut-être s'agit-il des notes de Verlaine sur ses divers séjours en Angleterre : Notes on England Myself as a French master, publiées dans Fortnightly Review, en juillet 1894 ?

Chatleroi, le 25 février 1893, *.

Mon cher Vanier,

J'arrive en bon pott (1). J'apprends que M. Désirée m'a envoyé ce matin 50 francs, que vous avez dû recevoir et que M. Maus (2) vous aurait également écrit de me faire une ilouvelle avance de ifonds. Gardez cet argent pour moh retour et croyez moi,

Votre tout dévoué,

P. Verlaine.

Si avez à m'écrire, faites-le poste restante^ bureau central Bruxelles.

* Carte postale belge, jaune/encre noire ; au recto : M. Léon Vanier t éditeur ^ 19, Quai Saint-Michel, Paris, France.

(1) Allusion à une série de huit conférences faites par le poète, sur son œuvre et le lyrisme français, à l'instigation d'un groupe d'écrivains belges. Le récit détaillé de ce coUrt voyage nous a été conservé dans les Œuvres posthumes^ ainsi que le texte de ces causeries. Voyez : Onze jours en Belgique (I, p. 171) et Notes sur la Poésie contemporaine, fragm. de Conférences faites à Bruxelles et à Charleroi (n, 367). Verlaine dut quitter Paris le 24 février ; il rentra dans les preniierë jours de mars, exactement à l'époque de la mi-carême. On trouvera dans sa correspondance avec Eugénie Krantz, de curieux détails sur le derhieî" séjour qu'il fit alors en Belgique.

(2) Lettres de M. Octavo-Maus, directeur de VArt moderne, à M. L. Vanier,, 23 et 25 février 1 893.

LËTTAES A LÉON VANIËA 223

Bruxelles, 3 mars 1893 *.

Mon cher Vunier,

Reçu avant-hibr votre carte dont merci.

Allez recevoir deux belles affiches, dont une à remettre à M"e Krantz.

Les Conférences vont très bien (1). Encore 5 à donner et jeudi ou vendredi je « reserai » à Paris.

Et tout à vous. Communiquez les nouvelles, avec compliments à Chacornac.

Votre

P. Verlaine.

Recevrez journaux d'un peu partout.

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