‹ Correspondance; publiée sur les manuscrits originauxChapitre 32 sur 44 · CCCXXXVII · texte numérisé non relu

CCCXXXVII

Le 9 août 1893 **.

Mon cher Vanier,

Voici de très beaux vers qui méritent bien double paye (1). Double paye ou non, veuillez remettre à Mil® Philomène la somme.

Venez donc me voir. J'ai à vous parler sérieuse-

* 1 demi f. papier blanc, encre noire, écriture tremblée, recto.

** Fragment papier blanc, encre noire diluée, écriture très négligée, recto.

(1) Sans doute Ex Imo, important poème composé à l'Hôpital Broussais, le 3 ou le 8 août, et inséré par la suite au Supplément du Figaro (12 août) ainsi que dans La Lorraine Artiste (12 nov.) et les Œuvres Posthumes (I, p. 29).

230 CORREgPONpANCE PE PAUL VERLAINE

ment, au sujet d'un petit volume innocent, pour le jour de l'an.

A vous, P. V.

cccxxxyiii

Le 22 août 1893 *.

Je m'ennuie de ne pas vpus voir et causer avec vous de la réimpression des Fêtes Galantes. Aussi d'une modification « heureuse » pour Histoires comme çà. Je bâtis trois Contes innocents qu'aurez et qui remplaceraient deux choses trop fortes. Soyons pudiques.

Voici deux sonnets, l'un royal, l'autre espagnol (1). Donnez-en 10 francs à Philomène que j'autorise.

Le « Choléra » (2) a encore congé par huissier de son nouveau logement. (Rien de moi).

A vous et à bientôt donc.

P. Verlaine.

CCCXXXÏX

28 août 1893 **.

Mon cher Vanier, J'ai besoin de 10 francs, sérieusement. Taurais

* Petit fragment, papier bulle, au crayon, recto.

(1) A Léopold II ; Gabriel de Yturry. (Cf. Œ C, III, Dédicaces, 197 et 200). Reçu du 23 août.

(2) Eugénie Krantz, avec laquelle Verlaine s'était récemment brouillé.

*• Grand fragment papier bulle, encre noire, recto.

ç>nulu vous l'Aur.i u de icttc rrimprcssion 'ju'il mr; sciuhlo naturel ([w vous mo payiez, puisqu»^ rnal^rA lo nombre de Fêtes Galantes quo peut contenir le livre de Charpentier (1), celui-ci vous indemnise, et c'est çà, plus que probablement, qui le décide à ne plus tirer, de sorte que sous peu vous n'aurez plus cette « concurrence » à craindre. De plus, il m'est dft quelques exemplaires, je crois. Mais, taisons ces questions pour le moment et parlons présent.

Vous avez eu un sonnet et je crois, la grande pièce du Figaro que vous n'avez pas payée, si minimement que ce soit.

Le présent sonnet fait trois pièces, sans en compter peut-être d'autres, non payées par vous. En vous demandant 10 francs, que vous remettrez à la bonne Philomènc, je suis plus qi;e gentil.

Ce sonnet, je voudrais que vous le fassiez parvenir à Scholl(2) (pas h L*Echo), dont vous devez savoir l'adresse.

Je suis très faible. Excusez de n'en pas dire plus long. Mais venez donc me voir, sapristi. Je vais mieux, mais toujours au lit... et au bistouri. A vous,

P. Verlaine.

[Hôp. Broussais].

(1) Choix de poésies, avec un portrait d'après E. Carrière* Paris, 1891, in-18.

(2) Un poème, consacré à Aurclien SchoU, accompagnait l'envoi. On le trouve daté, comme 'a présente lettre, dans les Œ. C, III, p. 201.

- Le 1er septembre 1893 *.

Prière de m'envoyer quelques exemplaires du numéro Picard. L'adresse de celui-ci, à qui je vous serais obligé d'envoyer quelques exemplaires : son adresse, avenue de la Toison d'or, Bruxelles.

Réglez, je vous prie, les 5 francs en retard et ceux-ci (1).

A vous. Venez me voir. Choses à vous dire. Et les Dédicaces, sur papier d'hôpital ?

Le 12 septembre [18]93 **.

Mon cher Vanier,

Voulez-vous régler V Assomption (2) et la Prière (3) entre les mains de Philomène que j'autorise.

J'ai encore une nouvelle faite. Venez donc voir ça, ici, sacrédié I causerons sérieusement.

Tout à vous,

P. Verlaine.

* Billet non signe, grand fragment papier bulle, encre noire, recto.

(1) C'est-à-dire le montant d'un petit poème de Dédicaces : Sonnet à l'Aimé (Cf. Œ. C, III, 198).

** Billet (15 X 9 1/2), papier blanc, mince, encre très p&le, recto.

(2) Assomption (Cf. Œuvres Posth.^ Varia, l, 83).

(3) Prière (Ibid., I, 84).

Le 23 septembre 1893 *.

Mon cher ami,

Si Parallèlement n'est pas sous presse, je vous prie, attendez de m'avoir vu : il y a d'autres pièces à rajouter, et des plus topiques (1).

Apportez moi aussi, si l'avez, mon dictionnaire anglais, le gros, tout en anglais.

Enfin, venez voir votre,

CCCXLIII

Le 29 septembre 1893 **.

Mon cher Vanier,

Le voilà donc connu, ce secret plein d'horreur I J'ai mis deux jours à me procurer U Etudiant qui

contient des vers de moi qui, paraît-il, vous ont

fâché (2).

• Un tout petit fragment, papier d'hôpital, encre noire, recto. Au verso : Monsieur Léon Vanier.

(1) Il s'agit ici d'une seconde édition qui parut en novembre 1893, augmentée de deux pièces nouvelles : Sur une statue de Ganymède ; Prologue aboli d'un Uire d'Invectives.

** 1 demi f. papier d'hôpital, encre noire, recto.

(2) A mon Editeur, II, Richesse (Cf. Œ. C, III, Dédicaces, p. 145). Cette pièce assez caustique avait paru dans L' Etudiant à la fin de septembre.

Mais vous les connaissiez et ne vous en souvenez donc plus ! A preuve que i>ous les avez^ que je vous les ai donnés, ou qu'on vous les a portés.

Puis, ils sont tout à fait en rigolade (1) et tout amicaux, relisez-les.

Maintenant qui les a portés à L'Etudiant ? Il paraît que c'est « Bibi » qui voils a montré leâ deux sonnets ; il est très bien avec la toquée dé la rue des Fosâés Saint-Jacques (2) iet, celle-ci, vdUlant nous brouiller, (vous savez si elle est mauvaise)» les (3) aura envoyés à Sorg, q\xe je gronderai, ne fût-ce que pour les coquilles !

Venez donc me voir et croyez-moi bien vôtre,

P. Verlaine.

[Fin Septembre 1893] *.

Mon cher Vanier,

Vous avez dû lire mon inofîensive lettre d'hier. En voici une presque aussi gentille. A savoir quatre superbes poésies pour Varia (4) : vous en donnerez

(1) Cette expression argotique, écrite au crayon, surcharge le mot : plaisants, raturé.

(2) Lisez : Eugénie Krantz. Elle habitait alors rue des Fossés Saint- Jacques.

(3) « En aura envoyé un double [Note eh surcharge, au crapon) * 1 dômi f. J>aj>ict' blatic, encre iloirc, recto.

(4) Cf. Œuvres Posthumes^ IiPP- 17-118. Un grand nombre de

LETTRES A LÀON VÀNiBR 235

un prix quelconque à Philomèno (car quelle purée !) D'autant plus, ce, volontiers que, le 1^' octobre, Blok me fadera, comme c*est écrit dans une lettre qu'on va vous montrer. Et que je vais vous laisser tranquille...

10 francs ? Hein ? ù Votre p'tit

PoPAUL Verlaine.

Lo 6 octobre 1893 *.

Voici de l'inédit que vous voudrez bien régler. La Hollande est un peu en retard, mais ce ne sera pas long. J'ai toujours un livre de prose : biographies, articles : En voulez-vous ? ou me laissez-vous libre ?

Avez-vous vu La Bonne Chanson (10 vers, au Figaro, supplément), avec musique de Hahn ? Où croyez-vous qu'il faille me faire payer, au journal, ou chez l'éditeut* de musique ?

A vous cordialement.

P. Verlaine.

poèmes contenus dans cette série, ont été écrits par l'auteur à l'Hôpital Broussais, en 1893, ou à l'Hôpital Bichat, en 1895.

* Fragment papier blaîic, encté noire, recto. Cette lettre, ainsi que les précédentes, depuis le 17 juin, a été écrite à l'hôpital Broussais où Verlaine demeura jusqu'au début de novembre.

Le 16 octobre 1893 *.

Mon cher Vanier,

Je vais beaucoup mieux. Voulez-vous, pour 10 fr., qui me serviront à acheter des chaussons indispensables, — car je rapprends à marcher — me prendre cette nouvelle qui se joindra aux autres. Vous en aurez une copie à l'encre, dès mon départ, dans 15 jours. Après quoi, conférences, Nancy pour commencer. La Hollaride est lente, mais sûre. Plus un sonnet.

Venez donc avant mon départ.

Bien à vous,

CCCXLVII Nancy, le 7 [novembre 1893] au soir **. Mon cher Vanier,

Envoyez donc immédiatement le complément de ma « iconographie » à Jules Nathan, 4, rue Victor Poirel, Nancy, Meurthe-et-Moselle, tout de suite, pour que ça paraisse ès-vitrines nanceynnes (c'est

* Fragment de papier gris-bleu, réglé, écrit au crayon, recto.

** 2 fi., papier blanc quadrillé, encre noire recto. (On avait joint à l'original la lettre de M. J. Nathan, réclamant à Verlaine cette iconographie.

LETTRES A LÉON VANIBR 237

la vraio orthographe, la vraie, la seule, qu'on se le dise !) (1)

Bien à vous,

P. Verlaine.

CCCXLVIII

Londres, samedi [25 nov. 93] *.

Mon cher Vanier,

Deux succès, un à Londres, l'autre à Oxford (2). Quelque galette. Je dois encore faire Manchester. Serai à Paris, sans doute, fin semaine. J'apprends par

(1) Le poète, on le sait, venait d'être sollicité par des amis de Nancy, à renouveler les conférences qu'il avait faites auparavant en Hollande et en Belgique. Le texte de ces causeries, non recueilli dans ses œuvres, a été publié par M. Jules Rais, dans la Lorraine Artiste du 12 novembre 1893.

* 1 f. papier à lettre blanc, encre noire, recto.

(2) Ces deux premières conférences en Angleterre, eurent lieu devant un auditoire choisi, la première le 21 novembre, dans la petite salle de Barnard's Inn, l'autre le jeudi 23. Le poète, heureusement inspiré, s'y consacra à son œuvre plutôt qu'à l'étude de la poésie de ses contemporains, faisant, en quelque sorte, sa propre biographie, illustrée de nombreuses citations de ses meilleurs poèmes. On consultera sur ce séjour de l'auteur de Sagesse, le ciirieux récit qu'il en a lui-même laissé, mais que nous ne connaissons que par la traduction d'Arthur Symons : My visit io London. The Savoy, avril 1896, ainsi que l'excellent travail de M. Jean Aubry : Paul Verlaine et V Angleterre. Revue de Paris, fasc. du 1^' déc. 1918, pp. 601 et ss. Voyez également la correspondance avec Eugénie Krantz et Philoxnène Boudin.

ma femme que Blok va vous envoyer mes 25 exemplaires de Quinze jours en Hollande. Gardez-les précieusement. Dès moi rentré, m'occuperai de les vendre très chers à des amateurs, avec dédicaces et signature devant les gens. Sous très peu, recevrez le Pall Mail Gazette illustré, avec mon portrait dedans. Très bonne presse. Times, Pall Mail, Daily News, et généralement tous les journaux.

Londres, [lundi], 4 [décenabre 1893] *. Mon cher Vanier,

1 Conférence à Londres,

1 à Oxford.

1 à Manchester.

1 demain à Londres.

Succès, du moins pour les trois premières.

Moins d'argent qu'attendu, mais je puis écrire dans des journaux et me faire 250 francs par mois ; du moins, on me l'assure.

Recevrez la grosse part de mon butin que me garderez, à moi seul. Ni « autorisation », ni « commissionnaires ». J'irai moi-même toucher, de temps en temps, même pas Philomène, méfiance 1

Sans doute, je serai de retour cette semaine. Passerai chez vous.

Si ayez correspondance, gardez pour moi seul.

* 1 f . papier à lettre, vergé blanc, encre noire, recto.

LBTTnKI 4 %ltON VANIBn 230

E^ Écrivez- moi tout de suite.

Votre P. VEnLAiNE.

Mon adresse : Angleterre, Fiat M, York Terracc, Régents Park, A Londres, (Fiat M. tneans, étage M. Très ijnpprtaxit).

Le 12 fév. 1894 *.

Mon cher Vanier,

J'autorise M^^^ Krantz à toucher le montant des 49 vers ci-joints (1).

Quoi des Limbes ? Si un bouquin, donnez au porteur.

Si avez quelque livre sur Shakespeare, prêtez-le moi donc, pour un jour ou deux. C'est en vue d'un travail pour la Fortnightly Review.

Merci et venez donc voir votre toujours « invaljd » et immobilisé,

P. Verlaine.

187, rue Saint- Jacques,

15 février 1894 **.

Mon cher Vanier,

J'apprends qu'une nouvelle édition a paru de

* 1 f . papier blanc, quadrillé, plie en deux, encre noire, écriture rapide, recto du 1^' f. Au verso du 2^ f. : Monsieur Léon Vanier. (1) Retour (Cf. Œuvres Posth., l, 34).

** Fragment papier blanc, encre noire, écriture négligée, recto du 1er f^

Parallèlement. Quels sont mes droits ? (1) Veuillez me le dire par écrit, ou de vive voix à M^^^ Krantz. En tous cas, donnez-lui pour moi, en attendant, un (au moins) exemplaire.

Et la musique ? Sommes-nous en compte ? A vous, bien cordialement. Venez donc voir le pauvre encloué,

P. Verlaine.

187, rue Saint- Jacques.

Le 17 mars 1894 *.

Mon cher Vanier,

Je vous confirme ma lettre d'avant-hier (2) vous mettant au courant de ma situation pécuniaire et vous priant de penser à moi.

M}^^ Krantz veut bien aller vous demander une réponse très pressée.

Avez-vous envoyé à Londres mes neuf pages sur Shakespeare et Racine (3) ? On me les réclame.

(1) Le contrat passé avec Vanier, le 27 mars 1888, prévoyait la réimpression de l'ouvrage à des conditions identiques à celles de la première édition, soit 125 francs pour tous droits, sur un nouveau tirage du volume à 600 exemplaires.

• 2 lî. papier à lettre, vergé blanc, encre noire, recto et verso du l^"" f. ; post-scriptum au recto du 2" f.

(2) Cette lettre n'a pas été retrouvée,

(3) Shakespeare et Racine. ForthniStly Revievv, sept. 1894. M. Jean Aubry croit que ce texte est la traduction d'une conférence que Verlaine fit sur le mênie sujet à Manchester.

LETTRES A L^ON VANIBR 241

Ci-joint un poomc (1) dont jo vous prio de donner é|2;aloinont le montant à M''*' Krantz.

Venez donc me voir. Mille choses sérieuses à vous dire.

A voua,

P. Verlaine.

187, rue Saint-Jacques.

Si, toutefois, vous n'aviez pu envoyer la copie pour Londres, veuillez la remettre à M"® Krantz, pour moi l'envoyer au plus vite.

CCCLÏII

Le 22 mars 1894 *.

Mon cher Vanier, je vous ai attendu (d'autant plus impatiemment que je suis cloué) depuis lundi, puisque vous aviez dit à M.^^^ Krantz que vous viendriez ce jour là. Ma situation est toujours la même. Je serai donc heureux d'une solution, par écrit, ou de main ferme. M^^® Krantz, vous le savez, est de confiance.

Si le bouquin a paru (2) , je serai heureux de

(1) Pâques (Cf. CE C, I, 81). 11 existe un reçu de cinq francs donnéj à Eugénie Krantz, pour ce poème, et signé par cette dernière.

* 1 f. papier à lettre, vergé blanc, encre noire, écriture rapide, recto.

(2) Dans les Limbes, sans doute. Le volume ne fut tiré qu'au cours du mois suivant.

l'avoir. — Je voudrais vous parler, en outre. Mais ceci peut se différer.

Bien à vous, commercialement — et très amicalement.

Paul Verlaine.

187, fùe Saiiit- Jacques.

Avez-vous des nouvelles de John Lane ? (1) Ci-joint un petit sonnet à une petite demoiselle,

veuillez le régler, n'est-ce pas ? ainsi gu*une pièce

londonienne. Inédits tous deux.

Le 21 avril 1894 *.

Mon cher Vanier,

Donnez-moi, donc par les mains de M^^^ Krantz, dix francs sur les deux productions qu'elle vous remettra (2).

Quant à l'entrevue en collaboration que vous

(1) Editeur anglais qui avait projeté de faire paraître un Choix de poésies, traduites par le professeur York Powell, d'Oxford, un des admirateurs dévoués du poète. L'ouvrage, sur lequel une part d'auteur devait être réservée à Verlaine, ne parut pas (Voyez : J. Aubry loc. c).

* 2 ff, papier à lettre, vergé blanc, encre noire, recto et verâO du !«' f ; post-scriptum au recto du 2^ f.

(2) Le reçu relatif à ces vers, mentionne deux sonnets, mais sans les désigner. L'un d'eux, cependant, n'est autre que la pièce écrite pour M"^ Jeanne Vanier (Œ. C, III, 160), à la-

LETTneS A LÉOfV VANtBR 243

désirer de moi, je vous attends, mCme avec impatience, au tout premier jour. Nous parlerons littérature et musique.

Si quelquefois vous aviez La lievue hebdomadaire qui contient un article de Vicaire (n" du 21 courant), (1) prêtez-la moi donc. Elle Vous sera rendue, demain s'il le faut.

Embrasser polir moi la si gentille dédicataire du sonnet.

A vous et à très bientôt.

P. Verlaine.

187, rue Saint- Jacques.

Et méfiez-vous d'Esther et complices.

30 avril 1894 *.

Mon cher Vaniet,

Ma jambe empire tellement que le D' JuUien (2)

quelle il est fait allusion ci-dessus (1. CCCLIII). Elle est datée du 21 avril, dans l'édition de Dédicaces où elle parut tout d'abord.

(1) C'est une des meilleures pages, des plus généreuses aussi, qu'ait inspirées notre poète.

* 1 f. papier blanc, encre noire, écriture rapide, recto.

(2) Le Docteur Louis Jullien, l'un des fidèles médecins de Verlaine. On trouve dans un des catalogues d'autographes de MM. Charavay, la mention de quarante-huit lettres adressées par l'auteur de Sagesse, de 1886 à 1894, à ce généreux praticien qui, non seulement soigna le poète, mais encore le secourut maintes fois, et s'entremit, afin de le faire entrer dans les hôpitaux parisiens.

m'ordonne l'Hôpital Saint-Louis, service Hallopeaux. Je n'y serai admis qu'en payant.

N'est-ce pas, faites-moi le plus de monnaie possible, une sorte de bourse pour les éventualités, car je ne suis pas riche, le moins du monde, et si vous pouviez même m' aider dès aujourd hui, çà m'irait fort.

Veuillez expédier les choses ci-jointes le plus tôt possible.

Votre P. Verlaine.

[Hôpital Saint-Louis, [Pavillon] Gabriel, ch. 2]. Pourriez-vous me prêter un bouquin amusant ? (1)

8 mai 1894 *.

Mon cher Vanier,

Je suis à Saint-Louis, pavillon Gabrielle, chambre 2. C'est 6 francs par jour, il faut donner une avance de 60 francs (2). Pourrez-vous m'aider immédiatement ?

On peut venir tous les jours.

P. Verlaine.

(1{ Cette phrase est écrite au crayon.

* 1 f. papier blanc, encre noire, écriture négligée, recto.

(2) On sait que Verlaine dut, parfois, participer aux frais de son hospitalisation. On trouve dans le fascicule de La Plume, qui lui fut consacré au moment de sa mort (1-28 février 1896], le fac-similé d'un reçu de 60 francs, délivré au poète,

LETTRES A LÉON VANIBR 245

Au cas OÙ VOUS pourriez, versez entre les mains de M"® Krantz.

10 mai 1894 *.

Mon cher Vanier,

Je ne comprends rien à votre langage, après notre entrevue de l'autre jour. En somme, vous me devez 20 francs, que je vous demande, je crois, pour un but sérieux.

Quant aux vers, que signifie que t>ous n*en vouliez pas ? Si vous n'en voulez pas, comment voulezvous que nous fassions le volume ? Alors rendezmoi ma liberté, dame ! ou faites-moi d'autres conditions, car ce n'est pas avec ce que je gagne chez vous que je puis vivre.

En somme, nous avons Dédicaces, qu'il était convenu que nous classerions, et Histoires comme ça, dont vous avez une nouvelle au crayon, dont je n*ai pas même le double et qui pourrait me faire de l'argent, enfin Mes Hôpitaux, où il y a à rajouter des chapitres importants.

Le plus court, et le moins bête, serait de nous

le 10 juillet 1894. Voyez, à propos du séjour à l'Hôpital Saint- Louis, le plaisant récit : Chez soi à l'Hôpital, publié dans les Œuvres Posthumes, II, p. 170.

* 2 fl. papier blanc, quadrillé, encre noire, recto et verso. Un reçu de la somme de vingt francs (daté du 11 mai et signé d'Eugénie Krantz. « pour les reproductions musicales autorisées par Verlaine », figure au recto du second feuillet.

occiipet' de Dédicaces et aussi que vous donniez à M^^® Krantz les 20 francs reconnus dus.

Il serait honteux qu'il fût dit que je ne puisse pas, avec ce que je travaille pour vous, payer une note d'hôpital t

Je vous prie de régler les 20 francs à M^^^ Krantz et de me venir parler, ou m'écrire, au sujet de mes vers et de mes proses.

Votre P. Verlaine.

Je tiens les vers à votre disposition, pour Varia (1). Hôpital Saint-Louis. Pavillon Gabrielle, chambre 2.

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