‹ Correspondance; publiée sur les manuscrits originauxChapitre 33 sur 44 · CCCLVIII · texte numérisé non relu

CCCLVIII

Paris, le 21 mai 1894 *.

Mon cher Vanier,

J'apprends que vous venez de mettre en vente une nouvelle édition de Jadis et Naguère (2).

Je serais bien aise de savoit", à ce propos, où ndtis en sommes de nos petites affaires.

Il me semble que le prix convenu, pour les nouvelles éditions de mes livres, m'est dû en ce cas-ci.

Je dis ceci en toute douceur ; répondez-moi de même.

(1) Cette phrase est écrite en marge et au recto du premier feuillet,

* 1 f. papier blanc, quadrillé, encre noire, recto et verso.

(2) Sans doute le poète faisait-il erreur. La seconde édition, tirée à 1100 exemplaires, en 1891, n'était pas encore épuisée.

t.KTTnrs A LÉON V AMI En 247

A quoi bon 80 mnngor tnutuellcmcnt, quand on mange au môme r&tclicr et qu'il y a du foin dedans ?

N'est-ce pas ? Une bonne lettre autant que possible confirmative, en tous cas explicative.

Et, en attendant, donnez-moi donc quelques exemplaires, 1 ou 2 (aux mains de M"° Krantz

porteur de ceci). — Le reste, je vous le laisse

moyennant des sous (j'entends ce qui me revient comme exemplaires), mais, n'est-ce pas ? une bonne explication.

Venez donc me voir. Je suis malheureusement encore ici pour quelque temps : je ne puis encore faire un pas.

A vous, P. Verlaine.

PaviHon Gabrielle, Hôpital Salht-Loui», nie Bichat. CGCLIX

GRAND HOTEL DE LISBONNE Paru, ie là Août 189i

A, Rue de Vaugirard, A PARIS

PBOPRiiTAlmi

Pension de Famille

Chambres

depuis 29 jusqu'à 60 francs par mois

Déjeuners et Dîners sur commande

Mon cher Vanier,

Veuillez remettre à M. Burgais un cliché d'un portrait de moi, à son choix, pour une revue qui se

* 2 IT. papier à lettre blanc quadrillé, à en-tête, encre noire, recto du 1^^ i.

fonde à Besançon et à laquelle je destine le sonnet pour votre fille (1). Je désirerais que ce portrait fût de Gazais.

Tout à vous,

Paul Verlaine.

A quand les Dédicaces et les Histoires comme çà ?

21 septembre 1894 *.

Mon cher Vanier,

Prière d'accueillir M"^® Esther, encore ma meilleure amie, qui veut bien être, pour cette fois, mon garçon de recette auprès de vous, et confiez-lui le plus possible, sur la pièce ci-jointe, que je vous prie d'épingler en compagnie de celles pour petites filles, dans Varia (2). Je la crois bonne, comme les autres. Tout à vous,

P. Verlaine.

4 Rue de Vaugirard.

(1)« A Jeanne Vanier. «Voyez p. 242, note 2 et 250 (lettre

* Fragment papier blanc, plié en deux, encre noire, écriture négligée, recto du l^r f.

(2) A Léonie R. La pièce a paru dans Dédicaces (Cf. Œ. C„ III, 159). A la lettre correspondait un reçu de la somme de cinq francs, portant la signature de Philomène Boudin et la date du 21 septembre.

LETTRES A LÉON VANIBR 249

24 leptombre 1894 *.

Mon cher Vanier,

Je vous assure que le conte en question ne vient pas de chez Savine, car je l'avais fait présenter au Figaro qui me l'a rendu sans l'insérer, à cause sans doute du titre que j'ai changé dans la copie que vous avez (1). Je vous l'ai remis àBroussais, sans vous demander l'argent, parce que je n'avais pas le manusirit à l'encre, encore à cette époque au Figaro, qui a inséré un conte de moi, écrit en ce même Broussais, en même temps (1893) : UObsesseur (2)

Donc, j'attends de votre bonne foi un peu d'argent.

Votre P. Verlaine.

* Fragment papier blanc, plié en deux, encre noire, recto du 1^'' f. et verso du 2« ; écrit dans tous les sens.

(1) Il s'agit de Conte Pédagogique, inséré plus tard dans les Œuvres Posthumes (I, 258), et pour lequel l'éditeur versa la somme de cinq francs.

(2) Exactement le 30 septembre. Nous trouvons parmi les papiers du poète, recueillis par Vanier, la note suivante : «J'autorise M^^® Philomène Boudin à toucher le montant d'une nouvelle intitulée : L'Obsesseur, parue au supplément du Figaro, etc. Le 1^' octobre 1893. P. Verlaine, Hôp. Broussais. » On trouvera le texte de L'Obsesseur dans les Œ. P., I, p. 252.

Le 3 octobre 1894 *.

Mon cher Vanier,

Voici, pour Varia, vingt beaux vers philosophiques (1). Veuillez les régler à Esther et lui reniettre en même temps copie du sonnet à M^^^ Jeanne, que je destine au Pall Mail Magazine.

Tout à vous,

P. Verlaine.

4, rue de Vaugirard.

Et quid des Dédicaces ?

CCCLXIII

Paris, le 14 janvier 1895 **.

Mon cher Vanier, Je vous envoie quatre pièces de vers inédites (2) que je vous prierai de payer à

* Petit fragment de papier l>lanc, encre poipe, recto. Au verso M. Léon Vanier.

(1) Vers en assonances (Cf. Chair, Œ. C, III, 208). Un reçu du poète noua a fait connaître le titre de cette pièce.

** Fragment papier blanc, encre noire, recto. Au verso : M. Léon Vanier, éditeur, 19, Quai Saint-Michel.

(2) Un reçu de vingt francs, signé et daté par Philomène Boudin, nous fournit le titre de ces pièces. Ce sont : Puvis de Chavannes ; Vieilles Bonnes Chansons ; Vœu. final, L'Ecolière, A propos d'un mot naïf d'elle. (Cf. Œuvres Posth.^ 1, 136, et 68-72), Il est bon de rappeler que les trois derniers poèmes, destinés

PPTTUBf A |.£01if YANIBR 351

Esthcr, le plus cher poBêibU , car comme je dois sortir vers la fin do la semaine, j'ntirai besoin do quelques petits objets, flanelles, snowboots, etc. Dès sorti, j'irai vous voir et nous causerons au mieux, j'espère, de nos intérôts réciproques. A vous cordialement.

P. Verlaine.

Si pouvez me donner, à titre de commencement d'étrennes, un des livres que je vous ai demandés, remettez au « porteur ».

Jusqu'à nouvel ordre : Hôpital Bichat, Bd Ney.

Le 13 février 1895 *.

Mon cher ami.

Veuillez donc donner 10 francs, que nous défalquerons, à Monsieur Savarit, contre le chef-d'œuvre absolu qu'il y a ci-contre.

Plus de femme, ni de femmes.

Toi|t 4 vous,

P. Vepi-AINE.

21, rue Monsieur-le-Prince.

primitivement à figurer dans La Bonne Chanson, parurent dans Confessions (éd. citée, V, pp. 159-160).

* 1 f. papier blanc, quadrillé, encre noire, recto. C'est la seule lettre que nous possédions écrite à ce^te adresse.

Le 24 février [1895] *.

Voici 30 vers que je crois dignes des 10 francs qui me sont indispensables (1), car nous sommes sans pain. Je vous serai donc obligé de les régler entre les mains d'Eugénie qui est malade aussi. Quant à moi, je ne puis descendre de lit, même pour... — Venez donc me voir quand vous pourrez.

A vous,

P. Verlaine.

Le 11, ou 31 mars [1895] **.

Mon cher Vanier,

Tenez donc prêt un Dédicaces (2) que vous remettrez à M. Léon Dierx, quand il passera chez vous.

Peut-être serait-il sage d'en envoyer un exemplaire au Président de la République et un au mi-

* 1 f. papier blanc réglé, plié en deux, au crayon, recto et verso du 1^^ f., date incomplète.

(1) Epilogue (Cf. Œ. P., I, 117, mars 1895).

** 2 ff. papier blanc, encre noire, écriture négligée, recto du 1^' f., date incomplète.

(2) Le volume imprimé en 1894, et publié sous cette date, venait d'être annoncé le 16 février au Journal de la Librairie.

LETTRES A LâOIt VANIBR 253

nistre de l'Instruction publique. Car, on a été tris

gentil (l).

Venez donc voir,

Votre strictement alité, opéré et pansé.

CCCLXVII

Lo 'i avril 1895 *.

Mon cher Vanier, Je vous ai attendu tous ces jours-ci, parce que j'ai vraiment à vous parler beaucoup. D'abord, quoi, voici, je crois la saison juste. Or, un bouquin en serait de saison. Moi, je pense qu'il vaut mieux publier Varia, que j'augmenterai d'une bonne deux trois centaines de vers et fignoler encore Histoires comme çà pour l'automne. Puis, nous avons ces affaires de musique, dont on me rabat les oreilles. — Enfin, que diriez-vous si nous parlions du Quinze jours en Hollande, que Blok, désolé d'une vente médiocre en ce pays, veut mettre dans les gares, lors de l'exposition prochaine d'Amsterdam.

Pourquoi ne pas nous le partager avec lui? Que diriez-vous aussi d'une traduction anglaise, garantie (limited, quoi 1) car faut craindre l'Amérique, pa-

(1) Lo ministère venait d'accorder à Verlaine un premier secours de cinq cents francs qu'il promettait renouvelable. (Cf. Verlaine, par E. Delahaye, p. 526).

* Carte postale, vert d'eau, encre noire. Au recto : A/. Léon Vanier, 19, Quai Saint-Michel. E. V.

Il 17

254 CORRËSPONbANCË DE PAtîL VERLAINE

raît-il. Mais, faudrait sê presser. A ce propos, êtes-vous d'accord avec Lane (Vigo street London, England) pour un choix de poésies à l'usage des AnglaiiS, avec préfacé et notes par le professeur York Powell (1) d'Oxford (j'écris à ce dernier).

Enfin, venez. Je suis toujours impotent. Et ce que ça coûte cher à la fois le pharmacien et le boulanger !

A bientôt.

Votre P. Verlaine.

CGCLXVIII

Le 23 avril 1895 *.

Mon cher Vanier,

Vous tn*aviez pi-otnis par M. Delahaye de m'en- \ voyer les 60 francs que vous avez à moi, de la part de M. Tellier, ou de venir me les apporter, ce qui m*eût fait plus de plaisir encore. J'ai et je n'ai jamais cessé d'avoir besoin de cet argent, depuis le moment où je vous l'ai fait demander. Je vous envoie M™* Veuve Combes, que vous connaissez et l'autorise à toucher pour moi, de vos mains, le dit argent, aujourd'hui.

J'ai dû payer notre terme, de nombreuses dettes, retirer d'anciennes choses du Mont-de-Piété, me soigner enfin et les médicaments coûtent cher, sans

(1) Voyez page 242, note î.

* 2 ff. papier blanc, encre noire, recto des 2 ff.

LETTRK8 A htOîi VANIER 255

compter que je ne suis pas guéri et ne marche pas î encore.

I M^^® Krantz de son côté est indisposée et ne peut sortir par ce temps-ci. Elle se joint à moi pour insister.

J'ai véritablement à vous parler, et quand vous pouwez, venez. Beaucoup de travaux, moi.

Mais, en attendant, n'est-ce pas ? donnez les 60 francs à M""® Combes. A vous cordialement.

P. Verlaine.

Donnez aussi toute correspondance qui aurait pu m'arriver. P. V.

CGCLXIX

24 avril 1895 *.

Mon cher Vanier,

Je vous ai envoyé hier une personne qui m*a dit que vous enverriez votre plus jeune commis à la i fermeture de votre magasin.

En l'absence de toute nouvelle, M^^^ Krantz veut jl bien elle-même, bien que souffrante, aller chez vous I et je vous prie de lui remettre les 60 francs.

Votre

P. Verlaine.

* 1 f. pftpier à lettre, vergé blanc, régie eft filigrane, encre i Mite, recto. Au versoj Af. Léon Vanier.

Le 29 avril 1895 *.

Mon cher Vanier,

Je vous serais bien obligé de décidément venir chez moi une bonne fois, afin de travailler SEULS. Ne venez pas demain matin. A partir de demain midi, je vais vous attendre impatiemment. Votre P. Verlaine.

Paris, le 15 juin 1895 **.

Plaisantez-vous ou si vous êtes sérieux ? Il est notable que vous gagnez de l'argent avec mes livres, alors que je ne reçois de vous ni compte, ni réponse qui vaille.

Expliquons-nous ou, je vous le dis, je m'arrangerai autrement, tout de suite (1).

P. Verlaine.

* Fragment de papier blanc, plié en deux. Encre noire, recto du 1" f.

** Fragment de papier blanc, encre noire, recto.

(1) On observera qu'à partir de cette époque jusqu'à la fin de sa vie, Verlaine ne fit plus rien paraître sous la firme de Vanier. Ses derniers livres : Confession, Chair, furent publiés, l'un à la librairie du Fin de Siècle, l'autre à La Plume ; enfin Invectii'eSt dont l'éditeur n'avait cessé d'acquérir, pièce par

M. Méric veut bien se charger de cette commiBsion et recevoir votre réponse écrite.

CCCLXXII

Paris, le 19 juin 1895 *.

Mon cher Vanier,

Voudriez-vous confier à M. Bouché, porteur du présent, le livre de Dubus : Quand les violons sont partis (1), dont je me servirai aussitôt {jour un article ?

Je compte sur votre visite prochaine et je vous serre cordialement les deux mains.

P. Verlaine.

Et, si possible, les Vrais Sous-Offs, de Dubus et Darien (2).

16, rue Saint- Victor.

CCCLXXIII

Paris, le 21 juin 1895 **.

Moucher Vanier, je viens de voir MM. Pelletan(3)

pièce, les éléments, et que Verlaine n'eût point consenti à laisser imprimer sans en modifier peut-être le texte, ne vit le jour qu'après la mort de l'auteur,

* 1 f. papier blanc, encre noire, recto.

(1) Paris, Vanier, 1892, in-18.

(2) Réponse à M, Lucien Descaves. Paris, Savine, 1890, in-18. ** 1 f. papier à lettre vergé, blanc, encre noire, recto et verso.

(3) Edouard Pelletan, éditeur d'art. Le projet dont il est question ici, ne se réalisa pas.

et Girard qui m'apprennent que vous vous refusez à une combinaison qui m'a l'air des plus acceptables, au point de vue matériel, comme au point de vue artistique. Peut-être espériez-vous obtenir davantage, mais je sais que l'on préférera ne pas donner suite à l'affaire, en cas de non-acceptation.

Dans votre intérêt, comme pour le mien, acceptez. Ce sera autant de rattrapé sur les sommes considérables que vous me versez contre du travail.

Je compte sur votre assentiment et sur votre visite.

En attendant les 30 francs, dont j'ai extrêmement besoin et que vous me devez contre livraison préalable, je compte sur votre très prochaine visite. Votre

16 rue Saint- Victor.

P. S. — Je vous prie, en attendant, de me renvoyer le double des traités entre vous et moi, dès ceci reçu.

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