MElîCY A KAllIVITZ
Paris, le a6 mai i^jo. — Monseignour, la co|»ic ri-joinlc do ma lotlio à M. de Ncny contient ie peu que j'ai cru devoir lui mander sur ec qui regarde Madame la Daupliinc. On ne saurait être plus inli'ressanle (|uc l'est cette princesse par toutes les qualil(is aimables qu'Klle déploie. Mais ces mêmes qualités forment une critique bien frap[)ante de celle de son époux, lequel au premier moment de son mariage paiaissait sur le point de se développer et qui maintenant retombe dans le même état de désagrément où son naturel Tentraine. Depuis sa première entrevue, il n'a pas donné à Madame laDaupliine la plus légère marque de goût ou d'empressement, soit en public, soit dans le particulier; heureusement son air indiUérent et rude n'en impose point à la jeune princesse, et sans doute par un effet du hasard, sa conduite en cela est telle que pourrait la dicter une exj)érience et une adresse qui n'est point de son âge.
M. de la Vaugujou travaille ouvertement à ('carter l'abbé de Vcrmond, qui lui cause de l'ombrage auprès de la Dauphine, à laquelle cet ecclésiastique est d'un secours que rien ne pourrait supj)lécr. M. le prince de Starhemberg a imaginé et proposé les mesures qui lui ont paru les plus propres à combattre le projet de M. de la Vauguyon, et M. de Choiseul, ainsi que l'évèque d'Orléans, ont adoj)lé ces mesures. J'ai reçu avant hier la lettre ci-jointe, en copie, de i'abbé de Vermond, laquelle a trait à cette tracasserie'''. M. de Starhemberg s'est d'abord emparé de la lettre de Madame la Dauphine à rini|)ératrice; il l'enverra sans doute à S. M., avec tous les détails qu'il n'a pas jugé à propos de me communiquer; à cette petite réserve près, qui est peut-être sans projet, j'ai tout lieu de me louer des procédés de M. de Starhemberg, parce (jue, en s'allribuant tout ce (ju'il y a à faire ici, il s'est conformé à la teneur de deux instructions, écrites de la main de l'Impératrice, l'une sur tout ce (jui regarde Madame la Dauphine, l'autre sur quelques objets politiques, entre autres celui de la guerre turque et celui des .h-suites, le tout rédigé de façon à me faire apercevoir que l'intenlion de S. M. n'i'lait pas (pie je concourusse pour le moment à l'exécution de ses ordres. Cependant M. le prince de Starhemberg a eu la modération d'observer de lui-même les petits inconvénients de cette méthode, el il ma dit (piil ne [larlerait point d'affaires politi(pies à M. de Choiseul, sans que j'y fusse présent.
Avant de finir ma lettre, je viens d'appiendre (pie M. le duc de Choiseul a parlé très fortement au Roi sur r('ducalion de M. le Dauphin el sa V
f Celte ielli'c ninnqde.