‹ Correspondance secrète inédite de Louis XV sur la politique étrangère avec le comte de Broglie, Tercier, etc., et autres documents (volume 2)Chapitre 124 sur 211 · CXCVIII. — M. DE GUERCHY A LOUIS XV · texte numérisé non relu

CXCVIII. — M. DE GUERCHY A LOUIS XV

[Antogr. Dëp^t des affaires étrangères. —Mim. de ttÉon, t. I, p. 364.]

Londres , le C décembre 1763.

Sire,

J'attendois toujours pour répondre à la lettre dont il a plu à Votre Majesté de m'honorer, datée de Fontainebleau, 4 novembre, que j'eusse pu exécuter ses ordres, mais quelques moyens différents que j'aie employés pour y parvenir, cela m'a été absolument impraticable. Votre Majesté aura vu par ma dépêche les obstacles qui s'opposent à ce que je me rende maître des papiers de d'Eon , qui refuse constamment de me les remettre , malgré Tordre qu'il en a reçu de M. de Praslin de la part de Votre Majesté.

C'est un des points de sa folie , qui cependant n'existe pas sur tous les autres généralement. Elle aura été également informée que la cour de Londres m'a refusé mainforte à ce sujet, en me répondant que c'était contre les lois du pays. Le Roi d'Angleterre et ses ministres ont cependant la plus grande envie d'être débarrassés de ce personnage-là. Il n'a pas dépendu de moi non plus de m'en saisir par moi-même ainsi que de sa personne par force on par adresse , parce qu'il ne loge pas dans ma maison et qu'il n'y est pas venu depuis qu'il pousse les choses au point où il les a poussées jusqu'à ce moment.

J'ai communiqué à Monin les ordres de Votre Majesté, ainsi qu'elle me l'a prescrit; il m'a dit qu'il avoit tout lieu de croire , d'après les différentes questions qu'il a faites à dlÊon sur cet objet, qu'il n'avoit apporté à Londres aucun des papiers qui regardent personnellement Votre Majesté, et qu'il croit plus vraisemblable qu'il les avoit laissés à Paris.

Je joins ici une note de Honin qu'il a désiré faire passer à Votre Majesté , oh sans doute il lui donne les éclaircissements qu'il a pu se procurer à cet égard. Je ne parlerai ni écrirai à personne quelconque, Sire, des ordres que j'ai reçus de Votre Majesté , ainsi qu'elle me l'ordonne. J'ai cru devoir lui faire remettre ma lettre par M. Le Bel.

Je suis bien peiné, Sire, de n'avoir pu en cette occasion donner à Votre Majesté, comme je l'aurois désiré, des preuves du xèle ardent que j'aurai toute ma vie.

CXaX. — NOTE DE M. MOSW AU ROI.

[Joioto à la lettre pr^rédeote.]

En conséquence des ordres de Sa Majesté signifiés à Monin, il a redoublé ses soins pour parvenir aux moyens d'avoir les papiers dont elle désire personneUement le recouvrement. Les lueurs d'espérance qu'il a quelquefois conçues , et que sembloit autoriser un air de confiance et d'épanchement de cœur de la part de M. d'Éon, se sont évanouies, et les moyens de toute espèce employés par M. l'ambassadeur sont restés infructueux. Monin s'est retranché à tâcher de pénétrer en quels lieux ces papiers pouvoient être ou déposés ou recelés. M. d'Éon lui a ùài l'aveu qu'il en avoit mis en dépôt en diffiérenls endroits sans les lui indiquer, mais ce que Monin sait avec certitude, c'est qu'avant que M. de Guerchy se disposât à par* tir pour l'Angleterre, M. d'Eon a déposé une caisse de papiers chez M. Tercier, oik lut Monin l'a vue , et que dès qu'il a su la décision du rappel de M. d'Eon , il a cru devoir, en sujet fidèle et zélé, conseiller à M. Tercier de demander à Sa Majesté ses ordres sur les dispositions et seerets de cette cause. Je ne doute pas que M. Tercier, qui a jugé l'avis convenable et important, n'ait agi en

CORRESPONDAXGE SECRÈTE. 300

conséquence. Cette partie dn secret de Sa Majesté doit par là être dans ses mains.

ce. — LOUIS XV A TERGIER.

[Aatogr. Arah. de TEmp. K. 157.]

Ce IS décembre 1763.

J'ay enfin reçu une lettre de M. de Guerchy avec le billet de Monln qui y étoit joint que je vous envoie \ ainsy que la lettre du général Monet. Prenez garde au sieur de la Rozière , ou pour mieux dire à ces papiers , car Ton scait qu'il est icy , et si Ton iaisoit une visite ches lui Ton pouroit tout découvrir.

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