‹ Correspondance secrète inédite de Louis XV sur la politique étrangère avec le comte de Broglie, Tercier, etc., et autres documents (volume 2)Chapitre 134 sur 211 · CCXIX. — LE CHEVALIER DÉOX AU COMTE DE BROGLÏE · texte numérisé non relu

CCXIX. — LE CHEVALIER DÉOX AU COMTE DE BROGLÏE

[Dépôt des arraircs étrangères. — Mém. de d'Éon, t. II. p. 33.]

Londres, le 20 avril 1764.

Monsieur,

Mon ami de Nort, que j'attendois avec bien de l'impatience, est arrivé, avec Nardin, lundi au soir, et il a dû vous écrire mardi dernier ^'il m'a trouvé dans un état de folie ou de fièvre, ainsi que l'ambassadeur s'amuse encore à l'avancer à tout le monde. Il a dû vous marquer aussi que sur les simples copies des ordres du Roi, et la simple inspection de votre lettre, avant même que j'aie pu lire les

' Le Roi était en effet alors fort empêché : le 15 avril madame de Pompadour était morte.

bienfaits inattendus dont le Roi a eu la bonté de me combler, il m'a trouvé tout disposé à exécutée nonnseulement ses volontés, mais même à obéir au moindre de ses désirs.

Lorsque M. de Nort a annoncé mardi dernier à M. de Guerchy, dès sa première entrevue, qu'il éloit très-content de moi, qu'il me trouvoit tout à fait raisonnable et de sang-froid dans lousmes raisonnements, le susdit ambassadeur a fait semblant de tomber en syncope et de crier au miracle.

J'ai l'honneur. . . D'Eox.

GGXX. — LOUIS XV A TRRC1BR.

[Autogr. Mnh. dtoKEmp. K. 157.]

A Venaillei, ce i*** may K764.

Je* ne suie pas surpris que le sieur de Nort aie adtopté les principes^ que le comte de Ifroglie juge , en voiant k conduite du sienr d^Eon, (qni est fol, e»t capable de tout) ; mais il faut tascher de le tirer de là et nos papiers. J'approuve tout eeqne vous me mandes etlecomtede Broglie, hormis que je ne veux pas qu'on mande de suspendre les procédures juridiques commencées ^ Je vous envoie les projets de lettres pour qu'on les corrigent en conséquence de ce que je vous mande. M. le duc de Choiseuil est sûrement instruit des mêmes choses que le duc de Praslin.

CCXXr, — LOUIS XV a tergier.

[.^"utojjr. Arcli. dfc l'Emp. K. I5T.]

• €ff 29 may f 764.

n est arrivé hier un courierde Varsovie, du 7 ou du 8, tout' y est en combustion. P^e grand génçraf* s'est retiré avec son parti ; tout est confédéré ; M. de Paulmî demande

1 II s'agit du procès intenté à la requête de M. de Guerchy et du corps diplomatique à d'Koa par le solicilor général cn^ puhlioatioa de Ubellii. - Comte Branicky.

CORRESPO.VDANCE SECRETE. 323

k revenir el je le lui ay accordé '. Il y aura traysetnblablefsent deux éteetions; il y a eu beaucoup de coups délabres donné», mais peu ou point de blessé». VoilH tout ce que j^ay pu retenir. Dans ces circonstances, je ne croy pas que nous devions presser le prince Xavier de se mettre sur Jes rangs. Peut-être Fa-t-il fait, car il a envoie de l'argent?

Page 1