‹ Correspondance secrète inédite de Louis XV sur la politique étrangère avec le comte de Broglie, Tercier, etc., et autres documents (volume 2)Chapitre 149 sur 211 · CCL. — LOLIS XV A TERGIER · texte numérisé non relu

CCL. — LOLIS XV A TERGIER

[Autogr. Arcli. de KEnip. K. 157.]

A Marly, ce 17 janvier 1765.

J'ay peur que notre affaire ne s'embrouille un peu. J'ay mandé à M. de Sartines, qui est au fait de tout, de vous envoier chercher (je n'ay pas voulu le faire scavoir plus tost), et de vous ouvrir à lui, mais de vous voir sccrettement. Vous êtes nomo dans les papiers du sieur Drouet , mais point AI. de Broglie. Il n'est pas possible que vous assistics aux confrontations et recollements; mais corne vous dires tout à M. de Sartines, que vous vous arranges ensemble, et qu'il m'en rendra compte, je ne m'étends pas d'avantage en ce moment.

Est-ce sur le secret en général ou sur l'affaire d'Angleterre que porte le papier que d'Ëon a sur lui et qu'il ne veut pas rendre? Le sieur de Nort ne doit rien craindre; il n'est nommé nulle part, à ce qu'il me semble, ainsy vous poures le rassurer.

Ce 18 aa matin.

J'allois faire partir cette lettre hier au soir, quand j'ay reçu la vôtre. Sur le premier interrogatoire, M. de Praslin nous a dit qu'il ce moquoit d'eux, mais il a demandé en particulier M. de Sartines et il lui a dit asses pour vous

tranquil^er de ce costé là, mais Hugonet va arriver, et il y a à craindre qu'il ne soit pas si sur de lui. Je croy bien que Drouet s'est un peu embrouillé, mais il se remettera, (je sens un peu que je m'embrouille un peu). M. de Sartines sera instruit sans doute de l'état des affaires de madame Drouet, el il y apportera tous les remèdes qui lui seronts possibles; son avanture est malheureuse, son écriture en est seule la cause.

CCLf. — LOUIS XV A M. DUBOIS MARTIN.

[Autogr. Arch. deTEmp. K. 157.]

A Versailles, ce 21 janvier 1765.

Il n'est pas surprenant qu'un homme dans la position de M. de Sartines seroit embarrassé ; mais il ne peut manquer à ce que j'ay exigé de lui, sans se perdre pour jamais. Il m'a déjà envoie une liasse de papiers où M. le comte de Broglie m'a paru désigné en plusieurs endroits , n'aiant pu que les parcourir. M. de Praslin est icy pour jusqu'à demain au soir, ainsy il ne poura aler à la Bastille que mercredi , au plus tost ; mais il pouroit bien n'y aller que vendredi, ce qui m'a fait différer de vous répondre pour réfléchir encore, et diférer encore en ce moment de vous envoler l'ordre que vous désires, parce qu'il ne sera pas possible, je pense, que T[ercier] aille à la Bastille sans que quelqu'un ne le scache, et par conséquent ne le dise au ministre. Je joins une lettre que j'ay reçue hier.

CCLIt. — LOUIS XV A TERGIER.

[Aotogr. Arch. de lEop. K. 157.]

Ce 24 janvier 1765.

J'ay authorisé M. de Jumillac ' à vous faire voir les prisonniers, et M. de Sartines à vous y laisser entrer. J'ap-

^ U. de Jumillac, gouverneur de la Baslille.

prouve le premier point du projet de lettre à écrire au sieur de Nord, mais point le second , car jamais on ne detlermineraM. de Prasltn adonner 150,000 livres ^ J'approuve aussy le Iroisième point et ce qui suit. Je vous renvoie le tout.

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