‹ Correspondance secrète inédite de Louis XV sur la politique étrangère avec le comte de Broglie, Tercier, etc., et autres documents (volume 2)Chapitre 171 sur 211 · CCXCV. ~ LOUIS XV AU COMTE DE BROGLIE · texte numérisé non relu

CCXCV. ~ LOUIS XV AU COMTE DE BROGLIE

[Autogr. Arch. de t'Emp. K. 157.]

Le comte de Broglie dira de ma part à madame Tercier que la satisfaction que j'ay des services et de la fidélité de feu son mary m'engage à donner à son fils deux raille livres de gratification annuelle pour servir à son éducation , lequel ni personne n'en doit avoir de connoissance. J'exige donc d'elle qu'elle en garde un profond secret, ainsy que sur tout ce dont elle a pu avoir connoissance des relations que le sieur Tercier, par mes ordres, entretenoit avec moi. Mon intention est que le comte de Broglie prenne chez lui le sieur Sevin^ pour porter des paquets de la correspon-

1 Tercier mourut à Paris le SI janvier, à l'âge de soizaDtc-trois ans.

2 Sevin servit fidèlement , et quand la correspondance secrète ent pris Go, le comte de Broglie, par ordre de Lonis XVI , lui continua son traitement.

dance secrète, et qu^il lui donne soixante livres par mois qu'il portera sur les dépenses secrètes dont il a connoissance. Le comte de Broglie ira ches M. de Sartine et lui remettra la lettre ci-jointe : après quoi il se concertera avec lui sur les moyens à prendre de prévenir et de parer aux éclats que les soupçons contre le sieur Tercier pouroient occasionner y et il me rendra compte exactement de tout ce qui se passera à cet égard , par la voie de Le Bel ou de €kiimard, lesquels suivront la même route du feu sieur Tercier, tant pour recevoir que pour faire lever les paquets. Louis.

A Versailles, ce 26 janvier 1767.

CCXCVI. — LOUIS XV AU COMTE DE BROGLIE. [Aotogr. Arch. de TEnip. K. 157.]

Ce SR6 janvier 1767.

Je vous renvoie vos lettres, comme vous Taves désiré, et les ordres que vous m'avé demandé ; j'y joins aussy une lettre que j'ay reçue hier, ainsy qu'un gros paquet, je croy de M. de Breteuil ; mais comme il est fort gros , je le garde pour un autre fois et je l'enverrai au sieur de Crélanches. Guimard ou Le Bel , c'est la même chose. Arranges vous avec ce dernier pour que les paquets vous parvienne comme au feu sieur Tercier. Je crains seulement que votre maison ne soit bien publique pour un si important secret, et où il y a de gros paquets, souvent avec de l'argent. Je pourrai donner six mille livres par an à celui que vous me proposeray , et dont vous serez bien sûr pour remplacer le sieur Tercier, et je tacheray qu'il ne soit pas obligé à faire d'avances.

M. le duc de Ghoiseuil m'a dit hier au soir qu'on lui avoit dit que Tercier pouvoit avoir de mes lettres ; je lui ay répondu que je ne le croiois pas, mais que comme aiant I. 23

été commis, apparameot qu'il y enverroift quelqu'un, *el il me dit que ce seroit Durand. Je suis donc tranquile, puisque vous m'assures devoir l'être y et de plus Durand m'est bien sûr.

CGXGVn. — LOIIS \V AU COMTE DE BROGUE.

[Aotogr. Arth. deTEmp. K. 157.]

Versailles , 6 Tévrier 1767.

Dès que vous seres convenu avec Le Bel de quelqu'arrangement, je vous faire passer 6,000 livres d'argent. J'envoie ce paquet cy ches M. Tercier, à l'addresse du sieurChrctien. J'approuve que vous brulies tous les papiers inutils, et que vous ne gardies que ceux indispensables.

M. le duc de Gboiseuil est (in et a beaucoup d'esprit, il peut en scavoir beaucoup trop, mais tout ce qu'il a dit est pour en estre encore plus sûr. Moy je pense qu'il faut rester comme nous sommes, et ne lui en pas dire d'avantage, àoutenes lui que ce sont des soubçons de sa part, retranches le mot de chimère , mais que vous êtes bien éloigné de rien faire contre lui personnellement. Cela a pu ne pas avoir toujours été peut-être ; enfin il faut que vous soies bien avec lui. Vous aves bien fait de tranquiliser vos gens. Si vous êtes sûr du général Monet, mandes-lui de venir à Paris, mais est-il nécessaire de lé mettre dans le seci*etde l'Angleterre et de la correspondance du sieur de Saint-Victor ? J'approuve que vous ajouties 1 ,000 livres à leurs traitemens, tant qu'ils me servironls bien, fidèlement et secrettement.

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