CCXCVIII. — LOUIS XV AU COMTE DE BROGLIE
[tlntogr. Arch. del'Einp. K. 157.]
IS février 1767.
Vous scaves que d'Eon est fol et peut être dangereux, mais avec les fols il n'y a rien de bon à faire que de les
enfermer, et sûrement en Angleterre il est reconnu pour tel, et les Anglois ne peuvent s!en servir que pour les amuser et se gausser de M. de Guerchy. Je ne veux plus revoir ces papiers, ainsi vous n'aves qu'à les garder. J'ignore quels ordres M. de Fuentes a eu ou attend à son égard \ Avec cela il faut observer exactement tout ce que je lui ay fait promettre , mais rien de plus. Je hay les fols mortellement.
Vous faires bien de faire part à tous ceux qui sonts en correspondance des affaires secrettes (mais sans qu'ils en sachent plus qu'ils n'en savoient) de la mort du sieur Tercier. M. d'Havrinconrt est sur ma liste, mais il £alloit que mes promesses passassent avant tout, et en faisant des heureux nous sommes obligés d'en affliger d'autres, mais leur tour viendra, j'espère, y en aiant encore de bien vieux. Durand peut se tirer d'affaires comme vous le proposes, et que j'approuve. Je n'ai besoin de ces extraits que pour me rappeler les dépesches lues au conseil, ainsi je les garde, et je vous renvoie tout le reste que vous désires.
CCXcix. — LOUIS XV AL COMTE DE BHOGUE.
[Antogr. Arch. del'Enp. K. 157.]
A Versailles, ce. 16 février 1767.
Je .vous envoie 6,000 livres en or qui seront bientost suivis d'autant pour l'Angleterre, et puis il en viendra bientdt encore pour le reste de ce que nous devons. — Je n'ay point trouvé dans vottre paquet la lettre du sieur Hennin. Je vous renvoieres aussy bientost les six projets de lettres. Ces messieurs ne scavoient donc pas que vous éties dans mon secret?
1 M. de Fuentes était ambassadeur d'Espagne à Londres.