‹ Correspondance secrète inédite de Louis XV sur la politique étrangère avec le comte de Broglie, Tercier, etc., et autres documents (volume 2)Chapitre 186 sur 211 · CCCXXVI. — LOUIS XV A M. DE BRETElÎL · texte numérisé non relu

CCCXXVI. — LOUIS XV A M. DE BRETElÎL

[Flassan. Higt. de la diphmttie, t. VII . p. â]

[7 août 1768 «.]

Monsieur le baron de Breteuîl, quoique le succès n^aîl pas entièrement répondu à votre travail et à votre zèle dans vos négociations en Suède , je ne veux pas pour cela que vous doutiez de ma satisfaction. Le choix que j'ai fait de vous pour remplacer en Hollande le marquis d'Havrincourt doit vous en être un sur garant. Je compte que vous m'y servirez avec la même attention que vous avez fait jusqu'ici et que vous observerez aussi fidèlement le secret que je vous ai prescrit sur la correspondance particulière que vous avez avec moi. Par suite de la "confiance que j'ai en vos lumières , je désire que vous travailliez sans perdre de temps à un mémoire détaché sur In Suède et sur l'état où vous l'avez laissée, sur les événements qui y sont arrivés, les moyens qu'il y aurait de les prévenir, et ceux que vous croyez les plus propres à remédier aux maux qui ' affligent un pays allié de la France depuis si longtemps. Quand vous aurez Qui ce mémoire, vous le ferez passer an comte de Broglie, qui me le fera tenir. Louis.

CoiDpiègnc, le 7 d'août 1768.

COCXXVIL — LE QOAITE DE BROGUE A M. DE BRETEÏIIL.

[FlasMa,. Mist. de ta diphmaù, (. VII. p. là.] '

[Août 1768.]

Le sieur Dubois m'a envoyé ici, Monsieur le baron, la

1 Celle pièce est pnr erreur datée de l'an 1767 dans \ Histoire de la éUptomatie de M. de Flassan.

CORRESPONDANCE SECRETE. 40ft

copie des mémoires dont vous lui avez donné communicatioo et q«î vous ont été remis par le ministre des affaires étrangères pour vous servir d'instruction dans le poste où vous venez de vous rendre '.

J'ai remarqué en les lisant que les mémoires 1 , 3 et 4, qui sont annoncés dans l'instruction, ne s'y trouvent pas joints et qu'il n'y a seulement que le n* 2 relatif à l'espèce de négociation que vous devez entamer avec M. de Thulemeyer. Je crois que les n°* 3 et 4, qui, selon ce qui est indiqué, n'ont de rapport qu'au cérémonial à observer avec les dilFéreiits ministres, seroient assez inutiles à mettre sous les yeux de Sa Majesté, mais il n'en est pas •de même du n"" 1 , que l'on dit contenir le système politique adopté par le Roi vis-à-vis des Provinces-Unies ; je vous prierai de me l'adresser. Quant à ce qui regarde le renouvellement des liaisons avec Sa Majesté Prussienne, auquel vous avez ordre de travailler, vous êtes trop éclairé pour ne pas sentir la conséquence d'une pareille démarche, surtout dans une circonstance aussi critique que celle où se trouve l'Europe aujourd'hui.

Vous vous doutez aussi cerlaiuement que votre correspondance avec M. de Tbulemeyer excitera l'attention du ministre de Vienne à la Haye, et vous n'ignorez pas l'importance dont il est de ne faire naître aucun soupçon à la cour de Vienne. 11 serait donc inutile que je cherchasse à vous rappeler la prudence et la dextérité dont vous avez besoin pour que vos liaisons avec le ministre de Prusse ne causent aucun ombrage à M. de Reischack. Je compte que vous ne laisserez ignorer à Sa Majesté aucun détail de vos entrevues et que vous redoublerez de soin pour tacher de pénétrer quelle est la véritable façon de penser du roi de Prusse sur tout ce qui se passera en Pologne. Vous

1 Voyez dans PJassan ces instructions, en date d*aoùt 1768.

savez combien il seroit avantageux de pouvoir en être instruit avant ]e départ du ministre qu'on se propose d'envoyer h Berlin, afin d'être en état de lui donner des instructions en conséquence.

J'imagine, Monsieur le baron, que depuis votre arrivée en Hollande, vous y aurez déjà entendu parler de la Corse. M. le général York cherche certainement à grossir les obstacles que nos troupes y éprouvent et à donnera cette entreprise le vernis le plus désagréable. Cette conduite ordinaire de la part des ambassadeurs anglais doit peu nous alTecler; mais ce qui est intéressant, c'est de savoir s'il insinue aux Ktats généraux que sa cour prend assez d'intérêt au sort des Corses pour leur destiner des secours, et si elle ne leur en donne pas déjà de cachés, en attendant qu'elle veuille agir duvorlement. il faut convenir qu'il y a lieu de le soupçonner en voyant la manière dont Paoli reçoit et nos dqçlairat^iof^)et,nos attaques. Si l'Angleterre se mêle de cette quenelle:, quel degré d'importance cela n'y ajoute-tnl pas*! J'espère que vous démêlerez mieux et plutôt qu'un autre le jugement qu'on doit er^ porter.. -

Quoique je vous' adres^ jceUc )^ttre d^.I^qQec, où je serai encore quelque, teE^ps, ,el|e,, ne partira . qiçp^pdant pas sans avoir i-çgu^ ; jçpii^me ^putes xeljes.qqcij'^j^ai l'honneur de vous écrire , l'approbation de Sa Majesté. ■' '"•^' •'•• '" 'Lé'ddiritede-Baëdiiîfc. De la main du Èoi.

Vienne est instruit de toutes nos démarches avec le Roi de Prusse.

CCdXXVIII. — LOtiW \V AL CdmiE DE BROGUE. i

!^ €ôni|>Sè3nèî;cte 2» ébaf iTOSV M. le duc' d^ .Çhoiisfiujl pç\î(.av,Qir dps qotioos^ qt il

CORRESPONDAiVGE SECRÈTE. 4U5

doit en chercher la certitude; mais il ne m'a rien dit du tout sur vottre correspondance avec moy, n'y ne m'en a parlé, et de là vous pouves être très-sùr qu'on vous a menti grossièrement ou que vous aves voulu me sonder '. Du reste je ne réponds sûrement que de moy. Quand j'auray donné un successeur au pauvre Le Bel, si je lui donne ma confiance avec vous , je vous le fairay sçavoir.

Vous poures m'écrire ce que vous aures de curieux de Corse.

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