CCCXXXL — LE COMTE DE BROGLIE AU ROI
[Abtogr. Arcb. de l'Emp. K. 157.)
A Paris, ce 10 mars 1769.
Sire, J'ose espérer que Voslre Majesté daignera ne pas désapprouver que je prenne la liberté de mettre sous ses
* M. de Broglie, redoutant Tiiiimitié de M . deChoiscul, insistait de temps 0 autre pour qu'on l'admît au secret.
- Écriture déGgurée; peut-être ce billet n'a-t-il pas été tracé par la main de Louis XV , ou bien il a été écrit suus l'empire d'une émotion violente.
yeux le mémaîre cy*jainl que le sieur Hennin vient de nie remettre ' ; il m'a fait part en même leoaps des détails du mariage qu'il .projette., qui en eifet liiy offre une fortune fort au-dessus des e^érances qu'il pourroitnatureUement avoir. En luy promettant d'avoir l'honneur de l'addresser à Vostre Majesté, j'ay cru devoir pressentir la somme qui luy seroit absolument nécessaire, et j'ay appris qu'on exigeott celle de vingt mille livres en sus du peu qne son père, procureur du Roy de Versailles, est en estât de luy asseurer. Cela formeroit près de sept années de la gratification annuelle qu'il a plu à Vostre Majesté de luy fixer, mais quand elle n^auroit que la bonlé de les luy donner qu'en billets de Nouet ou autres effets publiqs qui perdent plus de 40 pour 100, j'espère que cela n'en conlrîbueroit pas moins à luy asseurer la fortune qu'il a en vue, et ce seroit une faveur distinguée et bien propre à augmenter le Kèle ardent dont je l'ay toujours vu animé pour le service de Vostre Majesté. — II doit. Sire, me remettre ces jours-cy un mémoire sur les affaires de Genève où l'origine et la suitte des troubles qui agitent cette ville et qui se sont étendus dans d'autres parties de la Suisse seront détaillés. Dès que je i'auray reçu, j'auray l'hon-' neur de le faire passera Vostre Majesté. -Je sais, etc.
Le comte de Broglie.
De la main du Roi, Vous n'avcs qu'à faire accepter* pour 20,000 livres de ces effets, et je vous faires rembourser ce qu'ils auronls coûté, et les donner de ma part au sieur Hennin, en faveur de son mariage. Ce 13 mars. — Je vous envoie pour cela d'a-vance G,000 livres.
< M. Ucnnia était résident à Genève.
^ Mot douteux.
CORRESPONDANCE SECRETE. WT
cccxxxii. ^ Loas XV au œ^rrcDE roœuE.
[.\utogr. Arch. de l'Emp. K. 157.]
Ce 22 mars , à deux heures , 1760.
Madame du Rarry avoil vu volire letlre sur le gouvernement j cen'éloil pas un secret. A l'égard du gros paquet, elle le trouva sur ma table, elle voulu voir ce qu^ c'étoit. Je ne voulus pas le lui montrer* Le lendemain, elle revint à la charge. Je lui dis que c'ctoit sur des affaires de Pologne, que comme vous y avies été ambassadeur, vous y avies encore quelques . relations dont vous me rendies compte. Voilà tout ce quej'tiy dit et fait. Je vois que vous aves été plus loing que moy. Je ne crois pas qu'elle le divulgue à M. de Clioiscuil. Il n'y a pas de mal à ce que vous aves fait ^