‹ Correspondance secrète inédite de Louis XV sur la politique étrangère avec le comte de Broglie, Tercier, etc., et autres documents (volume 2)Chapitre 24 sur 211 · XXIX. — LOUIS XV A TERGIER · texte numérisé non relu

XXIX. — LOUIS XV A TERGIER

[Aatogr. AucL 4« Vtmp. K. 157.]

Le S4 février 1757.

Janel vous a dit vray, et c'est plus pour les autres que

triée de Russie au traité de Versailles comme un nouveau moyeo de coBtribuer à la réunion; elle l'a désirée de concert avec rimpératricc-Roine, qui, à prendre la chose dans son véritable point de vue , y est la principale intéressée ; mais ce ne pouvoit jamais être ans dépens de rancienne amitié qu'elle a pour la Porte Ottomane, encore moins de son honneur, qui, aussi bien que celui de Flmpératrice de Russie, se trouveroit extrêmement compromis si cette déclaration subsistoit.

* Que l'acte reste secret ou non , il n'est pas moins contraire à la droiture et à l'honnêteté publique. Ce n'est point parce qu'il peut devenir public que Sa Majesté ne le ratifie , c'est parce que l'honneur qui préside u toutes ses résolutions ne loi permet pas de le faire.

* Les sentiments de Sa Majesté sont sincères; elle veut de bonne foi tout ce qui peut contribuer à la satisfaction de l'Impératrice de Russie, et cette princesse en reçoit des preuves dans toutes les occasions. Plus les vertus de cette princesse sont éclatantes, plus elle doit sentir le prix de la probité k laquelle le souverain, ainsi que les particuliers, doivent tout sacrifier lorsqu'on leur propose quelques démarches incompatibles avec ce qu'elle exige. La déclaration dont il s'agit étant constamment opposée à la bonne foi et aux usages établis parmi les nations policées, le Roi a une trop haute opinion des sentiments élevés de l'Impératrice de Russie et rend trop de justice è ceux de ses ministres pour n'être pas persuadé que cette princesse ne sera pas blessée du refus que fait Sa Majesté de ratifier cette déclaration , et qu'elle en auroit porté le même jugement que Sa Majesté si vous aviez exposé cette affaire dans son véritable jour. Je vous envoie donc, monsieur, U ratification seulement de l'acte d'accession. C'est à vous à réparer la faute qui a été faite dans cette aflaire. Si M. le comte d'Ësterhasy * vous a indoit à signer, je soie bien persuadé qu'il vous aidera de tout son pouvoir pour faire accepter cette ratification simple... • [Areh. des affaires étrangèrea. — Mémoires de (TÉam, i. I, p. 103.1

* Ambassadeur d'Aulrtcbe à Ptftsrsboarg, qoi avait détsmûaé k cketalier de Douglas à signer l'article secret.

CORRESPONDANCE SECRÈTE. Si9

pour VOUS. J'appronve le projet de lettre au chevalier Douglas ; mais si ma lettre à Tlmpératrice de Russie réussit, je lui propose déjà ce petit commerce ^ Je ne scay si M. RouîUié vous l'a communiqué , car je lui ay envoiée ouverte. — Je joins icy une lettre que le comte de Broglie dit être importante.

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