‹ Correspondance secrète inédite de Louis XV sur la politique étrangère avec le comte de Broglie, Tercier, etc., et autres documents (volume 2)Chapitre 47 sur 211 · LXII. — LOUIS XV A TERGIER · texte numérisé non relu

LXII. — LOUIS XV A TERGIER

[Aatogr. Arch. del'Emp. K. 157.]

A Fontainebleau , ce 26 octobre 1758.

Je vous renvoie les dernières lettres du sieur Durand. Je pense qu'il vaut mieux laisser la correspondance secrette au sieur Géraud qu'à M. Jacobosky, mais encore vaudra-t-il mieux se servir delà voie que Janel m'a indiquée , et je vais la lui demander par écrit pour en être plus sûr.

Vous scaves que l'argent est rare en ce temps cy. Je vous donneray pourtant mil louis très incessament : le reste viendra après. Mais, en conservant notre parti en Pologne, mettes leur bien dans la teste que jusqu'à ma mort je ne me sépareray point de l'Impératrice Reine , et que mon fils est dans ces mêmes sentiments.

Je vous renvoie votre projet de réponse à M. de Verarec le Roi et M. Tcrcier, et un autre avec monseigneur le prince de Conti , M. Tercier et M. Monin. Mais le prince de Conti étant yenu à se brouiller avec madame de Pompadour et le feu Roi , j'eup l'ordre de ne plus suivre que lentement la négociation secrète de ce prince. Je reçus un nouveau chifTre pour correspondre uniquement avec le Roi , M. Tercier et M. le comte deBroglic, à Versatiles, et à Saint-Pétersbourg uniquement avec Flmpératricc Elisabeth et son chancelier Woronxow, avec Tordre positif du Roi pour que ni les ministres de Versailles, ni même le marquis de THôpilal, qui fut nommé en 1757 ambassadeur en Russie et moi secrétaire d'ambassade , ne pussent soupçonner cette intelligence secrète.

t J'avois de plus l'ordre du Roi pour lui envoyer toutes les dépêches du ministre des affaires étrangères avec les réponses de l'ambassadeur et mon avis particulier sur tout , ce que j*ai exécuté fidèlement tant en Russie qu'en Angleterre. Je me servois de ce même livre à mes différents retours en France, pour rapporter les papiers les plus secrets que l'Impératrice et son chancelier Woroniow me confioirnt pour Sa Majesté , M. le prince de Conti et M. Tercier.

> Jamais personne autre que les personnes intéressées n'a été informé de toute celte intrigue politique, qui a commencé en 1755 par le prince de Conti et H. Tercier et qui a été exécutée par le chevalier Douglas et moi seulement. M. le comte de Broglie lui-même et M. le baron de Breteuil n'ont attrapé cette affaire que par la queue ; ils n'en connoissoient pas encore la tête. I [Arch. des affaires étrangères. — Mémoires de d'Èon, t. I, p. 101.]

m LOUIS XV.

gennes, que vous m'aies envoie le 27 septembre, pour y changer ce que la lettre que vous in'aves envoie depuis exigera : du reste Je Tapprouve, et vous n'aures qu'à le faire partir, s'il n'y a rien de nouveau qui exige qu'il repasse sous mes yeux. Votre grand mémoire est bien étendu.

II y a apparanee que lé prince Charles va être doc de Courlande. H y a apparence qu'on seul des cadets ' va entrer dans l'état ecclésiastique : rélectoral de Cologae pourra être son fait. Madame la Daopbine n'aime véritablement que le prince Xavier, et, depuis qu'il est k umb armée, il a acquis l'estime générale de tous les François. Mais il faut attendre le dénouement de tout cecy avant de se detterminer. Conserver nos amis en Pologne, et surtout M. Mocranovsky, car le Palatin de Belz me paroist doutteox, et surtout que Durand prenne bien garde aux papiers secrets. Avant la fin de Tannée sûrement, bous verrons plus clair pour prendre un parti sur.

LXIIÎ. — LOUIS XV A TERCIEÏI.

[Aatogr. Arch. de l'Emp. R. 157.]

A €lMiay, «e iO novembre 1758.

Je VOUS renvoie la copie de la lettre du grand général de Pologne. Ce que M. Jacobowsky propose pour la correspondance des lettres poura servir dans quelques occasiems, ainsy que le chiffre qoe vous poures lui dbnner lors de son départ, qui me paroît estre différé jusqu'à l'arrivée de M. le duc de Cboiseul. Je vous renvoie aussy le postscriptum approuvé pour M. de Vergeone<s, qi>e vons metteres en chiffre , pour que je puisse remettre le tout dimanche à Janel ; la voie dont il propose de se servir par couvert est par Gènes et Naples. Pour celle 4le Pologne, il dit qu'il n'avoff rien de sftr tant que la Saxe ne sera

1 II d'tcpt ici de< IHt d'Auguste UI.

pas évacuée et (|ue Bremea sera au Roi d'Angleterre. Je vous renvoie les nouvelles dépesches que vous m'aves envoie; j'avois changé un mot, mais il n'est pas de conséquence : ainsy je donnerai le paquet à JancL

Ce Ai novembre , à Versailles.

LXrc. — LOUIS XV A TERCira.

[Aotogr. Airb. de l'Knip. K. 157.]

J'approuve que vous vous servies de Baron, notaire, puisque vous en êtes sûr.

Ce 19 novembre 1758.

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