‹ Correspondance secrète inédite de Louis XV sur la politique étrangère avec le comte de Broglie, Tercier, etc., et autres documents (volume 2)Chapitre 87 sur 211 · CXXXV. — LOUIS XV A TERCIER · texte numérisé non relu

CXXXV. — LOUIS XV A TERCIER

[AuCtgr. .Irdi. de YKmp. K. 161.]

SI oevoore 1761 .

Je VOUS renvoie les deux lettres que vous m'aves sdres* sée du comte de Broglie, et je garde les copies, qui m'en paroissent juste ; mais vous aves datte i^ lettre du comte de Broglie du camp d'Ëimbeck le 18 octobre^ ce qui n'est pas possible, n'étant aujourd'huy que le 21 '.

CXXWi. *- LOUIS XV A TËRGER.

[Antogr. Arch. de l'Emp. K. 157.]

Ce 8 janvier 1762.

Je vous envoie deux mil ecus dont vous paieres la pension du sieur Billet et gârderes le reste pour des cas pressants.

CXXXVIL ^ IXHIIS XV AU fiARO!^ DE BR£TEUIL>.

[FImsaii. Hiêt, de ia diplomatie, i. VI. p. 328.]

9 février 1762.

Monsieur de Breteuil , la mort de l'Impératrice de Russie m'a fait une véritable peine par les sentiments de l'amitié qui m'unissoita elle. Cette union, fondée autant sur des principes que sur des intérêts communs dans la circon-

t Cette observation prouve r«ttefition minutSeme de Loiirâ XV. ^ Lettre rédigée |Nrr Tercîer, imis revue et approuvée par le Roi.

stance actuelle , me devenoit de plus en plus chère et me donnoit lieu d^espérer, par nos efforts réunis , à la paix qui fait l'objet de tous nos soins.

Il est inutile d'entrer aujourd'hui dans ce qu'il auroit peut-être été convenable de faire pour engager cette prin- . cesse à changer, selon le dessein qu'on luisupposoit, les dispositions qu'elle avoit faites pour sa succession. La tranquillité avec laquelle le nouvel Empereur est monté sur le trône ne nous laisse plus que le soin de nous occuper à le maintenir dans les mêmes principes que l'Impératrice défunte a suivis, et à veiller sur toutes ses démarches, pour n'être pas surpris s'il en adopte d'autres, malgré ce qu'il doit à la mémoire de cette princesse ; mais son goût pour la guerre et l'admiration qu'il a toujours marquée pour le Roi de Prusse pouvant faire craindre du changement dans les opérations des armées russes , vous deveic être extrêmement attentif à cet objet, ainsi qu'à découvrir ce que ce prince peut penser par rapport à la paix de l'Allemagne.

Je sens que dans ces premiers moments il n'a pu encore se déclarer et qu'on n'a pu rien pénétrer; mais lorsqu'il aura donné ses soins les plus pressants à l'intérieur de son empire , il s'occupera des affaires extérieures. La connoîssance que vous avez de tout ce qui peut intéresser mon service me dispense d'entrer aujourd'hui dans des détails, me proposant d'ailleurs de vous envoyer de plus amples instructions sur ce qui fait l'objet de celles qui vous ont été remises particulièrement.

Il est heureux que ce prince ait conservé le chancelier Woronzow en place. Vous direz à ce ministre que je ne doute pas qu'il ne continue à me donner sous ce nouveau règne les mêmes preuves d'attachement qu'il m'a données sons le précédent, et qu'il doit être sûr que non-seule-

ment je lui en saurai le même gré, mais que même dans toutes les occasions il pourra compter sur les bons offices que mes ministres en Russie et ailleurs pourroient lui rendre.

Quoique l'Impératrice ne paroisse pas avoir du crédit , vous devez cependant, autant que vous pourrez, tout concilier avec ce qui est dû à l'Empereur et tâcher de mériter la continuation de la confiance qu'elle vous a marquée n'étant que grande-duchesse.

Je ne sais si les Czatoriski , connoissant les raisons que le grand-duc avoit d'éloigner Poniatowski, oseront proposer au Roi de Pologne de le renvoyer à Pétersbourg pour complimenter l'Empereur, et si Tlmpératrice le reverroit avec le même plaisir qu'autrefois. Vous pourriez vous entendre sur cet article avec mon ambassadeur en Pologne, qui feroit sentir au comte deBriihl que ce qui a pu blesser le grand-duc, qui pendant la vie de l'Impératrice n'avoit aucune autorité, ne pourroit plus ne pas lui être aussi sensible aujourdhui qu'il est empereur, et que ce seroit le blesser que de lui envoyer quelqu'un qui a pu l'offenser sur un point aussi délicat ; mais ce seroit une chose à traiter avec toute l'adresse possible pour ne point déplaire à l'Impératrice, si vivement peinée lors du départ de Poniatowski.

Quoique les Czatoriski aient fait vers moi quelques avances, je ne crois cependant pas qu'on doive y compter dans ce moment-ci, où ils pourront renouer leur ancienne liaison avec la Russie et l'Angleterre. Ainsi , le meilleur seroit toujours d'éloigner de Pétersbourg un agent aussi dangereux que Poniatowski. C'est à quoi vous devez, ainsi que M. de Paulmy, employer tout votre art, par rapport à l'Empereur, à l'Impératrice , à la maison des Czatoriski et au comte de Briihl en particulier. Vous devez observer

aussi scigneusemeDt si tous n'iniriguenl pas à Pélers^ bourg.

Au baSj (le la main du Bot :

Approuvé.

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