‹ Correspondance secrète inédite de Louis XV sur la politique étrangère avec le comte de Broglie (volume 3)Chapitre 166 sur 253 · GCXLI. — LOUIS XV A TERCIER · texte numérisé non relu

GCXLI. — LOUIS XV A TERCIER

[.\utogr. Arch. de l'Emp. K. 157.]

A Fontainebleau, ce 24 octobre 1764.

Le terme du 5 novembre est bien court. Voies si on peut le différer. Envoies quelqu'un icy vers la fin du mois pour pouvoir lui remettre un à-compte. — Si l'on peut ne rien laisser au sieur d'Eon, ce sera toujours le mieux,

1 AI de Deausset.

COXLII. — IViio.V Ai; CO.MTK \)K HUOCLIK.

[En ëcriturc .sympathique. — Mémoires, I. II, p. 5.3.]

LniidiTS, le 2 noipinbrc 17(iV, au .soir.

Enfin, Monsieur, voilà donc le complot horrible découvert ; je j)Mi.s à j)résent dire à M. de Gucrcliy ce que le prince de Conli disoit au maréchal de Luxembourg avant la bataille de Steinkercjuc : « San^jaride , ce jour-là est un grand jour |)0ur vous, mon cousin. Si vous vous tirez de là, je vous tiens habile homme. » Personne n'est plus intéressé que vous et M. le maréchal à prendre tous les moyens j)our vous défendre contre les ennemis de votre maison. Le Roi ne peut à présent s'empêcher de voir la vérilé ; elle est mise au grand jour. J'agis de mon côté. J'ai instruit le duc d'York et ses frères de la vérité et des noirceurs du complol contre vous, le maréchal de Broglie et moi. Ceux-ci instruisent le Roi, la Reine et la princesse de Galles. Déjà M. de Guerchy, qui a été revu de trèsmauvais œil à son retour, est dans la dernière confusion, malgré son audace, et je sais que le Roi d'Angleterre est disposé à rendre jusiice à M. le maréchal et à moi. Agissez de votre côté, Monsieur le comte, agissez et ne m'abandonnez pas, ainsi que vous paroissez le faire '. Je me défendrai jusqu'à la dernière goutte de mon sang, et, par mon courage, je servirai votre maison malgré vous,

1 AI. cl(î Bro'jlic répondit à d'Eoii qu'il ne mettrait désormais devant les yeux du Uoi rien de ce qui pourrait dans ses lettres concerner le comte de Guercliy, et quil ferait des extraits de ses lettres pour soustraire au Roi ce qui avait rapport à ce sujet, a Je ne conipreuois rien, dit d' lion, à ce système de neutralité, quand je remarquai que les dépêches dans lesquelles on m'annonçoit qu'on ne vouloit rien apprendre à Sa Jl.ijesté de mes démêlés avec M. de Guerchy ne me panenoicnt jamais sans être approuvées de la main du Roi. Celui-ci savoit donc au moins qu'on lui cachoit ces articles de ma correspondance. I Les pièces que nous publions prouvent que Louis W était au courant de tout.

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car vous m'abandonnez, vous no m'envoyez point d'aigent, tandis que je me bats pour vous. Ne m'abandonnez pas, Monsieur le comte, et ne me réduisez pas au désespoir. Envoyez-moi une somme suffisante ])()ur soutenir votre guerre et la mienne, si vous ne voulez pas être écrase sous le poids de l'injustice. J'ai dépensé |)his de douze cents livres sterling pour ma guerre, et vous ne m'envoyez rien : cela est abominable, je ne l'aurois jamais cru, Monsieur le comte, permettez-moi de vous le dire.

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