‹ Correspondance secrète inédite de Louis XV sur la politique étrangère avec le comte de Broglie (volume 3)Chapitre 77 sur 253 · C. — LOUIS XV A TERCIER · texte numérisé non relu

C. — LOUIS XV A TERCIER

[Auloyr. .Areli. de l'Emp. K. 157.]

Ce 9 mars 1760 , au matin.

Je vous renvoie vos cahiers, car vous êtes pressé de les ravoir, et il me faudrait plusieurs jours pour les lire, et encore avec beaucoup de peine '.

CI. — EXTRAIT DES IXSTRUCTIOXS REMISES PAR M. DE CHOISEUL A M. DE RRETEUIL K

[Flassan, Hist, de la diplomatie , t. VI, p. 216.]

16 mars 1760.

Le Roi lui ordonne plus particulièrement encore de s'appliquer à connaître, avec autant de précision qu'il sera possible, qu'elles sont les affections et les vues du grandduc et de la grande-duchesse , et de travailler, mais sans

1 Ces cahiers sont probablement les mémoires que Tercicr rédigeait par ordre de M. de Choiseul pour le Dauphin et qu'il communiquait au Roi. — Voyez à ce sujet une lettre du 26 raai 1760, n" CX.

- Cet extrait est indispensable pour comprendre plusieurs lettres qui passeront sous les yeux du lecteur.

marquer iii affeclalion ni trop d'empressement, à se concilier leur bonlé et leur confiance. Le marquis de l'Hôpital, par des motifs que la droiture de ses intentions justifie, n'a point cultivé celte jeune cour, et il a surtout indisposé contre lui la grande-ducliesse, à l'occasion de la part qu'il a eue au rappel du comte Poniatowski, pour qui code princesse paraissait avoir un goût décidé et une inclination très-vive. Le baron de Breteuil, à qui sans doute elle ne manquera pas de faire porter indirectement quelques plaintes à cet égard, profitera de cette occasion et de celles qui se présenteront par rapport au même objet, pour insinuer avec dextérité qu'il connaît assez le sentiment du Roi pour le grand-duc et la grande-duchesse , pour assurer que Sa ALijesté serait aise de contribuer à leur satisfaction , et que s'il leur était agréable de revoir à Pétersbourg le comte Poniatowski, non-seulement Sa Majesté n'y ferait aucune opposition, mais serait même disposée à concourir au succès des mesures qu'on croirait devoir prendre pour engager le Roi de Pologne à le charger de nouveau de ses afTaires en Russie. Le baron de Breteuil a trop d'usage du monde pour ne pas s'expliquer sur cette matière avec la plus grande circonspection, de façon aménager scrupuleusement la délicatesse et l'amourpropre de la grande-duchesse.

Cil. — LOUIS XV A TEilCIER.

[Autogr. .Arch. de l'Emp. K. 157.]

A Versailles, ce 30 mars 1760, au soir.

Je vous renvoie les lettres de Constantinople et de Stokolm : ces dernières je n'ay fait que les parcourir. — A l'égard des instructions, j'iray le plus viste qu'il me sera possible et vous les renvoieres aussy tost. Renvoies-moy un projet d'ordre pour le sieur Henin , car j'ai jette au feu

celui que vous nravies envoie, le cioianl devenu inulil pnr le lemps qu'il y avoit que je l'avois, et l'admission au secret du ])aron de lîreleuil.

cm. — LOIIS W A TRRCIKR.

[Autogr. Aitli. de rMtri|i. K. 1.")'.]

A (^lioisy, ce '■) avril 1760.

Vous voires les changements que j'ay laits à votre deuxième projet de réponse ; ils étoient nécessaires. Je vous renvoie des lettres de Constantinople et de Stockolm.

( Ce qui suit est de l'écriture de Tcrcier, corrigé et approuvé imr le Roi).

Note de ce que le sieur Billet se propose de dire : J'ay rélléchi sur cette réponse, j'y entrevois que, quoique la personne principale soit liée par des motifs qui l'empêchent de faire usage de l'ouverture qu'on luy a indiquée, elle [rédaction de Tercier] conserve néanmoins dans son cœur le fond de son ancienne amitié pour [rédaction de Louis A F] (a néanmoins dans son cœur le désir de voir finir les trouhles qui subsistent avec celuy) à qui on donne cette réponse. Il esta présumer que s'il est dans les mêmes sentiments et qu'il s'occupe des moiens déterminés, je douterois fort qu'il en imaginât qui, conformément à la réponse, pussent tout concilier. — Approuvée

Page 1