‹ Correspondance secrète inédite de Louis XV sur la politique étrangère avec le comte de BroglieChapitre 23 sur 58 · CCCLXXIV. — LOUIS XV A M. DUBOIS-JIARTIX · texte numérisé non relu

CCCLXXIV. — LOUIS XV A M. DUBOIS-JIARTIX

[Aufo^^r. Arch. de l'Enip. K. 157.]

A Fontainebleau, le 16 octobre 1773.

Le secret est presque découvert ; il faut qu'il y ait eu un traître ou un canard privé. Le général Monet seul presque n'est point nommé ; le comte de Broglie avoit des émissaires partout : d'Eon en Angleterre, Bon à Bru.xelles, du Mourier à Hambourg, Chrestien à Stokolm, Marbeau à Pétersbourg, Guibert à lienne, et le prince Louis de moitié, Chàtcauneuf en Espagne '. Par les lettres de du Mourier à M. de Monteinard , c'est un fol qui vouloit la guerre et rompre l'alliance avec Vienne. J'ai fait cette alliance, et elle subsistera sûrement tant que l'Impératrice vivra, et l'Empereur, je n'ay que lieu de me louer de lui. Je ne veux point de guerre. Je m'en suis asses expliqué; à cinq

auquel il ne s'attendoit pas; il étoit nommé pour aller recevoir la future comtesse d'Artois au Pont de Beauvoisin ; il avoit demandé la permission de partir un mois auparavant pour aller à Turin faire sa cour au Koi de Sardaigne ; les Broglie sont Piémontois. N'ayant point reçu de réponse de M. d'.Aiguillon, il lui écrivit mercredi dernier pour lui en faire quelques reproches; sa lettre a déplu, il l'a portée au Roi, et jeudi matin elle fut lue en plein conseil. Le vendredi, sur le midi , il reçut la visite de M. de la Vrillière, qui lui apporta une lettre de la propre main du Roi, qui lui ôte sa commission et l'exile dans sa terre de Ruffcc qui est à cent vingt lieues d'ici, entre Poitiers et .^ngnulèine; il part ce snir. > Correspondance de madame du Dejfand , édition de M. de Lcscurc, t. II , p. 346.

1 Ces soi-disant émissaires du comte de Broglie n'existaient que dans l'imagination de M. d'Aiguillon, qui voulait inventer une conspiration pour perdre M. de Broglie. Voyez la note du no CCGLXIX, page 361.

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cents lieues, il est difficile de secourir la Pologne. J'aurois désiré qu'elle fût restée intact, mais je ne puis y rien faire que des vœux.

Le comte de Broglie a eu une conversation bien indiscrelte avec M. de Mercy. Il faut tenir une conduitle bien sage et laisser dormir pendant quelques temps les cboses, en continuant cependant les correspondances et prenant garde à tout.

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