CCCXCV. — LE COMTE DE BROGLIE A il. FAVIER
[Minute avec l'approuvé de Louis XVI. Arch. del'Emp.K. 159.]
A Paris, le 10 septembre 1774.
J'ai eu l'honneur, Monsieur, de rendre compte à Sa Majesté des différentes commissions qui vous aboient été confiées par les ministres du feu Roi', et de la manière dont vous vous en étiez acquitté ; et sans dissimuler les torts d'indiscrétion, même les écarts qu'on a eu à vous reprocher l'année dernière^, j'ai pris la liberté de lui représenter qu'ils pouvoient être expiés par le traitement que vous éprouvez depuis un an^. Sa Majesté a daigné y avoir égard, et en conséquence elle a ordonné que les six mille livres par an que le feu Roi avoit bien voulu vous accorder vous seroient continués votre vie durant, et vous seroient payés tous les six mois sans aucune retenue, à commencer du 1" octobre de cette année , sur des ordonnances particulières du ministre des affaires étrangères. Sa Majesté a bien voulu de plus donner des ordres à M. le duc de la Vrillière, pour votre éclaircissement, et ils vous seront notifiés par ce ministre.
Je n'ai pas craint de répondre à Sa Majesté que vous vous occuperiez de mériter cette grâce par une conduite aussi prudente qu'irréprochable à tous égards, et je dois vous prévenir que c'est de l'observation scrupuleuse de cet
1 Favier eut une existence très-agitée. Il fut secrétaire des états de Languedoc, fut chargé de plusieurs missions dans différents pays de l'Europe. Sous la date du 24 novembre 1760, le Livre rouge indique qu'il lui fut payé six mille livres pour frais de voyage. En 1773 il toucha trois mille livres de gratification pour travail; ce sont les fameux Mémoires,
2 Dans l'affaire de la Bastille, Favier avait avoué en partie son travail avec le comte de Broglie.
3 Au sortir delà Bastille, après un an de captivité, Favier fut transféré dans la citadelle de DouUens. Sur Favier, voir un curieux portrait de Sénac de Meilhan.
WO LOIIS XV.
engagement et du secret le plus exact, tant sur le travail dont vous avez été chargé que sur la grâce que je vous annonce, que dépend la continuation de ce bienfait de Sa Majesté. Je suis très-parfaitement, etc.
CCCXCVI. — LISTE DES PEXSIOXS ACCORDÉES PAR LOUIS XVI AUX AGEXTS DE LA CORRESPONDANCE SECRÈTE K
[Minutes approuvées par le Roi.]
10 septembre 1774.
M. Gérault, chargé des affaires du Roi de Pologne, 3,300 livres par an.
M. Mokronosky , 20,000 livres par an.
M. le brigadier Jakubowsky, 3,300 livres par an.
AI. le général Monnet et madame la générale Monnet, l'un 8,375 livres, l'autre 1650 livres. En cas de décès du général, madame Monnet devait toucher une augmentation de 5,650 livres.
M. Durand , 6,000 livres.
M. Marbeau, secrétaire de M. Durand, 2,000 livres.
Le sieur Girault , 2,000 livres ^.
M. Hennin, 3,000 livres.
M. le marquis de Bombelies, 3,000 livres ^
1 Nous avons dressé celte liste avec les minutes approuvées par le Roi des lettres adressées par M. de Broglie aux agents de la correspondance secrète pour leur annoncer la fin de cette correspondance et la faveur que le Roi leur faisait de leur conserver leur traitement. Ces pensions étaient payées tous les six mois sur des ordonnances particulières du ministre des alfaires étrangères. Elles partaient du l*""" septembre 1774. Le Roi ordonna à chacun de ces agents de garder le plus profond silence.
2 Girault et les agents qui suivent devaient èlre payés par les mains de AI. Dubois-Martin.
•5 Marc-Marie, maripiis de Bombelies, né en J741, fut plus tard envoyé en ambassade à Vienne, et mourut sous la Restauration aumônier de la Dauphine. Ce fut un fidèle serviteur de la maison de Bourbon.
CORRESPOXDAXCE SECRÈTE. 441
M. des Rivaux ayant obtenu un consulat, ne reçut pas de pension.
M. le chevalier de Saint-Priest, ses secrétaires Lebas, Raulin et Hortier, continuèrent à toucher à titre de pension le traitement qu'ils recevaient sur les fonds de la cause secrète.
MM. Chrestien père et fils, idem.
M. Drouet, pension de 1,100 livres.
M" Tercier, pension de 2,000 livres à son jSls.
AI. de la Rozière , pension de 6,000 livres.
M. Xardin, qui avait accompagné M. de la Rozière , pension de 2,400 livres.
M. Favier, pension de 6,000 livres.
M. Dubois-Martin, pension de 6,000 livres.
M. le baron de Bon, pension de 6,000 livres.
M. d'Eon, pension de 12,000 livres.
M. Rossignol, pension de 3,000 livres.
Le sieur Sevin, en récompense de la fidélité de ses services dans des commissions particulières dont il a été chargé, pension de 720 livres '.