IV. PERSONNEL
Lagraoge ( Joseph-Louis) 9 auteur de la Mécanique analytique 9 né le 25 novembre 17569 a terminé sa carrière honorable le 10 avril 181 3. Les deux ouvrages de ce célèbre géomètre , la Théorie des fondions anafyliqujes ^ et le Calcul des foncdona ^ ont été le sujet des leçons qu'il a données à l'Ecole Polytechnique , en 1795, 1796 et 1799* Il fut nommé professeur dans cet établissement, à l'époque de sa fondation (1794)* Depm's l'année 1799, ^ "'^ P'"^ professé: mais désigné par l'Institut pour l'un des membres du conseil de perfectionnement , il en a suivi exactement les séances , et il a toujours considéré l'Ecole Polytechnique comme une institution trèa-utile aux progrès des sciences.
La classe des sciences physique et mathématiques a nommé, ponr remplacer M. La^rauge , dans la section de géométrie , M. Poinsoty professeur adjoint à l'Ecole Polytechnique (séance du 3i mai i8i3) I et dans le conseil de perfectionnement de cette Ecole ^ M, Camot.
Extrait étune lettre concernant M. La^rdnge, inséra dtms le
Moniteur du 26 février 181 4*
Comme on peut être curieux de coanaUre la. série de ses premiers travaux , je vais , d'après lui , la rapporter dès-â>prëseDt. Il étudia d'abord rarihmélique» les élémeus d'Ëuclide, et l'algèbre de Clairaut ; puis , en moins de deux ans , il lut dans l'ordre où je les énonce : les Institutions de M^'*. Agnesi^ Vlntroductio d'£uler^ les Leçons de Jean Bernonilli ^ la Mécanique d'Euler , et les deux premiers livres des Principes de Newton, la Dynamicjue de d'Alem- Dert, le Calcul intégral de Bougainvilie, enfin le Calcul différentieL et le Methodus inveniendi d'Euler. Ce fut , comme on le sait , l'étude de ce dernier ouvrage qui le conduisit à découvrir le calcul des variations.
En parlant du bonheur de Newton qui avait trouvé un système du Monde à expliquer ( bonheur ^ remarquait-il d'un air sérieux et presque chagrin y qu'on ne rencontre pas tous les jours ) , il se plaisait à citer ce qu'il appelait aussi le bonlieur d'un de ses confrères^ dont le génie inventif et original l'avait fortement frappé. Nous allons même nous hasarder à citer de lui un propos à ce sujet qui peint fidèlement sa manière naïve dé s'exprimer, quand il était vivement pénétré : « Voyez , dit-il un jour, ce dia... de ***, a avec son Application de l'analyse à la génération des surfaces, il « sera immortel , il sera immortel !.... »
Sa candeur était égale à sa pénétration, et le contraste habituel de ces deux grandes qualités de son esprit et de son caractère, donnait à son commerce un haut decré d'intérêt et de piquant. Comme il n'avait que de» idées parfaitement nettes, il voulait toujours que leur expression flkt une peinture fidèle de ses conceptions. JDelà, quand il avait commencé quelque phrase qu'il désespérait d'achever assez clairement , ces interruptions originales , suivies pour l'ordinaire de son mot âivori , je ne sais pas , je ne sais pas,*,. Sans chercher k la retourner autrement, U la taisait là brusquement. Souvent aussi ces silences imprévus étaient causés par une idée nouvelle qui venait à la traverse, et qui absorbait rapidement son intelligence rechercheuse, (Expression bien vraie die Hérault de Séclielles , en parlant de Lagrange. ) Qui ne l'a pjEis vu s'interrompre ainsi tout*à-coup aux leçons qu'il donnait k l'Ecole Polytechnique , paraître quelquefois enibarrassé comme un commençant , quitter le tableau et venir s'asseoir en face de l'auditoire, tandis que maîtres et élèves y confondus sur les bans. Attendaient dans un respectueux silence qu*il eût ramené sa pensée des espaces qu'elle était allée parcourir !
M. IVobiquet ( Pierre ) a été nommé à U place de répëtîtenr de cbiniie^ vacante par la mort de M. Cluzel.
M. Rouby
ommé adjoi ^
pour Tannée scholaire 181 5— 1814
ouby, professeur suppléant au Ijrcée Charlemagne , a été nommé adjoint aux répétiteurs d'analjse à l'Ecole Polytechnique ,
Promotions d'anciens élèi^es de l'Ecole Polytechnique à des grades supérieurs. ( Voyez pages 297 et 370 da 2«. volume. )