CHIMIE
Du Cyanogène y ou du radical de V Acide prussiqUéi
Ce nouveau produit , trouvé par M. Gay-Lussac , est formé d'a^ 2oteet de carbone^ il existe dans une substance connue depuis long-teras , que M. Guyton-Monreau avait nommée acide prussique. A répoque où Ton adopta cette dénomination , on croyait que tous les acides provenaient nécessairement d'une combinaison de Foxigène et d'une base acidifiable. Depuis on a mis dans la classe des. acides , des substances qui ne contiennent pas d'oxigène ; Vacide pru-» siqueestdece nombre. M. BerthoUet, en 1787 (Annales de Chimie, t. I) , le regardait comme une combinaison ae carbone , d'azote et d'hydrogène. Clouet l'avait obtenu (Annales de Chimie, tome XI , page 3o, année 1791 ) par un procédé , autre que celui décrit par Scheele , dans ses Mémoires (année 1782)1 et qui confirmait l'opinion de M. Berthollet^ puisqu'il consiste à faire passer le gaz ammoniacal sur du charbon incanaescent. Clouet avait essayé inutilement de combiner le charbon avec l'un des principes de l'ammoniaque. M. Gay-Lussac a d'abord trouvé, par une analyse e^cte^ que cent parties en poids d'acide prussique , contiennent :
1^ 44 y^9 ^^ vapeur de carbone. '\
a® 51,71 d'azote. VTotal, 100 parties.
3® 3,90 d'hydrogène. J
La composition de ce gaz s'exprime plus simplement en volumes. Un volume fl est formé par contraction , d'un volume s de vapeur de carbone, d'un volume 1 d'azote et d'un même volume i d'hydrogène. Cette composition , conforme à la loi la plus générale et la plus importante de la Chimie moderne, fait voir que la contraction est la moitié des volumes élémentaires ; d'où il suit qu'un volume 1 d'acide prussique est composé des volumes de vapeur de carbone , d'hydrogène et d'azote , exprimés
par les nombres 1 , - et -.
Le carbone ne se convertissant pas en vapeur par l'action seule du calorique , on peut demander ce que M. Gay-Lussac entend par vapeur de carbone ? Pour répondre à cette question, on considère un volume de gaz acide carbonique comme étant formé de deux volumes , l'un d'oxigène et l'autre de vapeur de carbone, contractés à moitié du volume total. Dans cette hypothèse, on cherche la densité de la vapeur de carbone de la manière suivante : la den-
(4o5) t!té de Tair étant i » celle de l'oxigène est i»io3S, et celle du gaz acide carbonique 1^6196. Ces nombres exprimentles poids de ces deux gaz sous un volume pris pour unité. Le poids d*un volume égal de vapeur de carbone aura donc pour expression (i^Sigb — i,io3d) =: 0,4^ S , pesanteur spécifique de cette vapeur. — Pour calculer la pesanteur spécifique P de Tacide prussîqne , il suffira de savoir que celles de l'azote et de Thydrogèn* sont exprimées par Its nombres 0,9691 et 0;073fl (Tair étant i)^ et on aura
JP = o,4iG + i (0,9691) 4- l (0,073a)
ou JP = 0,93716;
nombre qui ne diffère en moins de celui qu*on trowe par Tex-» périence, que d*un centième d'unité.
Pour un autre poids /^ = 1 , on aurait, comme M. Gay-Lussac^ Vapeur de carbone = ^ = 0,4439»
Hydrogène = -— = 0,0390.1
Total 1,0000.
M. Gay^Lussac a combiné l'acide prussique avec le potassium^ et en a dégagé l'hydrogène ; il a obtenu un produit formé du potassium et aun nouveau radical dont les élémens sont l'azote et le carbone. C'est ce radical qu'il a nommé (yanogène^ , et il désigne ses combinaisons par le mot génénqne ' cyanure. On suppose un volume égal de cvanogène formé d'un vofume d'azote et de deux volumes égaux de vapeur de carbone, la contraction
étant = du volume total. Dans cette hypothèse » on a pour sa
pesanteur spécifique C,
6*= 0,9691 + â(o,4i6) = i,8on,
La pesanteur spécificpe observée est 1,8064. ^^ accord entre le calcul et l'observation sera un des beaux résulta' s de la Chi-
{*) Ce mot Tent cUre produisant du bUf^
mie mcydertie.'C Voye« le Mémoire de M. Gay-Ltissac, sur là combinaison àta substances gazeuses , décembre 1 809 , Nouveaa Bulletin de la Société Philomatique , tome I, page 398.)
Le cyanogène /combiné avec Thydrogène, donné Facide prassique y du genre des hydracides ; on le désigne par ces mots : acide hydro-cyanique.
Cette nomenclature s*app]îqtie aux découvertes faîtes par le même chiiBÎste sur le efaiore et Tiode. Le chlore se nommait autrefois acide muriatique oxigéné ; on le regarde actuellement comme une. substance simple qui, par sa combinaison avec l'hydrogène et Toxigène , donne les acides muriatique et muriatique sur-oxigéné , ou lés acides faydro-chlorique et chlorique. On a de même deux acides qui ont pour base Tiode, savoir, les acides iodique et hydrlodique.
Extrait des Annales de Chimie (tom. 96^ novembre 1 8 1 5, pag. i55 ); sur la conversion du fer ^n acier fondu par le diamants t
M. Mushet répéta Texpérience faite à TEcoIe Polytechnique (par MM. Clouet, Weker et Hachette ;. voyez le tome II de cette Correspondance , page 4^7 , et les Annales de Chimie , tome XXXI ou XXXU y année 1 709) y mais, en ayant soin de ne pas y faire entrer le diamant. £es résulf^its lui donnèrent toujours du bon acier pur , ce qui lui fit penser que nous n'avions pas encore des preuves satisfaisantes ou concluantes sur les changemens du fer en acier >. par le moyen seul du diamant, M. Pepys pensa que s^il restait encore quelques doutes y la batterie vol-»taïque serait, à cet égard, un experimerUum crucis y et soa ;énie lui suggéra facilement une manière de l'établir qui fût à abri de toute objection ► II recourba un fil de fer pur et doux> en lui faisant faire un coude vers son milieu , et il le divisa longitudinalement dans cet endroit y. au moyen d'une scie trèsr fine. 11 xnit dans Touverture de la Doudre de diamant,- ayant aoiu de Fy maintenir par dem fik plus bméccs , pkdésp Fun au-dessus, Vautre au-dessous, et qu'il empêcha de se déranger au moyeu d'un autre petit fil roulé solidement et ^actement autour d'eu^r. Tous ces fils étaient d'iiaferdoux très^ur , et la partie qui contenait la poudre de diamant fut enveloppée avec des feuilles minces de talc. L'appareil ainsi préparé fut placé dans le circuit électrique , et ayant été bienti5t dhauffe à rouge , on le maintint dans cet état pendant six minutes. L'ignition avait si peu d'intensité , qu» la plupart des assistaos n'atteûdaient aucun résultat décisif.
' Cependant M. Pêpys ayant ouvert le fil , trouva qUe le diV toant avait dispani; de nombreuses cavités s'étaient formées, pendant la Aision , dans Tintérieur du fer, et toute la partie qui avait été en contact avec le diamant était convertie en uit abîcr véî^iculaire et pur. Ce résultat est concluant , car on atait «oîgneusemcnt évité tout contact de matière charbonneuse ,^ à Texception du diamant ; c*est donc à cette matière seule qu*oni peut rapporter le changement survenu dans le fer.
Analyse des travaux de la Classe des Sciences mathematiaues et physiaues de V Institut Mojral de France j, pendant t aimée 18 1 5; par M. Dslakbhb ^ Secrétaire perpétijiel.