Lettre à Dubois, du 3 mai
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sa tête, dans la Chambre des députés, MM. Jordan, Royer- Collard, Beugnot, et, dans la Chambre des pairs, M. de Lally et autres. C'est ce parti qui a voté pour le projet de loi de la presse, en proposant l'amendement du jury, et qui vote pour la loi du recrutement, en proposant l'amendement du vote annuel. Ce parti, plus indépendant que le parti ministériel, tend au libéralisme, qui est le vœu et l'opinion de la nation <• »
Jûufîroy nous 'fait ainsi assister à la naissance du parti doctrinaire et. dès le début, ses préférences se dessinent.
" Les ultra battent la campagne : leur position est fausse et leurs contradictions font pitié... Ces gens-là font grand tort à MM. Corbières et Benoit, surtout à M. de Villèle, homme prodigieusement adroit et habile, qui manœuvre, dans sa fausse position, avec un admirable talent ; du reste, l'opinion s'est retirée des ultra. On se rit d'eux partout. Cela les irrite, et leur colère et leur dépit ne servent qu'à les rendre plus ridicules. Au contraire, l'opinion seconde et anime les libéraux et donne de la force et de la faveur à tout ce qu'ils disent. Ceux-là sont placés dans la position vraiment nationale, et bien que quelques hommes parmi eux ne soient pas irréprochables, on oublie ce qu'ils sont pour ne penser qu'à ce qu'ils disent. Ce qu'ils disent, les doctrines qu'ils soutiennent sont si évidentes, si claires, si conformes à la Justice et à la raison, que le plus mince orateur, en les proclamant, fait toujours plus d'effet que le jilus habile des ultra et des ministériels -. » Et quelques lignes plus loin : " Le Mercure, le Journal du Commerce, les Lettres Xormandes, une foule innombrable de brochures et de feuilles périodiques défendent le libéralisme. Mais son meilleur défenseur est M. de Constant, qui vaut à lui seul une armée, parce qu'il est toujours prêt, qu'il écrit bien et qu'il est plus fort sur les matières politiques que ceux qu'il atlaciue. >•
Au reste, Jouffroy admire le talent déployé par les orateurs.