Lettre à Damiron. du 24 janvier 1818. •2. Ibid
DE THEODORE JOLFFKOY 30
(( A aucune époque, dit-il, on n'a vu une Chambre des députés égale à la nôtre. Aucune assemblée délibérante (sauf peuf-être la première Constituante) n'a offert des discussions aussi profondes, aussi vastes, aussi complètes, que les deux dernières discussions sur la presse et le recrutement. Nous devons, mon ami, être fiers de notre patrie ; elle a, du premier saut, conquis la gloire de la tribune sur toutes les nations de l'Europe ^ »
Ses maîtres en politique, ce sont MM. Royer-Collard, Camille Jordan, Benjamin Constant. Mais, en vrai philosophe, il éprouve le besoin d'analyser leurs doctrines, de les soumettre à la critique, de s'assurer si elles reposent ou non sur des principes solides. « J'ai été tour à tour bonapartiste, royaliste ultra, ministériel, libéral, sans savoir pourquoi ; mais aussi sans me passionner pour aucun de ces partis, car je me passionne difficilement en faisant de la philosophie. Cette année, je me suis mis à rétléchir sur mon girouettisme, j'ai vu que je girouetterais éternellement si je n'examinais la question. Je l'ai donc examinée, comme j'aurais fait s'il se fût agi de la perception externe. J'ai trouvé une solution, elle me paraît vraie. Je l'adopte ^. »
Quelle est cette solution que Jouffroy croit avoir trouvée ? 11 l'expose en détail à son ami, dans la lettre du 8 août 1848. Bien que nulle part il ne soit signalé comme tel, on ne sera pas étonné de trouver en lui le vrai théoricien du parti, et même aucun autre ne me paraît avoir donné aux principes politiques et aux doctrines libérales des assises plus profondes et plus solides.
Un nommé Darmaing avait été condamné pour avoir publié une espèce de journal, dans lequel il signalait tous les actes arbitraires. Jouffroy s'indigne de cette condamnation. M. Cousin avait assisté au procès de