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•2. A Dauiiruji, 27 lévrier Isiy.
Dieu. On peut, je le crois, en conclure sans témérité qu'à riieure où il écrivait ces lignes, Jouffroy était loin de voir clair et d'avoir trouvé une solution qui le satisfît à ce grand problème de la métaphysique; et il semble que l'état de son âme soit assez exactement traduit dans cette phrase d'une lettre écrite quelques mois plus tard : « Je ne vois que la lune, le soleil et les étoiles qui proclament quelque ordre en ce bas monde; mais nous ne les voyons que de loin ^ . »
Je ne crois pas que nulle part, dans ces lettres, la question de l'existence de l'âme soit agitée. Sur ce point, d'ailleurs, aucun doute n'est possible. Joufîroy n'a jamais été matérialiste. Si l'on s'en rapportait aux apparences, on pourrait être tenté de le croire fataliste. « J'ai un certain goût pour la fatalité, écrit-il à Damiron, le 20 janvier 1820, et un certain penchant à lui abandonner ma destinée - » ; et, quelques mois après : u Comme le paladin de l'Arioste, je laisse aller mon cheval et m'abandonne aux fées amies ou ennemies que ces affaires-là regardent^. »
Mais, ce ne sont là que ses boutades habituelles. Au fond, il croit à la spiritualité de l'âme et à sa liberté. Il ne sait, à la vérité, comment concilier la liberté morale avec le principe de causalité. Il n 'y croit pas moins fermement comme à un fait qui tombe sous l'observation.
« Il faut, dit-il, sacrifier le principe de causalité qui périt tout entier dans une seule exception, ou bien la liberté humaine. A cette question, Je ne vois rien à répondre L'argument me paraît être difficile à rétorquer par un autre argument. Je ne vois que les faits qui puissent nous tirer d'affaire. Je pose ces deux faits : d° je suis libre ; 2° Je crois que le principe de causalité est universel et nécessaire. Ces deux faits se contredisent, mais ils sont, et il faut les