Damiron, 19 janvier
OL' LA .lEL.NESSE ET LA MuRT
Joufîroy. pourtant, a prévu l'objection et s'en défend : " Je vous prie de remarquer deux choses, ajoule-t-il : 1'^ que mon existence est tout autre chose que la subslance: 2"" que mon système n'est point du tout celui de Spinosa: qu'il en est immensément différent '. »
Je laisse aux philosophes de profession le soin de décider si cette simple protestation peut suffire à disculper Jouffroy du reproche de spinosisme et de panthéisme, et si l'existence une et nécessaire, dont tous les êtres ne sont que des formes, diffère, autant qu'il le croyait, de la substance dont ils ne sont que des modes, Je suis, quant à moi. porté à croire que si Jouff'roy a pu être, à de certains moments, fasciné par cette idée de l'unité de l'être, qui est l'éternelle tentation de l'esprit humain, il n'a jamais été véritablement panthéiste d'intention, ni même de doctrine, et n'a jamais sérieusement confondu et identifié Dieu et le monde. Je ne sais si, dans ces hardiesses, comme il les appelait lui-même, improvisées d'un ton moitié sérieux, moitié badin, dans l'abandon d'une correspondance intime, il ne faut pas voir tout simplement une forme nouvelle et un peu excessive peut-être du premier argument oîi Descartes montre comment l'esprit humain s'élève. Platon avait dit s'élance <ip,uâ, de la connaissance du contingent et du relatif à la conception du nécessaire et de l'absolu. Au surplus, Jouffroy engage Damiron à choisir dans son enseignement « entre une manière faible d'aller à Dieu, et une autre manière faible, la plus triviale et la plus commune; elle passe par l'autorité des honnêtes gens qui lont admise dans le vieux temps, et personne ne vous accuse d'athéisme"- «>. C'est sur cette phrase moitié sérieuse, moitié plaisante que se termine entre les deux amis l'échange d'idées sur les preuves de l'existence de