est mort le 4 février
DE TIIÉODOKE JOUFFllOY 73
(Mit Télan d'un noble cœur. Quand il est mort, était-il
);irvenu à l'atteindre et à la posséder?
On sait quel bruit s'éleva autour de sa tombe si préni;ilurément ouverte. « Les ressentiments qu'avait soulevés le célèbre article : Comment les dogmes finissent^ dit Dubois, s'étaient étonnés, indignés que l'Eglise n'eût pas refusé ses pompes et son deuil à celui qu'on accusait d'avoir sonné le glas de ses croyances. De là, mille interprétations contradictoires. Les uns gourmandaient la tolérance du pasteur vénéré qui avait, plusieurs fois, visité et entretenu le malade sur son lit de souffrance; les autres murmuraient et colportaientl'affirmation d'une conversion et d'une abjuration sans laquelle les portes de l'Eglise ne se seraient point ouvertes. » Et, « quand vint la publication des fragments, on revint à la charge, mais en changeant de batteries. Il n'y eut pas assez de ] armes sur cette âme pieuse pervertie par l'éclectisme et s'éteignant dans les angoisses du doute. La page immortelle qui peignait le trouble d'une conscience et d'un esprit de vingt ans, dans la ruine tout à coup nettement discernée de ses croyances, page écrite au moins dix ans avant le dernier jour, fut retournée et commentée, de manière à paraître comme un testament et le dernier râle d'un sceptique désolé, cruel et indigne abus de mots et de dates artistement confondus '. »
Je ne voudrais pas réveiller des polémiques sur lesquelles plus d'un demi-siècle a passé. Mais, à vrai dire, les commentaires dont parle Dubois n'ont jamais cessé. La figure de Jouffroy est si grande et si touchante, sa mémoire demeure entourée d'une telle auréole de gloire pure et de sympathie émue, qu'aujourd'hui encore, à tout instant, sa vie et sa mort sont prises en exemple, et suivant le point de vue auquel on se place, on essaye d'en faire sortir, soit un argument pour la libre pensée, soit