Souvenirs Inédits de M. Dubois
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un enseignement favorable à la religion. Tout récemment encore, un grand journal catholique, après avoir cité une fois de plus la célèbre page des youveaux Mélanges, ajoutait ces lignes :
« Et Jouffroy, ce noble cœur, cette intelligence d'élite affamée de vérité, mais la cherchant à travers le vide et l'obscurité, avec le seul secours d'une raison impuissante à la découvrir, la chercha toute sa vie, sans la rencontrer, pour mourir à quarante-six ans, sceptique et désolé, après avoir exposé ses déceptions et ses tourments, pour montrer, par son exemple, dit son biographe, Pierre Leroux, la douloureuse situation de l'esprit humain dépouillé à jamais de foi aux dogmes religieux du passé et n'ayant, pour y suppléer, que la radicale impuissance (ce sont les propres termes de Jouffroy d'une philosophie qui s'ignore elle-même, puisqu'elle ignore son véritable objet ^ . »
Quelle est l'exacte vérité ?
Où en était Jouffroy quand il est mort?
Les documents que nous avons entre les mains, nous permettront peut-être de répondre à cette question avec un peu plus de précision qu'on ne Ta fait jusqu'à présent. Ici encore, ce sera surtout des Souvenirs inédiis auxquels nous avons déjà tant emprunté que nous viendra la lumière.
'( De tout ce qu'on a écrit sur la tombe de Jouffroy. dit Dubois, il n"y avait rien de vrai. Depuis la crise accomplie vers le mois de mars 1816 sic), le philosophe avait continué ses libres recherches, ramené, de jour en jour d'une manière plus ferme, toute sa science à la notion de Dieu, de Tàrae, de la destinée humaine, ici-bas et dans l'autre vie, précisée de jour en jour avec plus de netteté et de fermeté; l'harmonie s'était rétablie entre la science et la foi qui avait bercé son enfance. Si le mystère et le miracle l'arrêtaient encore à la porte du sanctuaire, la douce mémoire de son éducation pieuse faisait reluire à ses yeux les rayons de sa conscience